Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 13:52

De la liberté des uns et de celle des autres. Et de leur pardon.    

Galliano-underwears.jpg 

 

Galliano-bouche-cousue.jpgComplètement bourré sur une terrasse parisienne, John Galliano, après une altercation dont on ne connaît pas la teneur a prononcé l’imprononçable : 


 

" J'adore Hitler. ( … ) Des personnes comme vous seraient mortes. Vos mères, vos pères seraient tous des putains de gazés " 

 

La foudre s’est alors abattue sur lui. Les éternels tænia qui se vautrent goulûment dans une seule fosse de la faiblessetenias.jpg humaine, ignorant hypocritement toutes les autres pour mieux remplir la leur, SOS Racisme, le Mrap, l’UEJF et l’horrible LICA rebaptisée LICRA pour ramener à elle les vers de la fosse d’à côté, ont réclamé leur croûton casher ; ils n’ont reçu qu’un seul euro de dommages et intérêts, mais il en a coûté bien plus à leur proie qui a dû acquitter les factures des vautours en robe noire qui remplissent leurs cabinets et leurs portefeuilles des plaintes gémissantes de ces éternels damnés de la terre que sont les fils d’Israël. Qu’ils disent. 

 

Que Galliano, depuis qu’il a perdu son ami et son frère Steven Robinson, soit malade de ses diverses addictions, qu’il ait depuis quelques années accumulé les signes de son mal-être : chute sur le trottoir, miction sur une piste de danse, etc., que la folie ait accompagné son génie dans la danse-dingue des excentriques créateurs de rêves et de lumières, robe-Galliano.jpgqu’il ait été acclamé, ovationné, adulé par les plus grandes dames de ce monde, qu’il ait par ce même génie un peu fou contribué au rayonnement de la France, n’a aucune importance et ne sera pas décompté dans le poids de sa faute. Pas de pitié ! Jamais. Toutes ces stars qui se disaient ses amies, habillées par lui en princesses, fières de poserGalliano.jpg avec lui : pas une n’a bougé, pas une ne l’a défendu. Trop peur d’être contaminées. Celui qui touche aux juifs, qui, pire encore, touche à la néo-religion judaïque de la Shoah doit ramper à vie, seul, dans la boue : licencié, Galliano-le-diable.jpgdésigné à la vindicte populaire par tous les médias, voilà maintenant François Hollande, en bon valet, qui arrache sa légion d’Honneur du revers de sa veste. Il doit payer, payer jusqu’à sa mort. Ce n’est plus qu’un chien, moins qu’un chien : si on pouvait le gazer, on le ferait.

 

Pendant ce temps, ailleurs en France, nos ministres s’indignent. " Une pensée en ce jour de mobilisation pour les pussyriot. L’impertinence ne devrait jamais amener en prison " nous dit doctement Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des Femmes et porte-parole du gouvernement. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, a fait part vendredi de sa "consternation". Pour Jean Michel Baylet, président du Parti radical de gauche, cette condamnation "est une honte". Pour lui, ces jeunes femmes n'ont fait qu'exprimer leur " liberté d'expression ". Quant à Cécile Duflot, celleCeclie-Duflot-Pussy-riot.jpg dont le compagnon " se fiche pas mal de la France " et qui ferait mieux de laisser la Russie s’occuper de ses propres affaires, en signe de solidarité entre chattes elle a enfilé sa cagoule - qu’elle la garde ! - et s’est faite prendre en photo avec son petit carton de protestation. 

 

Pourtant,en France, le premier article de la loi 1905 sur la laïcité stipule : " La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...] ". En vérité, en précurseur du choc des civilisations annoncé, ce à quoi nous assistons est un choc des libertés, certains voulant aller au-delà même de la pourtant très libérale injonction : " la liberté des uns s’arrête là où commence la liberté des autres ". Pas de frontières pour la liberté : celle de la liberté des autres, du respect de leur foi - sauf pour la néo-religion dont il est question plus haut, bien sûr - c’est encore trop.

