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7 juin 2011 2 07 /06 /juin /2011 22:50

Cher Monsieur Collon,

 

Attaqué sur la forme que prend votre antisionisme par Alain Soral, vous y avez répondu brièvement - dans un premier temps - par un article publié sur votre site.

Nous devrions nous battre du même côté, et sur certains sujets, comme celui de la défense d’Hugo Chavez, nous le sommes. Déjà, lorsque je vous ai rencontré lors d’une tournée de conférences que vous faisiez avec Tariq Ramadan, je vous ai posé la question du nationalisme vénézuélien. Et déjà vous me répondiez que le nationalisme du sud est un nationalisme de résistance contrairement au nationalisme d’un pays comme la France, ou de la Belgique, qui serait un nationalisme agressif et à visée colonialiste.

Monsieur Collon, ne voyez-vous pas que ce nationalisme là, outre de mal porter son nom, a vécu depuis longtemps ? Que vous réfléchissez avec des catégories qui ont plus d’un demi-siècle d’obsolescence ? Un nationalisme conquérant n’est pas un nationalisme mais un impérialisme. Il faut redonner aux mots leurs sens, faute de quoi nous ne pouvons réfléchir sérieusement, et on pourrait d’ailleurs se demander s’il n’y pas dans la déformation du langage une forme de tromperie volontaire qui en tordant les mots rend impossible, et leur réfutation, et leur appropriation. Mais là n’est pas le sujet de ma lettre.

Un petit aparté encore avant d’aborder la suite : épargnez-nous s’il vous plaît les attaques faciles pour ne pas aborder le fond du sujet, en vous faisant l’écho de rumeurs d’un Le Pen qui pendant la guerre d’Algérie aurait été un tortionnaire... Je n’y étais pas, vous n’y étiez pas, c’était la guerre, il y a eu des saloperies des deux côtés, et même si cela s’avérait en partie vrai, il y a peu entre la torture et un interrogatoire musclé lorsqu’il s’agit de savoir où un attentat sur des civils innocents est peut-être en train de se préparer.

Sans compter les inventions a posteriori pour discréditer celui qui devait exister sans jamais pouvoir être fréquenté. Vous connaissez l’histoire du Front national, Monsieur Collon, et vous connaissez le dessous des cartes en politique : tout peut se dire et tout peut s’inventer lorsque c’est pour « la bonne cause », c’est à dire celle que l’on défend (1). Alors restons sur le terrain de l’analyse, le sol y est bien plus solide.

La France aujourd’hui est, tout autant que le Vénézuela - bien que de manière plus insidieuse parce que les forces de domination et d’asservissement, que l’on peut appeler l’Empire, s’y trouvent très efficacement relayées de l’intérieur - en position de devoir se défendre. Et contre cet Empire sans véritable figure qui veut faire du monde un vaste marché dominé par les multinationales, qui pour se déployer ne veut plus ni États ni frontières, quoi d’autre que retrouver l’idée de Nations, libres, indépendantes, protectrices et souveraines décidant en fonction de l’intérêt de leurs peuples et d’eux seuls quels accords, traités, alliances elles font entre elles ? Rien dans ce nationalisme là - le nôtre - n’implique que la défense des intérêts d’une nation irait de pair avec le non-respect de la souveraineté et de la liberté des autres nations.

Le sous-entendre comme vous le faites en assimilant nationalisme et impérialisme est une imposture. Le nationalisme bien compris, celui qui lutte contre le mondialisme, ne peut être que respectueux de toutes les nations. « Chavez, le Che, Lumumba, Nasser et Le Pen, même combat donc ? » dites-vous. Oui, chacun selon sa sensibilité, sa culture, son époque, l’histoire de son pays et sa réalité géopolitique se sont battus ou se battent pour la même chose : l’indépendance politique et économique de leur pays. En vous rappelant que lorsqu’il s’est agi de se coaliser pour amener la démocratie en Libye, le seul grand parti en France qui a dénoncé cette ingérence dans les affaires internes d’une nation souveraine – comme il l’a fait pour l’Irak, l’Afghanistan et peut-être demain l’Iran - c’est bien le Front National...

Mais venons-en à l’essentiel : l’antisionisme. Vous reprochez à Alain Soral de donner à la question religieuse une place trop importante. Et en même temps vous lui reprochez de faire le jeu de nos "philosophes" sionistes trop heureux de pouvoir taxer d’antisémitisme tout antisioniste qui émet une critique du judaïsme. D’abord sur la forme : faut-il donc accepter les catégories de nos ennemis – ici les sionistes qui en revendiquant l’existence d’un État juif font du racisme "anti-goy" une institution - pour ne pas « tendre le bâton pour se faire battre » ? Non, il faut les réfuter et jeter au loin ce bâton qui n’a pas lieu d’être. Ensuite sur le fond : le sionisme est un projet juif, même s’il a pu, au cours du temps, être supporté par des non-juifs.

