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28 avril 2012 6 28 /04 /avril /2012 20:11

miss-black-france.jpgCe samedi soir se tient la première édition de "Miss Black France". Il s’agit, nous dit-on, de mettre la «beauté black» à l’honneur. Mais Frédéric Royer, organisateur de l’événement, nous rassure immédiatement : «On n'a jamais dit que les candidates blanches étaient exclues. Si une femme blanche se présente l'année prochaine, on ne pourra pas la refuser.» Mais Frédéric Royer ne nous dit pas, dans le cas où une femme blanche aurait l’idée saugrenue de s’inscrire à un concours si explicitement communautariste, si elle aura une chance de gagner... Puisqu’il s’agit de «mettre la beauté black à l’honneur», on peut en douter. Monsieur Royer, en affirmant ceci ne veut que se mettre à l’abri d’éventuelles attaques pour discrimination. C’est qu’à force de refuser toute distinction, toute différenciation, de vouloir interdire toute séparation dans les statistiques, les castings ou les offres d’emploi, ceux-là mêmes qui veulent ainsi lutter contre le racisme sont pris à leur propre piège. Mais s’agit-il même de racisme ? Non, le croire serait se tromper de catégorie. Ce serait simplifier la chose. Pourtant, a priori, elle est simple. Il s’agit juste de choisir qui, parmi une vingtaine de jeunes filles noires, est la plus belle. Pourquoi pas ? Après tout, pour toutes sortes de concours, on fait des catégories : les poids lourds combattent avec les poids lourds, les filles se mesurent à la course avec d’autres filles, les handicapés jouent contre d’autres echelle.jpghandicapés, et personne n’y trouve matière à s’offusquer. Mais, me direz-vous, ces catégories sont là pour regrouper ensemble des prétendants selon une échelle hiérarchique afin, justement, de les rendre homogènes à l’intérieur de ces catégories : les poids plumes, qui seraient défavorisés s’ils devaient lutter avec des poids lourds, sont mis ensemble, les filles qui courent moins vite que les garçons se mesurent entre elles, et les handicapés qui n’auraient aucune chance face à des valides sont eux-aussi mis à part.

On pourrait donc penser que regrouper des phénotypes similaires pour mesurer leurs beautés respectives participerait à une hiérarchisation de la beauté : il y aurait les blanches, les jaunes peut-être, et dessus, ou dessous, les noires. Mais on me rétorquera sans doute que non, qu’on fait bien des concours à l’intérieur de groupes se trouvant sur le même échelon, que les concours nationaux en sont le plus bel exemple. Effectivement, on organise des championnats français, espagnols ou sénégalais, sans pour autant présumer d’une quelconque supériorité entre Français, Espagnols ou Sénégalais. Mais un Français ne crie pas à la discrimination parce qu’on le désigne en tant que Français et qu’il joue dans une équipe de France et non dans celle qui représente la Chine. À l’inverse, peut-il sans doute ressentir une certaine fierté d’être français, mais sans pour autant ressentir nécessairement une supériorité de l’être. Là est toute lala_courte_chelle.png subtilité : être fier de ce que l’on est sans se penser supérieur. Mais cette subtilité est difficilement compatible avec l’esprit d’un concours ; un concours, c’est justement désigner celui qui sera le meilleur, le plus fort, le plus rapide ou le plus beau. C’est la hiérarchisation par excellence. Participer à un concours, vouloir le gagner, c’est vouloir la défaite des autres, c’est vouloir leur discrimination. Le gagnant aura la coupe, l’argent et les honneurs et le perdant n’aura rien. Comment donc, dans cet esprit, prétendre qu’on rejette toute discrimination ? Et pourquoi la discrimination évidente de la laide, qui ne pourra pas non plus participer au concours, serait-elle moins grave que la discrimination de la blanche ou de la noire ? Parce qu’il n’y a pas d’association revendiquant la fierté d’être laide ? Et pourquoi n’y enlaide.jpg a-t-il pas ? Parce que les laides ne se montrent pas en tant que telles. Parce qu’elles n’ont justement pas cette fierté d’elles-mêmes pour cette qualité-là, si on ose l’exprimer ainsi. On peut donc dire que l’existence d’associations ou de groupes organisant des marches, effectuant des pressions ou mettant sur pied des concours, enfin toutes choses qui mettent en avant le groupe en tant que porteur d’une différence, est la manifestation du fait que cette différence n’est pas vécue en tant que souffrance intrinsèque. Elle peut être vécue comme souffrance par rapport à l’autre, comme objet discriminant envers celui qui ne porte pas cette différence, mais pas en tant que telle. En tant que telle, elle est déjà une fierté. Et c’est donc à ce moment précis que leshierarchie.jpg représentants de cette différence ne devraient pas en faire l’objet d’une hiérarchisation, d’une mise en concours entre soi, comme si, à peine était-on sortis d’un sentiment de hiérarchie par rapport à un groupe extérieur, fallait-il le recréer un à l’intérieur du groupe lui-même.