 

Pussy-riot.jpgVladimir Poutine, conscient sans doute que les happenings " de ces chattes révoltées étaient surtout destinés à provoquer la réaction de l’Occident - raison pour laquelle leur nom de guerre n’est ni en russe ni en alphabet cyrillique - Occident trop heureux de se saisir de l’événement pour dénoncer le totalitarisme " poutinien alors que le pion russe dérange le jeu des joueurs d’échecs au Moyen-Orient, avait appelé à la clémence. Pareil pour le Haut conseil de l’Église orthodoxe russe : Sans mettre en doute la légitimité de la décision de justice, nous demandons aux autorités de l'État de faire preuve de clémence envers les condamnées dans l'espoir qu'elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège ". Mais les chattes en chaleur ne sont refroidies que par leur mise temporaire à l’ombre, elles n’ont émis aucune sorte de regret, et elles ont fait des petits. Les féministes " duKill-kiril.jpg mouvement ukrainien Femen sont elles aussi pleines de ressources : l’une s’est jetée seins à l’air, les mots " Kill Kirill " (" Tuez Kirill " en anglais - toujours en direction de l’Occident) écrits en lettres noires sur son dos nu, sur le patriarche de l’Église orthodoxe russe Kirill à sa descente d’avion à l’aéroport de Kiev, en criant "Femen-croix.jpgDehors ! ". Une autre, elle aussi les seins à l’air, a tronçonné une croix en bois à Kiev en appelant à la libération desdites chattes. Appel au meurtre, profanation : ce n'est pas grave, ce ne sont que des gentils.

 

Blasphémée par les paroles de la prière " hurlée dans l’Église Christ-Sauveur de Moscou, merde, merde, merde le Seigneur ", profanée en plusieurs circonstances antérieures dont les médias n’ont pas parlé chez nous tant que la Justice russe ne réagissait pas (quel intérêt d’en parler si on ne peut s’en servir pour tenter d’allumer une pink revolution ?), l’Église russe parle en chrétienne, de pardon et de rédemption. On vous l'a dit : ce sont des gentils.

 

Galliano n’avait pas en face de lui des chrétiens. Dommage pour lui. Chez ces gens-là on ne pardonne pas. 

 

Retour en France. Dans un communiqué, la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, appelle les autorités russes à respecter le " principe de liberté sans lequel aucune création n’est possible  ". " Ce qui leur est reproché est ni plus ni moins d’avoir librement exercé leur art ", explique la ministre, qui estime également qu’ " à travers elles, c’est la liberté de création des artistes qui est mise en accusation ". Et  d’ajouter :" De tout temps, la création a connu une indispensable dimension  provocatrice. La liberté de création est aussi la liberté de critiquer le  pouvoir en place. C’est la force d’une démocratie que de savoir accepter cette licence artistique et de protéger les artistes qui l’exercent. "

Critiquer le pouvoir en place ? Le vrai ? Qu’en pense Dieudonné ?Dieudonne.jpg

 

 

 

 

Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Liberté d'expression
commenter cet article
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 22:38

En liberté surveillée, Stéphane Guillon se rachète une vertu. Il a compris l’Empire et sait quelle position prendre pour rester sur le ring : celle de la carpette. Surtout il a compris la manière : la mauvaise foi et le coup bas. Pour assurer sa légitimité, le serpent commence par se mordre la queue : « on en a parlé dans les medias », donc c’est grave et il peut en parler, dans un media encore une fois, l’air grave lui aussi et détachant les mots : « un à droite et un à gauche ». Fichtre ! Et en plus, « elle est très souriante », la Marine, bien trop au goût du sieur Guillon et de ses compères journaleux : elle aurait dû faire la gueule lorsque le petit oiseau est sorti. La Marine qui ne peut bien évidemment pas connaître les figures néo-nazies locales, surtout lorsque celles-ci sortent à peine du berceau, et malgré un dessin sur un T-shirt qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une marque de vêtements de boxe ! Du coup, association subliminale sans doute, voilà notre débarqué de France Inter qui décoche un direct à Soral, le prenant en (seul !) exemple parmi les « lieutenants de Marine Le Pen » et des « gens très dangereux au Front National ». Deux mensonges et une vérité : Alain Soral n’est ni au Front National ni un lieutenant de Marine. Mais oui, il est dangereux. Dangereux pour les Bouffons du Roi qui comme le petit Guillon délestent l’ire du peuple en égratignant les puissants sans jamais les toucher au cœur. Tel un chiot mordillant les bas de pantalons pour jouer, il sait ne jamais mordre la main qui le nourrit, et puisqu’il a reçu une petite tape sur la queue, il amène un os à son maître :