Et un juif, qu’est-ce donc si ce n’est l’adepte d’une religion ? Mais peut-être – sûrement - qu’en homme de gauche vous refusez d’imaginer que le monde puisse être, aujourd’hui encore, dirigé par des pensées dont les racines puiseraient aux sources des textes sacrés. Pourtant la légitimation sioniste de la présence juive en Palestine - et pas ailleurs - s’y trouve bien. La Terre Promise est un concept religieux et la reconstruction du Troisième Temple un projet bien réel qui tire sa motivation de textes prophétiques. Même Georges Bush, en son temps, légitimait in petto, sa croisade contre l’Irak par la guerre de Gog et Magog (2) !

Mais peut-être me direz-vous encore qu’un juif ce n’est pas seulement l’adepte d’une religion, qu’il y a d’ailleurs beaucoup de juifs athées, qu’Herzl lui-même l’était, etc.... Mais accepter cela c’est accepter qu’il y ait un peuple juif en-dehors de la religion juive. Un peuple qui, parti de Ur, aurait erré dans le désert, puis après moult pérégrinations se serait installé enfin en Palestine, avant de se disséminer aux quatre coins de la Terre. Un peuple qui ne pouvait se fondre dans les autres – où sont les Celtes ou les Tartares aujourd’hui, si ce n’est fondus dans de nouveaux peuples ? - parce qu’il aurait une particularité qui le rendrait différent, non-miscible, quelque chose d’unique comme un gène, mieux qu’un gène, puisque le caractère qui y serait lié se transmettrait ou ne se transmettrait pas, sans jamais se métisser.

Vous êtes juif ou goy, jamais à demi-juif. Vous connaissez pourtant les thèses de Shlomo Sand (3), et avant lui d’Arthur Koestler (4) ? Et certainement que vous y souscrivez. Alors ? Qu’est-ce qui vous fait ainsi lever le bras pour vous défendre du bâton ? Vous voilà citant Tariq Ramadan qui, comme des milliers d’autres, la Licra et le Mrap en tête, lient l’antisémitisme à une forme de racisme. Nous y voilà ! Si l’antisémitisme est une forme de racisme - comme le désire une certaine élite sioniste en place pour empêcher toute critique du judaïsme et du sionisme qui en est issu - alors le « sémite » est le représentant d’une race, ou disons - puisque je suppose encore une fois qu’en homme de gauche vous réfutez le mot même de race – d’une ethnie particulière. Mais quelle ethnie peut trouver en son sein aussi bien des blonds aux yeux bleus, des roux, des peaux mates aux regards foncés que des noirs de peau ? Aucune. Alors d’où vient le ciment de ce "peuple" ? D’où vient-il si ce n’est d’une religion commune ?

On tourne en rond, vous le voyez bien. Ce peuple n’est peuple que par la désignation divine - selon ce peuple lui-même - qui a fait de lui le Peuple Élu. Et de la Palestine la Terre qui lui aurait été promise par leur Dieu. Vous ne pouvez pas sortir de là. Faire de ce peuple une entité anthropologique unique c’est non seulement accepter l’idée génétique de la judaïté, mais c’est en plus accepter que cette idée génétique bouleverse toutes les notions de la génétique en ne se transmettant que par la mère ( je n’ignore pas l’ADN mitochondrial mais vous savez aussi bien que moi que la recherche de ce côté là n’est qu’une tentative de justification désespérée) et qui porterait sur un caractère qu’on ne retrouverait ni dans le phénotype ni dans une particularité du métabolisme de celui qui en aurait hérité. C’est absurde.

Un dernier mot : il n’y a pas de « politique coloniale israélienne », Monsieur Collon ; l’existence d’Israël est une politique coloniale à elle toute seule, mais une politique coloniale qui n’est pas celle d’une nation, comme l’a été la politique coloniale de la France ou de la Belgique. Elle est le fruit d’un concept religieux qui est le fondement du judaïsme (5), et qui fait des Juifs des hommes différents de tous les autres hommes - un peuple à part de tous les autres peuples - et qui auraient sur une terre sur laquelle ils n’ont pas majoritairement vécu depuis deux mille ans, des droits imprescriptibles.

Or, vous n’acceptez pas cela, et vous avez raison. Mais alors comment, si vous pensez qu’être juif ce n’est pas faire partie d’une race à part, ni par élection divine, ni par l’existence d’un génome spécifique, justifiez-vous que cet antisémitisme qu’on nous jette à la figure soit un racisme ? Vous ne le pouvez pas, et c’est pour cela que, comme tous les autres qui manient ce bâton, vous prenez soin d’en faire un racisme "à part", une « forme de racisme »... afin d’embrouiller suffisamment les concepts pour que la raison , tétanisée, ne puisse répondre.