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3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 22:47

Qu’il semble triste notre ami Finkielkraut, répondant en phrases lentes entrecoupées de longs silences, triturant ses lunettes et frottant de ses doigts enlacés son front plissé... On le sent si accablé par la question qu’on lui pose qu’il nous ferait presque pitié. Nous l’avons aimé pourtant dans sa jeunesse et dans la nôtre, quand il nous parlait d’amour, refusant la fatalité de la modernité... Et le voilà aujourd’hui, écrasé sous le poids de la bête aux entrailles toujours fécondes...

Il ne veut pas parler de haine, le sentiment qui l’habite est au-delà des mots, alors il cherche comment dire ce qui ne devrait pas être et qui pourtant est : oui, les trompettes de la renommée résonnent pour Dieudonné et Soral, pourtant boycottés par les medias, l’un pour son spectacle Mahmoud relatant sa rencontre avec Ahmadinejad, l’autre pour son livre donnant les clés pour Comprendre l’Empire, et ces trompettes, telles celles des anges annonçant la destruction de Babylone, sonnent pour lui comme un glas.

Il appelle à son secours la Civilisation, rappelle qu’elle permet de distinguer la vérité du mensonge... En ce jour qui nous remet en mémoire le 11 septembre et le grande farce des armes de destruction massive de Saddam, on ne peut s’empêcher de sourire... Il fait des aller-retours sur sa chaise, frotte ses mains l’une contre l’autre, cite Dieudonné sur l’Holocauste, les Juifs et l’esclavage, le sionisme dominant le monde, crescendo jusqu’à rappeler l’antisémitisme du siècle passé, avant de constater, comme vaincu : ça existe ? Oui.

Mais immédiatement, le voilà qui reprend du poil de la bête si l’on peut dire, pour affirmer avec le ton de celui qui se sait du côté de la Vérité : est-ce que ça a le droit d’exister ? Non. Et le voilà censeur se justifiant : l’antisémite se nourrit de l’antiracisme, il ose retourner l’argument contre les Juifs en les accusant de racisme ! Sacrilège ! Alors notre Finkie rappelle la Loi condamnant l’appel à la haine raciale, oublie que si l’antisémitisme est un racisme c’est que les Juifs eux-mêmes ont résolu d’être un peuple à part, s’enferme dans son paradigme et avoue : oui, cette loi permet à des Dieudonné, à des Soral, de se poser en persécutés. Tant pis ! Il ne le dit pas mais on l’entend : en matière de persécution nous avons une telle longueur d’avance que nous ne craignons point la concurrence... Que la Loi demeure.

Notre philosophe, comme apaisé, semblait avoir posé le point final à sa diatribe, mais le voilà qui revient à son propos, et après avoir extirpé du ventre de la Bête un troisième rejeton, jeune blonde qui a pris suffisamment de distance avec les propos de son père pour avoir le droit de causer dans les micros, il s’enflamme : elle n’a lâché la main de son père que pour mieux prendre celle de Soral !

Et nous, fermant les yeux, au rythme maintenant rapide des mots de notre penseur dont la pensée s’est comme annihilée au fil du temps et de sa fixation sur l’annihilation des Juifs, nous voyons se dérouler la liaison dangereuse de Marine avec l’homme aux "propos terrifiants", qui pourtant, de l’aveu même de notre narrateur, possède cette qualité si rare qui, si elle était plus répandue, changerait la face du monde : "il n’a jamais rusé, ce n’est pas un tricheur, il joue cartes sur table..." Que Dieu l’entende !