 


Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Liberté d'expression
commenter cet article
1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 12:56

 


L'autre soir j'étais chez ma vieille copine un peu baba, un peu gauchiste; on parle de tout, on parle de rien et on arrive sur le sujet des élections européennes à venir. « Je soutiens Dieudonné » que je lui fais. Elle ce serait plutôt Bové, parce que Dieudonné... l'inévitable question arrive : « quand même, il y a eu le Zénith, alors comment peux-tu intellectuellement soutenir quelqu'un qui fréquente Faurisson ? »

J'ai commencé à lui répondre, et puis les enfants sont arrivés, on a été coupées, et on a parlé d'autre chose. Mais j'ai continué à y penser, je voulais lui expliquer, les mots, les phrases tournaient dans ma tête. Il me faut y revenir... Je me suis imaginée, en face de Faurisson, qu'est-ce que je ferais si on me le présentait... Je lui serrerais la main ? Je ferme les yeux et je me regarde : oui, je lui serre la main... Pourquoi je ne sais pas encore, ce n'est pas une réponse intellectuelle, ça me semble juste naturel, simplement humain, pourtant je sais que beaucoup crieraient au scandale... Ils n'ont pas besoin de s'expliquer, tout le troupeau est derrière eux. Moi je risque d'être bien seule sur le bas-côté de la route, mais je resterai là, je ne suivrai pas le troupeau, et puisque la question m'a été posée...


Ma chère amie... Comment te faire comprendre ? D'abord une précision, Dieudonné ne "soutient" pas Faurisson, il reconnaît son droit à la parole et en a fait le symbole de la censure qu'il dénonce et dont il a été victime lui-même. Ne crois pas que je me défausse en appelant Voltaire à la rescousse, paravent trop souvent utilisé par ceux-là même qui le brandissent pour mieux faire accepter les limites qu'ils posent immédiatement derrière. J'irai donc plus loin et te dirai que non seulement je soutiens Dieudonné qui serre la main à Faurisson mais si l'occasion se présentait, je lui serrerais la main moi-même, et je vais tenter de te faire comprendre pourquoi cela me semble juste.


D'abord, pour poser le décor précisons que jusqu'à cette scène du Zénith, je ne connaissais de Faurisson que son nom, associé bien sûr à l'outrage suprême : négationniste !

Alors la curiosité m'a poussée à en savoir un peu plus : je suis tombée sur une conférence où il expose ses thèses sur les chambres à gaz. Je vois un petit bonhomme au parler lent qui essaye de démontrer scientifiquement que des chambres à gaz non étanches ne pouvaient pas fonctionner sans mettre en grand danger les personnes alentour, en premier lieu les ouvriers de ces basses œuvres. Je suis une scientifique, tu le sais, alors cette approche me convient, je voudrais en savoir plus, j'essaye de trouver la faille, je me dis qu'il faudrait pouvoir faire le test en grandeur réelle, voir s'il y a des émanations toxiques à l'extérieur, en quelles concentrations, doser ce qu'il reste de gaz cyanhydrique à l'intérieur des chambres après une heure, deux heures... Ces concentrations sont-elles encore létales, sont-elles explosives ? Faurisson nous parle des récupérateurs de cadavres qui entreraient avec une cigarette à la bouche dans les chambres, mettant cela dans le panier de l'irrecevabilité de la thèse des chambres à gaz... Pourtant c'est un stratagème bien connu des chimistes : le gaz cyanhydrique à faible concentration n'est pas toujours détectable pour un nez pas très fin. Mêlé à la fumée de tabac, il dégage une odeur caractéristique. Alors cette histoire de cigarette serait plutôt à mettre dans le panier des preuves de l'utilisation du ZyklonB... Enfin, je ne sais pas, je me dis qu'il faudrait creuser la chose... Pareil pour les chambres froides, il dit qu'elles n'ont pas été faites pour ce que l'on en dit, que leur taille devrait être différente pour rendre aisée la manipulation des cadavres, mais cet argument ne tient pas si l'on considère qu'effectivement elles n'ont pas été faites dans ce but mais détournées de leur utilisation première : ce n'est pas parce que mon canapé n'est pas un lit, qu'il n'a pas été fait pour que je m'y couche, que je ne peux pas dormir dedans... Enfin, j'aurais aimé qu'il y ait un débat, des tests, que tout doute puisse être levé, les chiffres discutés - pas par moi, j'ai d'autres chats à fouetter et ce n'est pas mon métier - mais le fait même que ce soit impossible ne fait qu'alimenter la suspicion... Alors pourquoi interdire le doute ? Pourquoi en faire un tabou ?