Notes :

1-À ce petit jeu là, les détracteurs de Chavez vous proposeront ce lien :http://totalitarianimages.blogspot....

2-http://www3.unil.ch/wpmu/allezsavoi...

3-Comment le peuple juif fut inventé, 2008

4-La treizième tribu,1976

5-Voir le livre d’André Gaillard, Le sionisme en Palestine / Israël, fruit amer du judaïsme, 2004

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 19:27

Conçu dans une piscine, l'Apprenti-juif1 Yann Moix semble définitivement incapable de nager autrement qu'entre deux eaux. À l'inverse d'une Édith Stein dont il a écrit la mort et la vie, née juive, convertie au catholicisme et entrée au Carmel, Yann Moix, fasciné dans un premier temps, à la suite de son idole François Mitterrand, par Thérèse de Lisieux - ce qui l'avait mené, alors qu'il se dit agnostique, jusqu'à servir la messe lors de la commémoration des quatre-vingt ans de sa canonisation - tente par tous les moyens de se faire accepter par la communauté juive.

 

Il est trop tard pour une circoncision au huitième jour, mais la vie s'est déjà chargée de lui faire comprendre par où pouvait passer le flux de la puissance. Enfant, lors d’une compétition de judo, il doit affronter un colosse qui le terrorise. Tétanisé, il "pisse dans son froc" et souille aussi le kimono de son 
adversaire. Le prof remarque uniquement la tenue humide du colosse, lui passe un savon et le matraque à coups de bambou. C'est donc par une faiblesse plus grande encore qu'il a pu prendre sa revanche contre une nature qui l'avait fait trop chétif.

 

Par solidarité de faiblesses péniennes sans doute, il prend gaillardement la défense de Polanski qu'il n'hésite pas à blanchir en noircissant la Suisse qui l'aurait livré à "la Meute"2. Il ne trouve alors pas de mots assez forts : "J'aime Polanski et je hais la Suisse. (...) La Suisse ne se donne même pas, comme le feraient des salopes ordinaires : la Suisse se prête au plus fort. (...) Elle prête sa soumission. C’est une pute.". Il lâche alors l'insulte suprême : la Suisse serait "fondamentalement antisémite". Yann Moix, lui, ne sait plus vraiment qui il est. Grand admirateur de Mitterrand, le voilà conquis par Sarkozy. « À l'instar de François Mitterrand, il est remarquable de noter que Nicolas Sarkozy n'a pas peur du courage. Nous avions, sous l'ère Chirac, une présidence qui mettait les idées en boîte; avec Nicolas Sarkozy (...), force est de reconnaître que nous avons une boîte à idées. »

 

Présenté au chef de l'État par Alain Carignon3, il déjeune à l'Élysée et se justifie :«j'ai écrit ce papier parce que Sarkozy a désormais la meute contre lui. » Tiens ! La revoilà ! Il semble avoir trouvé le sens de sa vie : à rebrousse-poil des chiens. Parce qu'Arthur4 est traité de complice pour son soutien au traitement de la question palestinienne par Tsahal, il se fâche : « comprenez, mes amis : de collaborateur. De collabo. Les manifestants essaient, c’est très clair, de faire passer dans les mœurs l’équivalence Israël-Allemagne nazie ». Avant de sonder le tréfonds de l'âme juive : « Arthur vient de faire l’expérience fondamentale que tout Juif fait dans sa vie, tôt ou tard : celle de l’irrémissibilité de l’être-juif. Quand on est juif, on est toujours juif d’abord. Et français, canadien ou marocain, ensuite. C’est cela que les juifs paient tous les jours. Tel est leur destin. C’est de cela, aussi, qu’ils doivent être fiers. ». Et c'est pour cela que Zemmour est un traître et qu'il le traite de salaud : « Oui, un salaud au sens sartrien du terme. (…). Dans le cas de Zemmour, ça donne un juif honteux qui croit que sa citoyenneté française passe avant la judéité, ce qui selon moi est une aberration ! ».