Et que Finkielkraut se souvienne de ses propres mots : la civilisation permet de distinguer la vérité du mensonge. Dans ces temps que nous vivons, où le mensonge permet tous les retournements et toutes les compromissions, au point que certains y voient comme un signe de la Révélation qui vient, retenons ceci comme un hommage : Alain Soral n’est pas un menteur.

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 14:54

 

Scandale sur la 2 ! Ce 15 octobre, Jean-Paul Guerlain interrogé par Élise Lucet parle de la genèse de Samsara. Samsara.jpegAmusant... Samsara, le cycle des réincarnations, sans début et sans fin, sans Genèse et sans Apocalypse... D'un parfum éternel dont le 33ème essai signa la perfection – tant qu'à faire dans le symbolique, puisqu'il faut voir du sens même là où il n'y en n'a pas, n'y aurait-il pas là un clin d'œil maçonnique ? - qui naquit pour l'amour d'une femme et que l'on devrait tuer pour la haine prêtée à l'homme qui l'enfanta... Haine raciste, la pire en ces temps d'in-différence...

Et la toile pousse son cri : Boycottons Guerlain !

 

Jean-Paul-Guerlain.jpegDonc, voilà notre homme, détendu et souriant, plongé dans ses souvenirs : une femme qui ne se parfumait pas, ou si peu, et qu'il voulait envelopper de la plus douce senteur, un parfum fait pour elle : du jasmin, de la rose, du santal... Chine, Inde et Proche-Orient pour un parfum français.

Mais depuis l'inénarrable BHL, on sait ce que vaut tout ce qui est français, et même le plus suave des parfums ne peut masquer longtemps l'odeur nauséabonde qui se dégage. La preuve en est donc une fois de plus donnée : Monsieur Guerlain pue. D'ailleurs SOS-Racisme - qui se souvient des odeurs de Chirac - va s'occuper de lui, aidé, une fois n'est pas coutume, par le CRAN, pâle copie du CRIF. Ça y est, on va dire que moi aussi je suis raciste. Et antisémite pourquoi pas. Parce que dire que le CRAN est pâle c'est nier sa négritude et c'est, de plus, le traiter de faible, enfin de plus faible que le CRIF, et dire cela c'est dire que le CRIF est puissant, et donc... Bref, on ne s'en sort pas, et finalement tout le monde ferait mieux de se taire.

 

Ainsi, Monsieur Guerlain aurait mieux fait de se taire, plutôt que de se laisser aller là, devant tous les Français à l'heurebouche-scotch.jpeg du déjeuner, à réveiller ses vieilles amours jusqu'à en oublier qu'il n'était pas seul à rêvasser à haute voix. Il aurait dû fermer sa bouche, mais pas Madame Lucet qui elle, justement, se tait au lieu de sauter sur sa chaise, de le harponner, de le chasser, les yeux foudroyants et le verbe outré, avant de revenir dignement devant ses téléspectateurs, excusant ses érucations bien compréhensibles, son devoir d'assainissement du PAF accompli... Non, au lieu de cela, elle sourit, et même à bien écouter, on se demande si elle ne rit pas un peu... Simple politesse devant une blague maladroite ? Non, non, vous verrez qu'elle ne s'en tirera pas à si bon compte. Forcément, elle adhère, elle est complice, il a dit tout haut ce qu'elle pense tout bas, ce que les Français pensent tout bas, enfin les français d'en bas, ceux avec un petit f, les français beaufs, les français franchouillards, quoi ! Donc, lui aurait dû se taire, et elle n'aurait pas dû, mais lui, emporté par ses souvenirs se laisse aller à montrer son âme à nu, ses sentiments en vrac sans prendre la peine de les filtrer, les vannes sont ouvertes et ses tripes coulent, mêlant son amour d'une femme et sa haine des noirs.

Qu'ils disent.