 

Puisque tu me demandes comment je peux intellectuellement soutenir, moi je te demande comment peut-on intellectuellement accepter la célèbre phrase de Vidal-Naquet :
« Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu.[...] Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz. »

Parce que moi, intellectuellement, cela ne me convient pas.


Vingt millions de morts en Union soviétique, deux cent cinquante mille à Hiroshima, dix, quinze, vingt millions d'Indiens aux Amériques, dix, vingt, trente millions de victimes des différentes traites négrières, on en discute, on compte et on recompte, chacun est libre de donner son estimation, et personne n'est le diable, si basse soit-elle.


Mais Faurisson est le diable. Je le regarde, cornu, les pieds fourchus dans les yeux de mes concitoyens. Moi je vois un vieux monsieur qui avait une place honorable à l'université, spécialisé dans la critique de textes et documents. Il aurait pu rester là, faire une carrière tranquille, respecté de ses pairs. Qu'est-ce qui l'a poussé à se jeter ainsi dans le brasier ? Savait-il seulement dans quels feux il se lançait ? Était-ce par seul souci de vérité historique et scientifique ? A-t-il été emporté par un élan dont l'impulsion initiale lui a été donnée en toute innocence et en toute ignorance de l'abîme vers lequel il se dirigeait, par l'étude sincère de plans et de photos ? A-t-il été interpellé par des détails que ceux qui n'ont pas vu ne peuvent comprendre l'importance ? Je ne sais... Y a-t-il dans sa démarche une force obscure qui le pousse ? Une haine dont j'ignore les causes qui justifierait sa hargne au péril de sa vie ? Encore une fois, je ne sais...


Et toi qui me lis, toi mon amie qui pense bien, le sais-tu ? Vous tous qui me lisez, le savez-vous ? Je vous entends pour les plus honnêtes faire l'apologie de la liberté d'expression, citer Voltaire et paraphraser Saint-Just, je vous entends surtout, vite, vite vous prémunir, Faurisson, propos nauséabonds, le ventre fécond, la bête immonde... Nier la Shoah telle qu'on nous la raconte ou en réduire l'importance, contester la manière dont les morts sont morts, est-ce appeler à la haine des victimes ? Est-ce se réjouir de ce qu'elles ont subi en pensant dans le même temps que ce n'était pas assez ? Ni en nombre ni en férocité ? Est-ce appeler à « finir le travail » ? Soyons sérieux, ce n'est rien de tout cela et vous le savez bien. Alors quoi ? Quelle est la nature de cet outrage ? Minimiser la Shoah enlève-t-elle aux juifs une part de leur humanité ? Au petit-fils de déporté mort en camp, que change le fait que son grand-père soit mort accompagné de cinq cent mille ou de six millions d'autres ? Que change le fait que son aïeul soit mort gazé ou fusillé ? D'épuisement ou de maladie ? Si j'étais ce petite-fils là j'aurais envie de savoir, mais que ce soit de cette manière ou de cette autre, cela ne changerait rien à ma tristesse... Personne ne conteste chaque mort individuellement, personne ne dit à ce petit-fils « non, ton grand-père n'est pas mort, le numerus clausus est atteint, et s'il n'est pas revenu c'est qu'il a préféré ne pas revenir, en profiter pour refaire sa vie ailleurs... ». Alors quelle est cette souffrance si terrible qu'elle doive interdire toute recherche, toute tentative de discussion du nombre ou de la manière dont les juifs sont morts pendant la deuxième guerre mondiale ? Et pourquoi celui qui tente de le faire devient-il un criminel ?