 

L'apprenti-juif encaisse mal la leçon du pas-assez-juif qui ne le suit pas dans son soutien à Polanski. N'étant pas couché, chez Ruquier, il acquiesce par de petits « exact » à la tirade de Zemmour : «En gros, si on fait un condensé de ce que tu écris, parce qu’il est juif, que ses parents sont morts dans le ghetto, etc… il a le droit de baiser une gamine de 13 ans. (…) et tu écris que ‘le métier du juif est d’être perpétuellement accusé, être juif c’est être coupable d’une seule chose, être coupable’. Donc ça veut dire qu’il est accusé parce qu’il est juif. C’est délirant! (…) Je n’ai jamais entendu une phrase aussi antisémite depuis 50 ans». Voilà l'arroseur bien arrosé ! Mais Zemmour continue : « Il n’y a pas d’aristocratie du malheur. J’en ai marre de ce lieu commun. Dire que l’histoire des juifs est une suite de malheurs ininterrompus, c’est faux! Il n’y a pas qu’eux qui ont été persécutés.». Cherchant la meilleure parade et la pire des insulte, Moix pense l'avoir trouvée : «Là, tu es en train de faire du Dieudonné». Nous, là, Dieudo, on l'entend rigoler... Mais Zemmour ne l'entend pas et lui donne le meilleur des conseils : « mais lâche-leur les baskets aux juifs! Oublie-les ! ».

 

Pauvre de Moix ! Il avait pourtant lu et fort bien critiqué le livre "L'année où j'ai vécu selon la Bible" de A.J. Jacobs5 qui explique : « officiellement je suis juif, mais je le suis à peu près autant que le Bistro Romain est un restaurant italien. ». Yann Moix ne trouve pas ça drôle et le dit. Lui, officiellement non juif, voudrait tellement l'être qu'il en prend la posture, selon sa propre définition : ayant publié son virulent pamphlet anti-Suisse6 sur Facebook, son compte est bloqué. Enfin coupable ! Enfin victime ! Enfin juif ! Il a le monde contre lui et le voilà qui pleure : « Facebook ne fait plus de la censure : Facebook pratique le délit de sale gueule. (…) Je suis le premier artiste français, le premier écrivain du monde a être excommunié d’une société virtuelle ouverte à tout le monde sauf un. Même les néo-nazis ne connaissent pas ce traitement. ». Puis il se ressaisit et tempête : « Je suis écrivain, je suis réalisateur. Qu’on le veuille ou non, qu’on l’accepte ou pas, c’est ainsi. J’écris, je publie, je travaille beaucoup, je réfléchis, j’existe ». Ce n'est donc pas si grave : malgré son élimination de la surface du monde virtuel, Moix existe. Quand on a été découvert par celui qui a fait l'apologie de Jean-Baptiste Botul7, on devrait être déjà bien content...

 

Condamné le 19 octobre 2010 pour avoir diffamé les cinémas Utopia, Yann Moix était, bien évidemment, soutenu par son ami BHL : « L’affaire est grave. Le dossier est explosif. Parce qu’il a eu le courage de dénoncer l’antisémitisme flagrant d’un article anonyme publié sous l’égide des cinémas Utopia, Yann Moix est aujourd’hui l’objet d’une procédure pénale pour “délit d’injure publique”. ». Alors voilà notre Moix qui décide de se battre contre cette censure insupportable, et qui, prenant sa plume, signe une pétition contre son fleuron, la loi Gayssot. Mais lui qui avait pourtant écrit que « sans les juifs le monde court à sa perte » se retrouve avec la meute – qui a changé de camp - à ses trousses. Il s'est trompé de sens, a caressé le chien à rebrousse-poil ! Vite, demi-tour ! Le voilà bredouillant et se justifiant : il a été abusé sur la « nature des initiateurs », il prie chacun de prendre acte qu'il n'est plus signataire. En aucun cas il ne saurait être solidaire d'une action soutenue par Faurisson.

 

Mais alors, que faisait-il, tel un loup-garou le soirs de pleine lune, le 31 juillet 2010, en compagnie de Dieudonné ?

 

 

Yann Moix et Dieudo


1Texte paru en 2007 dans La Règle du jeu.

2Texte paru en 2010 défendant Polanski et comparant l'Affaire Polanski à l'Affaire Dreyfus.

3Ancien ministre et maire de Grenoble, il a été condamné deux fois, en 1996 et en 1999, pour abus de biens sociaux.

4De son vrai nom Jacques Arthur Essebag, animateur et humoriste, il a été condamné en 2009 à 1 de dommages et intérêts pour injure publique envers Dieudonné.

5Écrivain juif américain laïc.

6Publié en janvier 2010 et intitulé : J'aime Polanski et je hais la Suisse 

7Philosophe fictif né d'un canular en 1995, BHL tombe dans le panneau et cite la pensée du grand philosophe Jean-Baptiste Botul à l'appui de son argumentation dans De la guerre en philosophie paru en 2010.

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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 23:35

Madame,

 

J'ai suivi avec attention vos deux interviews avec des membres de la liste antisioniste qui se présente aux élections européennes. Avec Alain Soral d'abord, avec Dieudonné ensuite.

 

Permettez-moi d'abord de vous féliciter pour le choix que vous faites de reconnaître que l'autre a droit à la parole, fut-ce-t-elle contraire à la vôtre, et qu'il vaut mieux débattre pour combattre que d'interdire.