 

Parce que c'est bien ça que l'on lit sur les papiers de la toile, forums et commentaires. Ça et même plus. Allez ! Je vous en jette quelques uns à la pelle :

odeur-nauseabonde.jpeg

 

 

  • « cet ancien PDG, se fait l'écho d'une pensée nauséabonde qui assimile une couleur de peau...»

 

  • « laisser dire aujourd'hui c'est laisser faire demain »

 

  • « tant que l'on aura l'habitude de pardonner ces raccourcis intellectuels et de les relayer dans les médias sans une condamnation ferme et volontairement sévère, la masse et son "élite" continueront de vomir des propos... »esclavage.jpg

 

  • « "Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé" est l'équivalent de "je ne sais pas si les esclaves ont toujours tellement travaillé"...quelque part c'est un négationniste de l'esclavage »

 

  • « s'il avait dit "je ne sais pas si les juifs ont tellement souffert", tous les français seraient en train de manifester. »

 

 

Eh bien voilà, tout est là ou presque ! Concurrence victimaire en prime : que le CRAN fasse comme le CRIF et les français passeront leur temps à manifester, non plus pour leurs petites retraites, à ces beaufs franchouillards racistes et égoïstes, mais pour des sujets plus nobles, et surtout plus impératifs, parce que sinon demain... D'ailleurs une association groupusculaire de Villiers-le-Bel – tout un symbole ! - appelle à manifester devant le bâtiment de France 2. Qui quoi ? Aurait dû prévoir ? Savoir que son invité allait "déraper" ? Le ligoter à la sortie et le livrer illico aux Autout-le-gateau.jpegtorités ? Le forcer à faire son mea culpa, là tout-de-suite, se courber et implorer le pardon du peuple ? Limoger Élise Lucet pour son silence ? On ne sait trop... Mais manifestons contre le racisme ! Tout est bon là-dedans et ça ne mange pas de pain... Petite association qui par ailleurs a elle aussi déposé plainte : il ne faudrait quand même pas laisser tout le gâteau aux grosses, fussent-elles sœurs aînées.

 

toile-internet.jpegMais partant une nouvelle fois à la pêche, on trouve très vite de plus belles perles encore, comme celle-ci que j'ai gardée pour la fin :

 

  • « J'ai déjà la nausée rien qu'à imaginer si, dans la foulée il avait dû se prononcer sur la 2nde Guerre Mondiale et les chambres a gaz... »

 

Cette fois, nous y sommes ! Paf ! Direct de Samsara au ZyklonB ! Parce que sinon demain... LES CHAMBRES À GAZ ! Mais que ferait-on sans elles aujourd'hui... ? Nos ancêtres craignaient l'enfer et priaient pour le salut de leurs âmes. Nous, nous vivons sous le spectre de la Shoah ; devenue l'étalon de notre moralité, elle nous sert tout à la fois de guide et d'épouvantail, et est ainsi appelée à la rescousse chaque fois qu'il nous faut juger. Si le lien est court, l'opprobre sera terrible. Et pour Monsieur Guerlain, le lien est très court...

 

 

Mais ce fil, qui le relie à Auschwitz, est peut-être plus direct encore. Plus direct mais moins audible dans l'air du temps d'aujourd'hui. Et peut-être est-il bien un négationniste. Car qu'a-t-il dit, dans le fond ? « Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. » En disant cela il a dit deux choses : qu'il avait beaucoup travaillé et que ce n'était pas son habitude. Il avoue donc ne pas travailler trop, laissant à penser que cela ne représente pas une tare pour lui, que c'est même plutôt bien de ne rien faire, et que ces pauvres nègres... On peut alors imaginer qu'il a eu à cet instant, comme un danse-africaine.jpegéclair, l'image des Africains palabrant sous les palétuviers, dansant au son des tams-tams, quelque chose qui le chiffonnait, le sentiment d'une contradiction, et il ajoute maladroitement : « Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé ». C'est tout un flot d'idées qui se bousculent dans son esprit : le rappel que l'expression « travailler comme un nègre » n'est pas intrinsèque "aux nègres", que cette image n'est pas leur : qu'on la leur a imposée en leur imposant l'esclavage. Laissés libres, ils travaillent pour ce dont ils ont besoin pour vivre, mais pas au-delà, la création de biens n'est pas le but de leurafricains.jpeg existence... Est-ce un mal ? Il remet ainsi les choses à leur place, il se veut honnête : les nègres n'ont pas toujours tellement travaillé. Et heureusement pour eux : ils n'ont pas toujours été esclaves. Et heureusement pour eux : ils ont d'autres valeurs dans la vie. Et heureusement pour moi : car moi non plus je n'ai pas toujours tellement travaillé, et je peux donc ne pas m'en sentir coupable.