Il y a de par le monde nombre de gens qui par leur comportement font souffrir leurs congénères de mille manières. Tortures psychologiques, manipulations, mensonges qui font parfois mourir à petit feu, sans bruit, les victimes de leur perversité. Au travail, en famille, ces gens là, même dévoilés, ont droit aux politesses d'usage. Et rarement ils seront condamnés à la moindre peine. Peut-être seront-ils mutés, leur femme voudra divorcer, mais jamais ils ne seront crucifiés. Pourtant de combien de nuits sans sommeil, de jours de larmes, de dépressions auront-ils été responsables ?

Qui a connu des pleurs et des nuits blanches, des envies de mourir à cause de Faurisson ?


Il y a des pédophiles qui ont brisé la vie de leurs victimes, qui les ont tuées parfois. Il y a ceux dont on parle, et combien dont on ne parle pas. Toutes ces mères assassinées à travers leurs enfants... Il y a des prisonniers torturés à l'ombre de murs épais... Il y a des villages affamés par des maîtres qu'ils ne se sont pas donnés, des riverains empoisonnés par la cupidité de quelqu'uns, des bébés malformés et des peuples irradiés... Pour la puissance des uns et l'argent des autres... Il y a des luttes intestines, des soifs de pouvoir qui écrasent des populations entières dans l'indifférence du monde, atrocités inaudibles parce qu'on ne veut pas les entendre, toute cette humanité qui crie pourtant... Mais Faurisson... Ah, Faurisson ! même s'il murmurait on l'entendrait... D'où vient donc ce sang que les aveugles voient couler sur sa main pour refuser de la prendre ?


Il y a encore des dirigeants devant lesquels on déroule le tapis rouge, rouge de ce sang pourtant qui coule sur la main de Faurisson, et à qui on serre plus que la main : on leur donne l'accolade, on les regarde avec déférence, ils sont les maîtres du monde... Leurs crimes sont réels mais on les en excuse. Au nom de la raison d'État, fût-ce-t-elle enrobée dans un gros mensonge. Combien d'enfants morts en Irak pendant le blocus ? Cinq cent mille ? Est-ce un crime ? Non. Contester ce crime, et même le justifier en est encore moins un. « Je crois que c'est un choix très difficile, mais le prix... nous croyons que le prix en vaut la peine » nous dit Madeleine Albright sans que nous songions une seule seconde à lui refuser notre main. Enfin... je parle d'eux, parce que moi, vois-tu...


Il y a eu Menahem Begin, commissaire au Betar, président de l'Irgoun, responsable de l'attentat du King David, du massacre de Deir Yassin, qui a reçu le prix Nobel de la Paix. Ah ! Cette poignée de main entre lui et Sadate, elle a fait le tour du monde... Mais le sang en était lavé par un peu d'encre, une signature au bas d'un document dont une partie pourtant est tombée dans l'oubli... Dans l'oubli, comme le sang sur les mains de Begin...

 

«Il y a des circonstances dans l’histoire qui justifient le nettoyage ethnique». Qui a dit cela ? Faurisson ? Continuons pour y voir plus clair : «Je sais que ce terme est complètement négatif dans le discours du XXIe siècle, mais, quand le choix est entre le nettoyage ethnique et le génocide - l’annihilation de votre population - je préfère le nettoyage ethnique (...) C’était la situation. » Ah, voilà, ce n'était pas un génocide, c'était un nettoyage ethnique. Il y a eu pourtant beaucoup de morts. Où cela déjà ? « C’était ce que le sionisme affrontait. Un État Juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700'000 Palestiniens. Par conséquent il était nécessaire de les déraciner». On les a juste déracinés. Les arbres aussi parfois quand on les déracine ils en crèvent... Qui refuse de serrer la main de Benny Morris pour avoir dit cela ?


Des personnes qui ont du sang sur les mains et du sang sur la langue il y en a mille auxquelles on serre la main : parce qu'ils sont du côté de ce que l'on considère comme le Bien sur cette rive-ci du Styx, leurs crimes ne leur seront pas comptés. Mais à celui qui traverse, à celui-là même qui se tient hésitant au milieu du fleuve, il ne sera rien pardonné, pas même de chercher la vérité : il n'aura pas atteint l'autre rive que déjà il aura franchi le Rubicon.