 

 

Vous vous dîtes déçue à l'issue de votre discussion avec Dieudonné : il est vrai que vous n'avez pas le même langage, vos registres d'expressions sont si dissemblables que vos paroles se croisent.

Je ne suis pas Alain Soral, je ne suis pas Dieudonné, je ne suis pas même dans la liste qui vous chatouille, mais je fais partie d'Egalité et Réconciliation et je la soutiens. Vous avez dit vous adresser au public de Dieudonné, vous vous adressiez donc à moi aussi et je vous réponds. Et moi aussi je suis déçue : parce que vous clamez à plusieurs reprises que peu vous importe que l'antisionisme soit ou non le faux-nez de l'antisémitisme puisque pour vous tous les deux sont également illégitimes et condamnables. Pourtant, autant il est inutile d'expliquer en quoi l'antisémitisme est condamnable, autant j'aurais aimé entendre vos arguments pour taxer l'antisionisme d'illégitime. Or, vous n'en avez pas donnés qui me convainquent.

 

Tout ce que j'ai entendu c'est qu'il faut vouloir les conséquences de ce que l'on veut, et que pour l'antisionisme ces conséquences sont de deux sortes : ne pas vouloir d'un État juif, ou être « pour qu'il n'y ait aucune présence juive sur la Palestine mandataire ». Quel manichéisme ! N'y a-t-il aucune voie entre un État juif et aucune présence juive en Palestine ? Faut-il que ce soit tout ou rien ? Que faites-vous de l'histoire ? Les juifs ne vivaient-ils pas en paix avec leurs voisins arabes, musulmans ou chrétiens, dans la Palestine mandataire, et surtout dans la Palestine d'avant le projet sioniste ? N'êtes-vous pas là en train d'avouer que vous ne pouvez vivre avec autrui ? Si l'opinion de votre adversaire ne vous accorde pas le droit de revendiquer ne vivre qu'entre vous, faut-il que comme un enfant boudeur qui jette son paquet de bonbons au prétexte qu'il n'est pas aussi rempli qu'il le voudrait, vous ne puissiez imaginer d'autre alternative qu' « aucune présence juive » ? Je ne vous comprends pas Madame Lévy : vous vivez en France, entourée de chrétiens et même de quelques musulmans, est-ce donc si terrible de pas vivre qu'entre soi ? Vous ne voulez pas d'un État multi-confessionnel, c'est donc que vous êtes pour un État purement juif, ou vous ai-je mal comprise ? Alain Soral vous dit qu'il est contre un État purement juif et vous lui rappelez qu'Israël n'est pas un État purement juif. Est-il donc multi-confessionnel ? Est-il donc ce que vous voulez justement qu'il ne soit pas ? Ou y a-t-il une question de degré ? Voudriez-vous des quotas ? Alors combien ? 20% d'arabes, comme aujourd'hui, c'est trop ou ça pourrait être plus ? A partir de combien de non-juifs Israël ne serait plus l'État juif de vos vœux ?

 

Alors quel est donc cet antisionisme illégitime et condamnable ? Voyons cela, mais éliminons d'emblée votre deuxième proposition, à savoir l'antisionisme qui refuserait toute présence juive en Palestine. Comme vous l'a dit Alain Soral ce n'est la position de personne. Passons donc et revenons sur votre première option : l'antisionisme qui refuserait un État purement juif. Que dîtes-vous, vous qui n'aimez pas beaucoup le site F.Desouche, des nostalgiques d'une « France blanche, largement fantasmée » ? Que leur propagande est indigeste, qu'elle flirte avec le racisme... Vous n'avez pas complètement tort, pourtant la France blanche n'est pas si lointaine et beaucoup moins fantasmée qu'une terre palestinienne entièrement juive... Ce projet pourtant ne vous semble ni indigeste ni raciste. Peut-être me répondrez-vous qu'être juif n'est pas une race mais une religion et que cela ne se compare pas. Que diriez-vous donc à ceux qui voudraient une France purement chrétienne ? Que vous les comprenez et que vous allez de ce pas faire vos bagages, prendre le premier avion pour ce pays qui vous met à l'abri des autres, Israël ? Non, vous crierez à l'antisémitisme, à la judéophobie, à l'islamophobie peut-être même... ? Et sans doute aurez-vous raison. Vous direz qu'ici est votre terre et que vous êtes aussi française qu'un chrétien, et vous aurez encore raison.