Voilà ce qu'il nous dit.

 

Alors, à l'heure où l'abondance de biens éphémères est érigée en dogme malgré l'évidente destruction qu'elle engendre - condition de l'équilibre économique au détriment de celui de la planète, pourvoyeuse du bonheur du consommateur au détriment de celui du producteur – à l'heure où les français manifestent pour la sauvegarde de l'âgeArbeit-macht-frei.jpeg de leur retraite pour pouvoir encore profiter un peu de la vie avant de la quitter, à l'heure où les maladies dues au stress sont de plus en plus fréquentes, à l'heure où l'on se suicide sur le lieu de son travail, ne pourrait-on pas se poser la question : et si "les nègres" avaient raison ? Et si Monsieur Guerlain n'avait fait que de nous rappeler que parfois Arbeit macht nicht frei ?

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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 17:48

                    Ma chémariage.jpegrie, il faut que je te dise... En ces temps de suspicion, et avant que tu fasses ta vie, que tu te maries et que tu sois fidèle, il faut que tu te protèges... Non, je ne te parle pas de capuchon mais bien debouclier.jpeg bouclier. Car vois-tu il arrivera forcément un jour, où parodiant sans le vouloir Zemmour, Dieudonné ou même Frêche, tu auras prêté le flanc à la vindicte, et tes ennemis – puisqu'on en a toujours - décocheront leur unique flèche - dont la pointe pourtant devrait être bien émoussée à force d'avoir servi, mais qui sans cesse est retrempée dans le fiel diabolique de la Discrimination - en s'écriant : « Raciste ! discrimination2.jpegAntisémite ! Homophobe ! ». Alors tu pourras prendre dans la panoplie de tes souvenirs le petit papier le mieux adapté, et leur dire d'une petite voix pointue : «vous vous trompez : je suis déjà sortie avec un noir...». Mais attention, l'exercice est difficile ! Si tu parles de coucherie, tu aggraveras ton cas, tu seras une raciste doublée d'une perverse. Non ! Il te faut l'avoir aimpanier.jpegé, ou tout au moins le faire penser; il ne faudrait pas, pour se prémunir d'une insulte, en subir une autre... Allez, va ma chérie, prends ton petit panier et mets-y : un noir, un blanc, un jaune, un juif et un arabe, ça devrait suffire, pas besoin de faire plus dans le détail, le maghrébidiscrimination.jpegn vaudra pour le moyen-oriental et l'africain couvrira tout l'espace de Rio à Bombay, puis ajoute-y encore, de la couleur que tu préfères - que dis-je ? tu n'en préfères aucune bien sûr ! -, un handicapé, une fille, un vieux et un homo.

- Mais Maman, je fais comment pour sortir avec un homo ?

- Comment le saurais-je ? À moi on me disait juste d'être sage avant le mariage et de choisir quelqu'un qui me ressemble.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 19:55

 

 

