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19 décembre 2010 7 19 /12 /décembre /2010 14:06

 

 

index.jpgAu temps de la guerre froide, Mao traita l'Amérique de « tigre de papier » se moquant ainsi de la réalité de la puissance du chef de file du monde capitaliste. Dans la forme, il ne se trompait pas : la puissance américaine est bien basée sur du papier, celui du dollar. Mais la nouvelle Chine, celle qui a offert à ce monde capitaliste qu'elle prétendait combattre ses meilleurs atouts, à savoir une armée de petits bras acceptant de besogner sans relâche et sans autre revendication qu'un maigre salaire, a amassé dans ses coffres la plus grosse part de ce papier imprimé à grands tours de manivelle par la planche à billets étasunienne, pensant ainsi domestiquer le tigre qu'elle est aujourd'hui obligée de nourrir. Ainsi, lorsque le dollar flanche, la Chine achète du dollar pour préserver la valeur de ses réserves en billets verts dont elle essaye par ailleurs de se débarrasser en les convertissant en or ou en investissant à travers le monde dans l'industrie, l'énergie ou les matières premières.

 

tigre-celtique.jpgÀ la même époque, le tigre celtique n'était pas encore né. Les Irlandais émigraient en masse et beaucoup partaient vivre au pays du tigre de papier, laissant derrière eux une île se désertifiant. Une politique de séduction des investisseurs étrangers fut alors menée, et le tigre en gestation fut arrimé à l'Union Européenne, leur ouvrant ainsi un grand marché sans frontières. La prospérité atteignait enfin les côtes esmeraldiennes, le flux migratoire s'inversait, l'État investissait dans l'éducation et la formation. Mais les chocs pétroliers et les troubles internes rendirent l'accouchement du tigre difficile. On utilisa les forceps : hausse des impôts des particuliers, coupes dans les budgets sociaux, éducation, santé, et baisse des impôts sur les sociétés. La croissance repart, on crie au miracle dupaysage-irlandais.jpg libéralisme et le tigre est enfin expulsé : les rivières sont d'argent dans la nouvelle Irlande, les entreprises poussent comme des champignons, les touristes affluent, les jeunes cadres aussi. En apparence la multiplication des petits pains a bien lieu : plus les taux de l'impôt baissent et plus les recettes fiscales augmentent. C'est la lune de miellecher-les-bottes.jpg entre le capital et le travail... Mais le tigre est de constitution fragile : la concurrence salariale des pays de l'Est intégrés dans l'Union Européenne est dure. Les investisseurs n'ayant pas de patrie, il faut lécher leurs bottes encore et encore pour qu'ils restent sur le sol celtique : on maintient les avantages fiscaux sur les sociétés malgré les admonestations de l'UE, qui après les avoir sortis de la fange, trouve les Irlandais tigre-celtique---UE2.jpgbien égoïstes de n'être pas solidaires des rescapés du monde communiste.  Le tigre ne comprend pas le reproche qu'on lui fait : il a été le meilleur élève de l'école Adam Smith... Le tigre est libéral, que voulez-vous ! C'est sa nature... Libéral mais aux abois : l'inflation puis la montée de l'euro le mettent à genoux. Le peuple dit non au Traité de Lisbonne. On le rassure, et on lui assure, entre autres promesses, qu'il pourra garder sa fiscalité avantageuse pour les investisseurs étrangers. Il dit oui. Le tigre croit avoir rugit ; il s'est tigre-mort.jpgcouché. Et tout s'accélère. Venue du pays du tigre de papier, la crise des subprimes déferle sur lui. Il faut dire que le tigre celtique l'avait bien imité, créant chez lui aussi une bulle immobilière sur fond de créances toxiques. Le gouvernement irlandais, fidèle à son credo qui assure que pour dompter le tigre on ne lui fait que des caresses, garantit entièrement Anglo-Irish-Bank.jpgles créances de ses banques. Et en automne, le bal commençe … Pour sauver l'Anglo Irish Bank, l'État irlandais débourse près de 35 milliards d'euros, faisant exploser son déficit budgétaire des 11,6% prévus à 32% du PIB, et sa dette de 64% à près de 100% du PIB. Les agences de notation du tigre de papier tirent immédiatement sur le tigre blessé, dégradant sa note et faisant grimper les taux d'intérêts de ses bons du Trésor. Le tigre celtique feule mais ne se résigne pas : l'UE qui craint la contagion veut le soigner à grands coup de lassos. Exsangue, montré du doigt par tous, il ne tient pas trois jours. Il plie l'échine et accepte un prêt de 85 milliards d'euros pour panser ses plaies et colmater tigre-cage.jpgl'hémorragie. Finies les caresses ! Pour soigner le félin, on le ligote, on le met en cage, on le met à la diète ! L'État irlandais promet : on trouvera 15 milliards d'euros dans les poches des Irlandais. your-country-needs-you--Irlande-.jpgLes agences du tigre de papier sont-elles satisfaites ? Que nenni ! Les perspectives de croissance de la bête malade sont bien faibles, et - comble de cynisme ! - la cure d'austérité imposée par le nouveau french doctor DSK - qui vient d'estimer que « des mesures supplémentaires d'économies seraient nécessaires pour parvenir aux objectifs de Dublin»  - ne peut que les assombrir. Pour soigner le moribond il faut le saigner encore. Les sangsues sont prêtes : on peau-tigre-mort.jpgdévalue la note de cinq crans d'un seul coup ! Le tigre celtique ne bouge plus. Mort sans doute. Qu'on se rassure, rien ne sera perdu, sa viande, hachée menu, pourra garnir les hamburgers du tigre de papier : l'agence Moody's vient de relever la note de Mc Donald's.