 

Mais alors ne voyez-vous pas que les arabes sur la terre de Palestine sont autant chez eux, tout musulmans ou chrétiens qu'ils soient, que vous l'êtes ? Et encore, peut-être le sont-ils plus... Je ne vous connais pas assez, Madame Lévy, venez-vous de Palestine ? Vos ancêtres y vivaient-ils ? Les droits que vous pensez avoir sur cette terre sont-ils autres que ceux que votre Dieu vous a donné ? Dans ce cas, pourquoi imposer aux autres les promesses de votre Dieu ? Pourquoi voudriez-vous que d'autres que vous le reconnaisse ? S'ils le reconnaissaient, ils le feront leur et ils deviendraient juifs tout comme vous et bénéficiaires comme vous de cette terre promise ... Est-ce cela que vous voudriez ? Non, bien sûr. D'autant plus que comme vous le dîtes, « on peut être juif en en ayant rien à foutre de la religion... ». Alors pourquoi la Palestine et pas ailleurs ? Pourquoi cette terre déjà peuplée ? Puisque le sionisme est laïc, puisque les juifs d'Europe n'y avaient pas d'ancêtres, puisque les juifs de Palestine y vivaient bien avec leurs frères arabes, leurs frères sémites, pourquoi ? Pourquoi la Palestine, les armes à la main contre vos frères sémites, vous qui aviez été chassés... Vos frères sémites... J'ai un doute Madame Lévy, la tête me tourne ...

 

Donc, vous dîtes : « le sionisme, excusez-moi, c'est un mouvement national qui pense que les juifs sont un peuple et pas seulement une appartenance religieuse – on peut être juif en en ayant rien à foutre de la religion... le sionisme c'est une idéologie effectivement qui pense que les juifs ont le droit d'avoir un état. »

 

Fort bien. Moi, ça ne me dérange pas que tel ou tel peuple qui se définit ainsi lui-même veuille vivre avec lui-même. Je laisse à chacun la liberté de se concevoir, et si les juifs, Séfarades, Ashkénazes ou Falashas se vivent comme un seul peuple, libre à eux. Mais cette liberté en retour ne doit s'imposer à personne. Si l'histoire vous avait donné une terre et que vous luttiez contre un envahisseur je serais solidaire avec vous. Si une immigration intensive et incontrôlable menaçait votre culture et vos paysages, je vous comprendrais. Si vous étiez la proie d'un impérialisme quelconque je lutterais avec vous. Mais vous n'êtes rien de cela. Vous n'aviez pas de terre propre, les immigrés en Palestine c'est vous, et pour asseoir votre projet vous vous appuyez sur l'impérialisme américain ou s'appuie-t-il sur vous, je ne sais... Alors comment vous défendre ? Comment défendre ce projet sioniste que vous défendez pourtant ? Peut-être pourrais-je mieux comprendre vos positions en lisant tous vos articles ; je n'en ai lu que quelques-uns et je n'ai pas trouvé d'explication plus satisfaisante que celle qu'il me semble deviner dans ces deux entretiens : le projet sioniste est défendable - et même indispensable au point qu'on ne peut plus même défendre l'idée contraire - à cause de l'antisémitisme. C'est une spirale infernale : l'antisémitisme a conduit au sionisme et le sionisme attise l'antisémitisme qui en retour permet au sionisme de perdurer et de s'alimenter, d'une part en poussant les juifs à faire leur alyah, d'autre part en culpabilisant toute personne et tout État qui s'y opposerait. Merveilleuse construction qui se régénère d'elle-même sous les attaques ! C'est beau et fascinant comme une vis sans fin qui remonte sans cesse le grain vers le moulin...

 

Vous criez, vous hurlez presque : « non mais attendez soyez raisonnable, vous avez vu, des milliers de gens ont manifesté... » et plus loin : « ... il n'y a aucun antisémitisme dans le monde arabe, il n'y a personne dans les manifs...! ». Ne voyez-vous pas que cet antisémitisme que vous craignez n'est encore que la critique d'Israël, critique que vous acceptez pourtant, mais qui un jour s'en détachera si vous n'y prenez garde ? Ne voyez-vous pas, alors que vous-même donnez le droit à Alain Soral de ne pas être d'accord avec l'idéologie sioniste de l'État juif, que d'assimiler toute critique du sionisme à la « haine du juif » ne pourra que précipiter cette haine ? Ne voyez-vous pas les dangers arriver ? Écoutez-vous : « simplement vous avez un petit problème, que, quand vous attaquez le lobby sioniste il se trouve que beaucoup de gens – et je veux bien vous faire crédit de votre bonne foi – mais beaucoup de gens et beaucoup de gamins dans nos banlieues, ils n'entendent pas 'le lobby sioniste', ils entendent 'les feujs'' ». Donc, une fois de plus, vous le voyez bien, ce ne sont pas que les gamins de banlieue qui font l'amalgame sionistes = juifs : c'est vous en premier Madame Lévy qui englobez dans la même condamnation l'antisionisme et l'antisémitisme. Vous devancez votre crainte, par peur du loup vous criez au loup avant qu'il n'arrive... alors il ne faudra pas s'étonner lorsqu'il viendra. Parce que les gamins de banlieue en auront un jour assez de servir de bouclier à la critique du sionisme. Surtout quand ces gamins de banlieue voient leurs frères prisonniers à Gaza mourir sous les bombes dans l'indifférence de la France.