doigt.jpgUne fois n'est pas coutume, je vais me confesser... Avec mon doigt, j'ai fait bien des choses et des choalphabet.jpegses pas bien... Ah, je vois votre œil frétiller ! Mmmh... Que croyez-vous ? Que je vais vous parler de ces choses que l'on disait osées et qui ne le sont plus ? Que j'allais dérouler l'alphabet, l'ABC des amuseurs qui vous enjoignent d'aller musarder ailleurs ? Vous parler de Q et de point G ? Allons !... aujourd'hui on en parle dans les salons, on les trouve en couverture de magazines...« Panem et circensem » c'est le pain d'aujourd'hui, votre pain quotidien... Vous ne mangez pas de ce pain là ? Vous le mangerez quand même... et jusqu'à la nausée... Vos pain-enfant.jpgenfants aussi. Ma fille de huit ans peut avec MSN se demander :  « Existe-t-il ? » et venir me poser la question « Maman, c'est quoi ? Maman, c'est vrai ? » Aaargh ! C'était de ces choses dont on ne devait parler... aujourd'hui les sujets interdits ne sont plus de ceux là...  De quoi parles-tu ? Il faut répondre vite, trouver quelque chose... En physique, ma fille, G c'est la constante gravitationnelle, un peu compliqué pour toi, tu verras ça plus tard...Oui, ça doit bien être cela, un point, c'est de la fantome-liberte.jpegphysique, point gravitationnel, on gravite autour, on l'évoque sans le dire... Quoi donc ? Le point G ? Non, non, je m'égare, ça on en parle tout court et tout crû, nul besoin de circonvolutions, d'approches discrètes, de tâtonnements inquiets, non, je parle... De quoi donc déjà ? On n'a pas le droit... ? Ah oui, voilà je me souviens, ma mémoire elle-même fait barrage, sentinelle involontaire, le gardien est en nous... Avez-vous vu le fantôme de la liberté ? Autour de la table ovale, en verre WC.jpegfumé, moderne... Les invités, robe de soirée, soieries et smoking, tous autour assis sur des trônes blancs, ils bavardent, se soucient du monde, de son trop-plein d'âmes et des déjections de leurs corps sur leurs sièges de porcelaine. L'un d'eux se lève, « excusez-moi... ». Il file au petit coin, ferme la porte, s'assied sur une chaise cannée. Devant lui une tablette, un passe-plat. Il ouvre, ramène un plateau, et vite, dans son petit coin, se jette sur une cuisse de poulet... Voilà, on y est donc... le point G, on en parle dans les salons, en page d'accueil de portails banals, il est entré dans notre vie avec tant d'autres mots alors que d'autres en sortaient... Alors existe-t-il ? Je vous vois impatients... « De quoi parle-t-elle enfin !? » Mais de Dieu pardi ! Et je vous entends déjà déçus... « C'est tout ? ». Ce n'est pas un sujet palpitant ça ? Ah si, quand même... Encore un peu, encore parfois, et pas encore interdit... C'est que, voyez-vous, ce n'est pas à cela que je pensais lorsque j'ai fait ce petit geste pas bien... Et c'est même pour cela que ce n'était pas bien... Parce que je savais... Melting pot... Fusion, et confusion... C'était écrit... « Mgr Williamson », alors j'aurais dû crotte.jpegfermer, zapper, penser à autre chose... On me met une crotte sous le nez, je devrais passer mon chemin, le nez en l'air et l'air dédaigneux, mais que voulez-vous, c'est plus fort que moi, cette crotte, je la regarde, je la hume, je la retourne, je voudrais l'ouvrir, la disséquer..., je pose mon doigt dessus, je veux savoir si c'est chaud, si ça pique, si ça va me sauter à la figure... Alors, avec ce doigt qui fait des choses pas bien, avec ce doigt qui gratouille et qui farfouille... j'ai cliqué, puis avec mes oreilles j'ai écouté, et... aaargh... comment vous dire, il n'a pas beaucoup parlé de ce dont vous ne savez pas, enfin pas vraiment... il a surtout parlé de Dieu, d'espérance et de transcendance, de foi et de raison, d'un grand homme-d-eglise.jpegF et d'un petit R, d'intelligence, de repentance et de pardon, et j'en étais comme étonnée, parce qu'à force d'entendre « révisionniste ! » on oublie qu'il est d'abord un homme d'église, même s'il n'est plus un homme de l'Église, parce qu'il est décidément sacrément rebelle, il veut tout réviser et ne rien reconnaître, la mort des juifs et la mort des chrétiens, l'Holocauste et Vatican II, mort physique et mort spirituelle, le début d'une religion et la fin d'une autre... Et de celle là qu'il se refuse à laisser mourir, il en parle sacrément bien, le Monseigneur qu'on ne devrait pas écouter... Mais compot pourriment faire puisqu'il parle si bien... Alors cette petite crotte, elle sent..., oserai-je le dire ? Je ne sais pas, je ne sais plus... Table ovale ou petit coin ? Quelle est sa place? Quelle est la mienne lorsque je vous dis ça ? Que cette petite crotte, ce pot pourri... il sentait très bon.