 

Dans le fond, Mao s'est-il donc si lourdement trompé ? Le tigre de papier a-t-il gagné ? Pas sûr... Le tigre celtiqcombat-de-tigres.jpgue n'était qu'un tigre d'argile, et lui-même ne reste dressé que par son privilège insensé de pouvoir imprimer la monnaie de réserve mondiale. Pour garder ce privilège il est prêt à se battre sans pitié, assassinant et menant des guerres sous toutes sortes de prétextes. Mais le jour viendra où il tombera,

montagne-dollars.jpg

étouffé par ses propres billets sans plus de valeur, suppliant peut-être les agences de notation chinoises de ne pas dégrader sa note, sous l'œil goguenard des Tigres asiatiques1...

 





1Thaïlande, Malaisie, Indonésie, Philippines, Vietnam

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 22:48

 

Maurice AllaisLe 9.10.10, s'éteignait à l'âge de 99 ans, Maurice Allais, prix Nobel d'économie de 1988.

 

Le surlendemain, le comité suédois attribuait ce même prix Nobel à trois chercheurs, deux américains – dont l'un a été le professeur au MIT de Ben Bernanke, actuel président de la Fed - et un britannique, pour leurs travaux sur l'influence de l'ajustement entre offre et demande sur certains marchés, en particulier le marché du travail. Selon eux, il existe des frictions entre les acheteurs potentiels d'un bien et les vendeurs de ce même bien, freinant la réalisation de leur volonté, pourtant commune, que l'échange ait lieu. Cette friction se retrouve dans l'ensemble des marchés existants, y compris dans le marché du travail, et prend en particulier la forme de la protection sociale du chômeur. C'est ainsi qu'on nous explique que "plus les allocations chômage sont importantes, plus le taux de chômage est élevé et la durée de recherche est longue".  On sait que le système économique a besoin d'un certain taux de chômage, appelé taux de chômage optimal, pour permettre à la machine de tourner sans heurts. Cette masse de travailleurs sans emploi est un vivier dans lequel peut puiser les entreprises, mais aussi la condition nécessaire à la souplesse d'un marché du travail que l'on veut dynamique, pour autant que cette masse – parce qu'on lui donne les moyens de continuer à vivre à peu près décemment - reste apte au travail, physiquement et mentalement. Elle est donc un rouage essentiel à la machine économique, et l'indemnisation des chômeurs est alors comparable à l'huile que l'on met dans les moteurs pour éviter qu'ils se grippent. Lafriction,telle qu'elle est vue par notre trio gagnant, serait donc un trop-plein de cette graisse mise dans le système pour permettre aux travailleurs sans emploi de maintenir leurs forces productives en attendant d'en retrouver un à la hauteur de leurs compétences et de leurs désirs. Mais c'est là que le bât blesse : pour faire coïncider les offres d'emplois aux demandes, puisqu'on ne peut modifier les postes qui doivent être pourvus, il faut modifier les critères du travailleur sans emploi. Et l'une des façons de le forcer à modifier ses critères rapidement est de le prendre à la gorge, de rapprocher le mur qui le fera tomber hors de l'assurance-chômage, ou que ses indemnités soient si faibles qu'il ne puisse faire face à ses obligations, bref, qu'il devienne plus flexible encore et se loge dans le trou qu'on lui demande d'occuper et non dans celui qui serait à sa juste mesure. Et s'il refuse encore, tant pis ou tant mieux, puisqu'il sortira des statistiques, réduisant le taux de chômage visible. "De la graisse, oui, mais pas trop"semblent dire nos économistes. Et c'est ainsi parce que l'huile est trop grasse que le travailleur ne renonce pas assez vite à ses 'prétentions', qu'il ne veut pas rentrer dans le trou, et qu'elle devient cause de cesfrictionsdénoncées par nos Nobel 2010.  