 

Ce n'est pas l'antisionisme Madame qui est illégitime et condamnable, c'est de ne pas condamner ce sionisme là.

 

 

 

Une dernière chose encore : vous reprochez à Soral et à Dieudonné d'importer le conflit israélo-palestinien en France. Permettez-moi de vous faire deux remarques à ce sujet.

 

Lorsque le Crif s'immisce dans la politique française, est-ce pour demander qu'il y ait plus de synagogues en France ? Qu'il n'y ait pas d'école le samedi matin pour respecter le jour de shabbat ? Comunautarisme que nous dénoncerions comme tous les autres, mais communautarisme interne à la France. Non, le Crif fait essentiellement pression sur la politique extérieure de la France afin d'en faire l'alliée d'Israël qui pour gagner la bataille du sionisme a autant besoin de chars que du silence de l'occident. Même lorsqu'il prétend lutter contre l'antisémitisme en France, c'est encore pour protéger Israël.  Qui importe donc le conflit ?

 

Lorsque vous et vos amis mettez en garde contre toute critique du sionisme – sionisme qui est la racine du conflit israélo-palestinien - par crainte de voir les banlieues s'enflammer contre les juifs, qui importe ce conflit ?

 

Pour interdire toute recherche historique sur la Shoah on a fait une loi. Lorsque la LDJ ratonne, l'affaire est enterrée. Si un journaliste critique un peu trop Israël il est limogé. Parce que le sionisme a besoin de la bienveillance, fut ce-t-elle aveugle, de la France dont la politique étrangère était trop « équilibrée » à son goût, il est entré au cœur même de nos institutions. Cette pression est devenue insupportable; essayez de le comprendre...

 

Pour survivre le sionisme a besoin d'agiter le spectre de l'antisémitisme, et rien ne ravive autant cet antisémitisme que de voir nos représentants politiques faire des courbettes devant M. Prasquier quelques semaines après Gaza. Quand on voit ce même M. Prasquier à Genève lors que la conférence Durban II claquer des mains en appelant nos diplomates à sortir lors du discours du président iranien, on se demande qui tient la barre de notre diplomatie.

 

 

 

Politique intérieure, nous voulons la réconciliation des communautés françaises pour que vive la République. Politique extérieure, nous voulons incarner la troisième voie, être surtout une voix indépendante et libre, pour éviter, dehors comme dedans, le choc des civilisations.

 

Alors ne nous reprochez pas de nous battre contre le sionisme en France. Nous le faisons pour la France.

Et pour les juifs aussi.

 

 

Avec mes respects, Madame.

 

nouvelle_lune

 

 

 

L'entretien avec Soral

 

L'entretien avec Dieudonné

 

 

 

PS : Vous terminez votre débat avec Alain Soral en lui donnant un conseil amical : « intéressez-vous à autre chose, il y a des tas de turpitudes, il y a des tas d'injustices dans le monde, il y a des tas d'horreur, y compris dans notre pays, arrêtez d'être obsédé, arrêtez, arrêtez... »

C'est vrai, il y a des tas de turpitudes, d'injustices et d'horreurs à travers le monde, mais ce qui se passe en Palestine nous touche plus encore, parce que cela dure depuis soixante ans, parce qu'à travers nos gouvernements nous nous sentons complices malgré nous et surtout, surtout, parce que dans nos têtes s'entrechoquent les images des rescapés émaciés de Dachau et des soldats de Tsahal arborant les T-shirts que vous connaissez sans doute, d'Anne Frank et des petites israéliennes qui embrassent les obus, des miradors d'Auschwitz et de la « barrière de sécurité », du juif errant et des bulldozers détruisant les maisons palestiniennes... Ces images s'entrechoquent, et je vous jure, Madame, que ça fait mal.

Alors non, nous ne pouvons pas arrêter tant que ces images seront là.

 

 

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 19:06

 


 

Lors la conférence de présentation de la liste Dieudonné-Gouasmi-Soral aux élections européennes du 7 juin prochain, en développant sa réponse à la question d'un journaliste, Mr Gouasmi a eu cette phrase à priori mystérieuse : « ...derrière chaque divorce il y a un sionisme... ». Voulait-il dire qu'un des moyen des sionistes pour asservir les nations et les soumettre à leur projet est de les affaiblir, et que cet affaiblissement passe aussi par un avachissement moral des peuples, de ses mœurs, de ses valeurs, de ses traditions, et qu'un des piliers à scier pour effondrer l'édifice est le couple, et son extension la famillle, qu'il faut rendre éphémère pour mieux répondre à la volonté de nomadisme d'un Jacques Attali ?