Galilée a dû se renier pour se sauver, et pourtant il avait raison. Si l'interdiction de recherche avait subsisté, croirait-on encore que la terre est au centre de tout ? D'autres ont été eux aussi emprisonnés pour leurs idées, mais ils se sont trompés et on les a oubliés. Ils ne sont pas condamnables pour autant : si on veut ne jamais être dans l'erreur il ne faut rien chercher. Laissons donc le temps faire le tri de ceux qui ont tort et de ceux qui ont raison, mais laissons-lui les outils pour le faire. Refuser cela c'est faire du doute une hérésie.

Pour justifier l'Inquisition, je lis : « L'hérésie n'est pas seulement affaire de doctrine : elle est un crime global contre Dieu, les princes, la société — ce qui alors revient au même. Étant une rupture du lien social, la lutte contre l'hérésie est une question d'ordre public. » Faurisson menace-t-il vraiment l'ordre public ? Si la réponse est oui, alors le lien social est bien fragile...


Il y a deux mille ans est né celui qui allait être considéré par les siens comme un hérétique. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » a-t-il dit. Mais il n'a pas ajouté « maudits soient ceux qui doutent »... Jésus, lorsqu'il est ressuscité est apparu devant Saint Thomas qui n'en a pas crû ses yeux : il voulait toucher les preuves du doigt. Qu'a fait le Christ ? L'a-t-il injurié ? L'a-t-il mis au ban des humains ? S'il l'eut fait peut-être qu'aujourd'hui le monde chrétien ne serait pas ce qu'il est. Il lui a pris la main et lui a fait toucher ses plaies. Oui, c'était bien Jésus qui avait été cloué sur la croix. Et Thomas qui aurait pu devenir un négationniste de la résurrection est devenu un apôtre.


Faurisson est un Saint Thomas de l'ère moderne. Il a posé des questions et pour toute réponse on lui a cloué le bec, on l'a crucifié sur la place publique. Non, non, mon amie, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit : Faurisson n'est pas le nouveau Christ mais ses bourreaux viennent des mêmes, de ceux qui ont peur du vacillement des dogmes sur lesquels reposent leur vision du monde. La bienveillance du Christ envers celui qui n'avait pas la foi a permis l'essor d'une religion qui permet le doute. A l'opposé de celle-ci et à l'opposé du paradigme sur laquelle elle repose, l'interdiction actuelle sera le fossoyeur d'une nouvelle religion dont le sacrifice fondateur n'était pas l'expression d'une volonté divine. Voilà donc deux raisons pour que la Shoah vienne rejoindre dans l'histoire et au même degré qu'eux les crimes hélas nombreux et banals de l'humanité contre elle-même.


Et une bonne raison de ne pas refuser de serrer la main de Faurisson.


 

  ****************************

 

 

PS : puisque certains lecteurs ont jugé bon de me "dénoncer" pour thèses négationnistes et antisémitisme, je précise :



Je ne suis pas révisionniste, je ne suis pas non plus "exterminationniste", je ne suis rien du tout puisque je ne suis pas historienne.

Je suis une scientifique ; on ne peut pas tout faire et tout connaître, et je veux pouvoir avoir confiance en ce que font et disent les "spécialistes" chacun dans leur spécialité. Non que je pense qu'ils puissent tous avoir raison lorsqu'ils ne sont pas d'accord, mais que ce n'est que d'une loyale confrontation que peut émerger une vérité, même mouvante et imparfaite... Lorsque celle-ci devient rigide et obligatoire la porte s'ouvre sur le totalitarisme et celui que l'on voit émerger aujourd'hui est d'autant plus dangereux qu'il est insidieux, usant et abusant des moyens de propagande que la technologie met à sa disposition, permettant cette dictature soft et indolore dans laquelle nous nous trouvons.

Indolore sauf pour ceux qu'on anesthésie difficilement. Faurisson en fait partie, et qu'il ait raison ou tort n'est à ce jour pas mon propos : je ne connais pas assez ni ses thèses ni les thèses officielles pour en juger. Mais je ne supporte pas que pour toute réponse et pour tout argument il se fasse clouer le bec avec tous les moyens et toute la violence que le Pouvoir a à sa disposition.


Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Liberté d'expression
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de nouvelle_lune
  • : Réagir à l'actualité et mettre sur le papier toutes les petites pensées pas forcément politiquement correctes qui me trottent dans la tête...
  • Contact

Recherche

Liens