 

C'est donc le système social qui serait la cause d'un trop fort chômage au regard du ratio offres d'emploi/travailleurs sans emploi. Depuis l'angle de vue libéral choisi par nos chercheurs, c'est vrai. Mathématiquement il n'y a rien à dire. Il n'y qu'à pousser les billes dans les trous. Avec le moins de frictions possibles...

 

À la veille de leur couronnement mourait donc Marcel Allais. Polytechnicien, il passa de la physique – il observa des déviations du plan d'oscillation d'un pendule, anomalie qui porte son nom, l'effet Allais, et suggéra que son origine était due à une anisotropie de l'espace - à l'économie, poussé par les questions posées par la Grande dépression qui suivi le krach de 29 et par les troubles sociaux de 1936 en France. Le début de sa carrière le voit aux côtés des chantres du libéralisme, en particulier lors de sa participation en 1947, avec Friedrich Hayek, Ludwig von Mises et Milton Friedman, à la création de la Société du Mont Pèlerin - en partie financée par le haut-patronat suisse - qui face au keynesianisme (État-providence) de l'après-guerre, veut promouvoir un État non interventionniste en matière économique. En 1988, il reçoit le prix Nobel pour sa théorie des marchés et l'utilisation efficace des ressources. Mais à partir de 1994, il abandonne les théories reaganiennes, dénonce les politiques libre-échangistes et montre qu'il y a à partir de 1974 une nette cassure sur les courbes du chômage, du taux de croissance et du PIB par habitant (diminution de 30 à 50% selon les pays), cassure qu'il attribue à l'abandon de la préférence communautaire décidée par Bruxelles à cette date-là. En 2009 il dénonce ce qu'il appelle « l'aveuglement de la logique néolibérale et de la libéralisation totale du commerce international » et plaide pour un « protectionnisme éclairé ». Il alerte sur la destruction de l’agriculture et de l’industrie, sources profondes du chômage français, et en appelle à des solidarités régionales. "Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne", accuse t-il. "Un écart de salaire élevé, aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple, n’est pas supportable sur le long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé."

 

Il se voulait à la fois libéral et socialiste, libéral pour optimiser la production de la richesse, socialiste pour l'équité de la redistribution de cette même richesse : "le libéralisme ne saurait être un laisse-faire" disait-il tout récemment. Après le récent G20 réuni pour trouver une « solution » à la crise, qui met en garde contre une « montée du protectionnisme », il réagit dans un article paru dans Marianne en décembre 20091 en établissant une différence entre deux sortes de protectionnismes : "dans la première catégorie se trouve le protectionnisme entre pays à salaires comparables, qui n’est pas souhaitable en général. Par contre, le protectionnisme entre pays de niveaux de vie très différents est non seulement justifié, mais absolument nécessaire. C’est en particulier le cas à propos de la Chine, avec laquelle il est fou d’avoir supprimé les protections douanières aux frontières. Mais c’est aussi vrai avec des pays plus proches, y compris au sein même de l’Europe. Il suffit au lecteur de s’interroger sur la manière éventuelle de lutter contre des coûts de fabrication cinq ou dix fois moindres – si ce n’est des écarts plus importants encore – pour constater que la concurrence n’est pas viable dans la grande majorité des cas.".Il poursuit en proposant sous forme de boutade de délocaliser Pascal Lamy, le maître de l'OMC !

Plus sérieusement, il avertit que si aucune limite n'est posée on verra une augmentation de la destruction d'emploi et une croissance dramatique du chômage et informe le lecteur que s'il voulait bien "reprendre mes analyses du chômage, telles que je les ai publiées dans les deux dernières décennies, il constaterait que les événements que nous vivons y ont été non seulement annoncés mais décrits en détail. Pourtant, ils n’ont bénéficié que d’un écho de plus en plus limité dans la grande presse. Ce silence conduit à s’interroger."