Peut-être et ce ne serait pas entièrement faux, mais je pense que l'idée de Mr Gouasmi était toute autre.

 

Écoutons d'abord ce qu'il disait au début de sa réponse au journaliste : «  Le sionisme n'est pas humain, il vous enlève votre humanité. ». Puis plus loin, en remettant sa phrase dans son contexte : « Le sionisme, il divise le foyer, il divorce le foyer. A chaque divorce, moi je vous dis, il y a un sionisme derrière, à chaque chose qui divise une nature humaine il y a derrière un sionisme. »

 

Qu'est-ce que le sionisme ? Au-delà de son histoire, et au-delà même de son projet politique, il est d'abord une idée. Et cette idée repose sur une séparation. D'un côté il y a les juifs. De l'autre il y a... le reste du monde. Et ce reste du monde étant hostile il faut un État juif et seulement juif. Peu importe que le judaïsme en premier ait coupé le monde en deux : le peuple élu et les goys. Peu importe que ce qui pouvait être vu comme une mission, la mission d'un peuple éclairé par Dieu à guider les autres peuples vers la Vérité - mission qui implique en premier lieu une droiture exemplaire - ait été dévoyé pour n'en garder que la notion de peuple supérieur : les juifs sont victimes et ne doivent pour bien vivre ne vivre qu'entre eux. Soit. Si c'est ainsi que certains d'entre eux désirent vivre, ce n'est pas à moi de juger. Mais encore aurait-il fallu trouver un lieu sans habitants. L'idée a maintenant plus d'un siècle, et la volonté que cet État prenne naissance en Palestine n'était pas immédiatement évidente. Le premier sionisme était laïc et le Foyer juif aurait pu s'établir n'importe où. Sur une terre sans peuple par exemple. Mais dans la première décennie du XXème siècle, l'idée s'est imposée : parce que Yahvé avait placé la Terre promise en Palestine ce devait être là que serait fondé l'État juif, et tant pis si des populations arabes y vivaient depuis des siècles. A partir de ce moment, dans l'idée sioniste la terre palestinienne est devenue une terre sans peuple : il fallait donc que les arabes qui y étaient deviennent... Rien ! Rien dans l'idée, puis Rien dans la réalité. C'est ce Rien dans l'idée, cette déshumanisation des palestiniens, à proprement parler cette désintégration, qui a rendu plus facile la réalisation de ce Rien dans la réalité. Et le sionisme est ainsi devenu cette idéologie inhumaine qui dénie à celui qui la gêne le simple droit à être.

 

« Derrière chaque divorce il y a un sionisme », nous dit Mr. Gouasmi. Il y a un sionisme. Pas le sionisme. La clé de cette phrase est dans cette distinction : il y a un sionisme, c'est à dire une attitude, une direction de la pensée qui nie l'autre, qui lui ôte son humanité. Derrière chaque divorce il y a une personne, parfois deux même, qui refuse de voir en l'autre quelqu'un dont les sentiments, les valeurs, les besoins ont autant d'importance que les siennes propres. Derrière chaque division il y a quelqu'un dont les actes dérivent d'un « pousse-toi de là que je m'y mette », qui veut soumettre ou écraser l'autre, ou qui l'ignore, autre forme d'écrasement. Dans l'idéologie sioniste la seule valeur sacrée c'est le sionisme lui-même : tous les moyens sont donc bons pour arriver à sa propre fin. Le sionisme ne recherche ni la justice ni la paix; il ne recherche pas la bonne intelligence entre les peuples, le respect de la différence, le dialogue. Il ne se met jamais à la place de l'autre. Il ne le peut pas, car s'y mettre conduirait à se nier lui-même. Il ne cherche même pas à mettre l'autre à sa place, à le phagocyter, ce qui se traduirait par une volonté d'assimiler les arabes par des conversions et des mariages mixtes. Non, cela encore serait contraire à ses fondements. Le peuple juif et lui seul, sans apport extérieur, sans métissage qui ternirait sa pureté. Il ne recherche que la réalisation de lui-même, au mépris de la souffrance et du droit des autres, et en cela il est profondément égoïste. Derrière chaque divorce, chaque division, il y a bien un mépris de l'autre, un refus de l'entendre, une négation de sa souffrance, une incapacité à se mettre à sa place ou même à lui faire une place. Il y a un un égoïsme, pour ne pas dire un égotisme. Et c'est ainsi qu'on peut dire qu'il y a un sionisme. Un sionisme comme métaphore de l'indifférence à l'autre.

 

nouvelle_lune

 

 

Sur l'inexistence du peuple palestinien : link

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