 

 

 

Et pour ceux dont le doigt...

 


Pierre Panet / mgr williamson

 

 

Le renversement des mœurs selon Bunuel :

 

 

 

 

 

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:40

A l'heure calme où les bébés dorment et les vieux aussi, je rencontrai une amie. Elle avait le visage las :

 

coquetier-poule.jpeg- Ce matin, me dit-elle, j'étais à Gifi, le magasin était rempli d'humains et je les regardais. Ils étaient tous là, à baver devant le BEL OBJET PAS CHER, tous là en grands troupeaux bruyants : les mecs en survêt' de nylon qui traînent un peu derrière, la grand-mère qui hoche la tête en calculant, les mômeslampe-verroterie.jpeg qui courent partout et veulent tout, et les femmes, mi-sport mi-toc, jacassantes et excitées, qui prennent, retournent, jaugent et comparent; tous ils cherchaient l'objet pas cher, le bel objet, coquetier à carreaux rouges et blancs en forme de poule, incarnation sublimée et nostalgique de la maison de famille, dessous de plat en bambou, rêve paradoxal dans ce fouillis d'un intérieur minimaliste, repos de l'âme et de la vue, zen ou feng-shui, feng-shui.jpegqu'importe, ce qui compte c'est l'image d'un ailleurs épuré, petite lampe en verroterie colorée de Bohème qui illuminera de son clinquant le T3 devenu caverne d'Ali Baba, tabouret tam-tam tacheté façon guépard, et on se voit là-bas dansant dans la chaleur encorecaverne-ali-baba.jpeg touffue de la nuit, ravivée par le feu qui éloigne les peurs et unit les hommes, on s'asseyera dessus pour regarder tous ensemble la télé et on s'y croira presque... La télé ! Tu parles d'un feu pour éloigner les peurs et unir les hommes... Ah non, ils n'auront pas perdu leur temps ce samedi là : le temps était maussade et ils auront tam-tam-copie-1voyagé ainsi aux quatre coins du monde, ramenant chez eux des miettes disparates de ces lieux qu'ils ne connaîtront jamais. Tam-tam africain fait en Chine et coquetier provençal au Maroc, qu'importe le vrai pourvu qu'on united-colors.jpegait l'ivresse ! Ils étaient tous là... Et des quatre coins du monde, ils en venaient pourtant : des noirs, des arabes, des métis, des pâlots, des jaunes et des rougeauds, mais ils étaient tous PAREILS... Tous pareils avec leurs grands yeux qui cherchaient le BEL OBJET PAS CHER...

 

Elle marqua une pause pour mieux raviver le sentiment éprouvé qui l'avait conduit à cette vision étonnante et dont elle mesurait alors l'effet, avant d'avouer comme l'enfant qui a vu que le roi était nu :

 

gris-en-volutes.jpeg

- ... Ils étaient tous GRIS !


Et ce disant, elle eu ce geste si symptomatique chez elle, de la main qui partant du menton décrit un arc de cercle pour finir tendue, paume en avant en forme de supplique, le menton accompagnant le mouvement vers l'avant du corps qui tout entier se tend pour finir immobile, comme pour mieux marquer l'arrêt de la pensée qui elle aussi ne trouve pas d'issue...

 

- Gris ?

- Oui, vas-y voir, vas-y demain, demain ou n'importe quand, ils seront encore là, ce ne seront pas les mêmes mais ils seront toujours pareils...

 

Son regard était triste soudain, mais j'eus pourtant envie de la taquiner :

 

- Et toi, que faisais-tu à Gifi ?

- Moi ?

 

Son corps s'amollit alors, et elle... rougit :

united-colors2-gris.jpeg

 

- Eh bien, je cherchais...

- Un bel objet pas cher ? lui demandai-je avec un petit sourire. 

 

Sa peau grisailla, un peu, très peu, et soudain elle éclata de rire :

 

- Que veux-tu... je fais moi aussi partie des United colors !

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