 

Effectivement, alors que Maurice Allais avertissait depuis dix ans qu'une crise sérieuse se profilait à l'horizon, il n'était invité sur aucun plateau de télévision, malgré ses efforts pour se faire entendre. Aujourd'hui que la crise est là, ce sont toujours les mêmes experts qui sont invités, nous dit-il : ceux qui se trompent ou trompent leurs auditeurs. Il met cette volonté de laisser les Français dans l'ignorance des causes réelles de la crise économique sur le compte des intérêts particuliers des multinationales qui sont "les principales bénéficiaires, avec les milieux boursiers et bancaires, d’un mécanisme économique qui les enrichit, tandis qu’il appauvrit la majorité de la population française mais aussi mondiale".

 

En mai dernier, à l'âge de 99 ans, il écrivait encore un article, dans Réalités Industrielles, sur « Les causes véritables du chômage » dans lequel il pointait du doigt les responsabilités d’un système global, celui né de "la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international."

 

Apparemment il n'avait pas lu les travaux de nos trois primés sur les frictions du marché de l'emploi...

 

S'il était là aujourd'hui, peut-être ne parlerait-il pas du silence qui entoure sa parole, mais bien du bruit intempestif que vient d'émettre un comité de moins en moins indépendant, qui sur fond de crise et de désarroi, couronne trois compères  montrant du doigt le pauvre pécule de survie du chômeur, étouffant plus encore la vision humaniste d'un homme qui venait de rendre son dernier soupir.

 

 

1. http://osonsallais.wordpress.com/2009/12/16/contre-les-tabous-indiscutes-marianne-051209/

 

 

confitures.jpegEt parce qu'il plaçait l'homme avant les chiffres, je dépose ici à sa mémoire ce petit texte que j'affectionne particulièrement, et qui fut composé en cette année 1936 dont les révoltes populaires motivèrent l'inflexion de sa carrière :

 

 

 

Les Confitures

 

Le jour que nous reçûmes la visite de l'économiste, nous faisions justement nos confitures de cassis, de groseille et de framboise.

L'économiste, aussitôt, commença de m'expliquer avec toutes sortes de mots, de chiffres et de formules, que nous avions le plus grand tort de faire nos confitures nous-mêmes, que c'était une coutume du moyen-âge, que, vu le prix du sucre, du feu, des pots et surtout de notre temps, nous avions tout avantage à manger les bonnes conserves qui nous viennent des usines, que la question semblait tranchée, que, bientôt, personne au monde ne commettrait plus
jamais pareille faute économique.

- Attendez, monsieur! m'écriai-je. Le marchand me vendra-t-il ce que je tiens pour le meilleur et le principal ?

- Quoi donc? Fit l'économiste.

- Mais l'odeur, monsieur, l'odeur! Respirez : la maison toute entière est embaumée. Comme le monde serait triste sans l'odeur des confitures!

L'économiste, à ces mots, ouvrit des yeux d'herbivore. Je commençais de m'enflammer.

- Ici, monsieur, lui dis-je, nous faisons nos confitures uniquement pour le parfum. Le reste n'a pas d'importance. Quand les confitures sont faites, eh bien! Monsieur, nous les jetons.

J'ai dit cela dans un grand mouvement lyrique et pour éblouir le savant. Ce n'est pas tout à fait vrai. Nous mangeons nos confitures, en souvenir de leur parfum.

 

GEORGES DUHAMEL,
(Fables de mon Jardin
Mercure de France, Paris, 1936)

 

 

 

 

 

 





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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 19:00

Il y a quelques jours on apprenait que selon l’enquête annuelle du cabinet Price Waterhouse Coopers la France, sur le plan de la pression fiscale des entreprises, restait en queue de peloton, occupant le 165ème rang sur 183. Selon cette étude qui a été réalisée pour le compte de la Banque mondiale (je croyais que le but de la BM c'était « d'œuvrer pour un monde sans pauvreté » - c'est pas moi qui le dis c'est sur la bannière de leur site – et pas d'organiser la course au libéralisme), les impôts, les taxes et les cotisations sociales patronales absorbent 65,8% du bénéfice avant prélèvements. Alors je vais chercher le document sur le net et je regarde le « score » d'un pays que je connais bien, la Suisse : 37ème ! Ah oui, belle place que doit envier la France ! Pourtant, en Suisse, le coût global du travail n'est pas inférieur à celui de la France car les salaires sont plus élevés et heureusement, parce qu'il n'y pas de Sécurité Sociale et que les assurances maladies sont privées et chères. Le coût pour l'entreprise n'est donc pas moindre.  Quelle malhonnêteté ! Parce que mettre dans le même paquet appelé « prélèvements » les impôts et les cotisations sociales sans parler ni des salaires ni de l'utilisation de l'argent prélevé, c'est comme dire qu'un chewing-gum sans sucre c'est mieux qu'un bol de riz parce que ça fait moins grossir, sans jamais parler des apports nutritifs de l'un et de l'autre... et on s'étonnera ensuite, quand le pauvre gosse, nourri au chewing-gum par une mère naïve et trop confiante, aura crevé !


Alors, pourquoi faire ces classements ? Pour stigmatiser les États qui jouent encore un peu leur rôle - à savoir protéger les plus faibles de la guerre du tous contre tous - ceux qui n'ont pas encore adopté suffisamment le credo de la Banque mondiale et du FMI, véritables torpilles du libéralisme qui veulent l'imposer au monde de gré ou de force. De force par le chantage au prêt dans les pays pauvres, et de gré dans les pays riches et « démocrates » par la propagande !

 

À côté de cela on apprenait que le gonflement de la dette des États est tel que ça pourrait bien être la prochaine bulle. Selon l'OCDE, les 30 pays les plus avancés du globe verront leur dette grimper jusqu'à 100% de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans. Le Japon verra sa dette publique flirter avec les 200% de son PIB, suivi par l'Italie (127,3%). Dubaï est déjà en cessation de payement. Au niveau mondial, la dette publique a gonflé de près de 45% entre 2007 et 2010, soit une hausse de 15.300 milliards de dollars qui représente plus de 100 fois le coût du Plan Marshall lancé après-guerre par les États-Unis pour aider à la reconstruction de l'Europe !

 

Malgré la méthode Coué, méthode favorite de Madame Lagarde, plus personne n'ose vraiment croire à un retour suffisant de la croissance pour combler les trous. Laisser filer – doucement - l'inflation qui permet de résorber les dettes est une politique que ne peuvent évidemment pas accepter ceux qui détiennent le capital - en gros les banques - ni ceux qui nous gouvernent puisque ce sont les mêmes.

 

Écoutons donc leurs porte-voix : « si les marchés venaient à douter de la capacité de remboursement des États développés, ils pourraient se détourner de leurs titres publics et assécher leur circuit d'approvisionnement en argent frais" nous dit l'un et "si la dette continue à grimper, on peut très bien imaginer qu'un pays ait du mal à se financer", nous dit l'autre. "Un cercle vicieux pourrait s'enclencher, contraints de relever les intérêts qu'ils payent à leurs créanciers, les États verraient la charge de la dette s'alourdir et pourraient s'endetter de nouveau pour y faire face, c'est cela qui rend la dette explosive" nous met en garde un troisième... Un quatrième nous montre la voie : "l'heure est aujourd'hui à rassurer les marchés en indiquant à l'avance les réductions de dépenses publiques et augmentations d'impôts que les États envisagent à l'avenir".

Réductions de dépenses et augmentations d'impôts pour payer quoi ? La dette ? Même pas... Les intérêts de la dette !

Et rassurer les marchés !

Tout est dit. Pour ceux qui n'auraient pas encore vu clair, disons-le donc plus clairement encore : les États sont entre les mains du Marché.

Ce même Marché qui via la Banque Mondiale distribue les bons points aux États qui taxent peu les entreprises. Alors, qui va subir les « augmentations d'impôts que les États envisagent à l'avenir », en plus de subir les réductions des dépenses publiques ? Qui à votre avis ? Vous et moi. J'ai beau me retourner, regarder à gauche, regarder à droite, je ne vois personne d'autre. Il ne reste que vous et moi. Et pour être sûr que ni vous ni moi ne pourrons y échapper en se délocalisant (des fois qu'il nous prendrait l'idée de faire comme eux !), la taxe sera mondiale. Et verte.

Alors que la seule solution est d'ôter aux banques le pouvoir illégitime que des traîtres d'État leur ont donné, à savoir celui de créer la monnaie et d'en tirer profit par l'usure, 392458 moutons ont déjà signé l'Ultimatum Climatique pour sauver la planète...

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