Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 12:56

 


L'autre soir j'étais chez ma vieille copine un peu baba, un peu gauchiste; on parle de tout, on parle de rien et on arrive sur le sujet des élections européennes à venir. « Je soutiens Dieudonné » que je lui fais. Elle ce serait plutôt Bové, parce que Dieudonné... l'inévitable question arrive : « quand même, il y a eu le Zénith, alors comment peux-tu intellectuellement soutenir quelqu'un qui fréquente Faurisson ? »

J'ai commencé à lui répondre, et puis les enfants sont arrivés, on a été coupées, et on a parlé d'autre chose. Mais j'ai continué à y penser, je voulais lui expliquer, les mots, les phrases tournaient dans ma tête. Il me faut y revenir... Je me suis imaginée, en face de Faurisson, qu'est-ce que je ferais si on me le présentait... Je lui serrerais la main ? Je ferme les yeux et je me regarde : oui, je lui serre la main... Pourquoi je ne sais pas encore, ce n'est pas une réponse intellectuelle, ça me semble juste naturel, simplement humain, pourtant je sais que beaucoup crieraient au scandale... Ils n'ont pas besoin de s'expliquer, tout le troupeau est derrière eux. Moi je risque d'être bien seule sur le bas-côté de la route, mais je resterai là, je ne suivrai pas le troupeau, et puisque la question m'a été posée...


Ma chère amie... Comment te faire comprendre ? D'abord une précision, Dieudonné ne "soutient" pas Faurisson, il reconnaît son droit à la parole et en a fait le symbole de la censure qu'il dénonce et dont il a été victime lui-même. Ne crois pas que je me défausse en appelant Voltaire à la rescousse, paravent trop souvent utilisé par ceux-là même qui le brandissent pour mieux faire accepter les limites qu'ils posent immédiatement derrière. J'irai donc plus loin et te dirai que non seulement je soutiens Dieudonné qui serre la main à Faurisson mais si l'occasion se présentait, je lui serrerais la main moi-même, et je vais tenter de te faire comprendre pourquoi cela me semble juste.


D'abord, pour poser le décor précisons que jusqu'à cette scène du Zénith, je ne connaissais de Faurisson que son nom, associé bien sûr à l'outrage suprême : négationniste !

Alors la curiosité m'a poussée à en savoir un peu plus : je suis tombée sur une conférence où il expose ses thèses sur les chambres à gaz. Je vois un petit bonhomme au parler lent qui essaye de démontrer scientifiquement que des chambres à gaz non étanches ne pouvaient pas fonctionner sans mettre en grand danger les personnes alentour, en premier lieu les ouvriers de ces basses œuvres. Je suis une scientifique, tu le sais, alors cette approche me convient, je voudrais en savoir plus, j'essaye de trouver la faille, je me dis qu'il faudrait pouvoir faire le test en grandeur réelle, voir s'il y a des émanations toxiques à l'extérieur, en quelles concentrations, doser ce qu'il reste de gaz cyanhydrique à l'intérieur des chambres après une heure, deux heures... Ces concentrations sont-elles encore létales, sont-elles explosives ? Faurisson nous parle des récupérateurs de cadavres qui entreraient avec une cigarette à la bouche dans les chambres, mettant cela dans le panier de l'irrecevabilité de la thèse des chambres à gaz... Pourtant c'est un stratagème bien connu des chimistes : le gaz cyanhydrique à faible concentration n'est pas toujours détectable pour un nez pas très fin. Mêlé à la fumée de tabac, il dégage une odeur caractéristique. Alors cette histoire de cigarette serait plutôt à mettre dans le panier des preuves de l'utilisation du ZyklonB... Enfin, je ne sais pas, je me dis qu'il faudrait creuser la chose... Pareil pour les chambres froides, il dit qu'elles n'ont pas été faites pour ce que l'on en dit, que leur taille devrait être différente pour rendre aisée la manipulation des cadavres, mais cet argument ne tient pas si l'on considère qu'effectivement elles n'ont pas été faites dans ce but mais détournées de leur utilisation première : ce n'est pas parce que mon canapé n'est pas un lit, qu'il n'a pas été fait pour que je m'y couche, que je ne peux pas dormir dedans... Enfin, j'aurais aimé qu'il y ait un débat, des tests, que tout doute puisse être levé, les chiffres discutés - pas par moi, j'ai d'autres chats à fouetter et ce n'est pas mon métier - mais le fait même que ce soit impossible ne fait qu'alimenter la suspicion... Alors pourquoi interdire le doute ? Pourquoi en faire un tabou ?


 

Puisque tu me demandes comment je peux intellectuellement soutenir, moi je te demande comment peut-on intellectuellement accepter la célèbre phrase de Vidal-Naquet :
« Il ne faut pas se demander comment, techniquement, un tel meurtre de masse a été possible. Il a été possible techniquement puisqu'il a eu lieu.[...] Il n'y a pas, il ne peut pas y avoir de débat sur l'existence des chambres à gaz. »

Parce que moi, intellectuellement, cela ne me convient pas.


Vingt millions de morts en Union soviétique, deux cent cinquante mille à Hiroshima, dix, quinze, vingt millions d'Indiens aux Amériques, dix, vingt, trente millions de victimes des différentes traites négrières, on en discute, on compte et on recompte, chacun est libre de donner son estimation, et personne n'est le diable, si basse soit-elle.


Mais Faurisson est le diable. Je le regarde, cornu, les pieds fourchus dans les yeux de mes concitoyens. Moi je vois un vieux monsieur qui avait une place honorable à l'université, spécialisé dans la critique de textes et documents. Il aurait pu rester là, faire une carrière tranquille, respecté de ses pairs. Qu'est-ce qui l'a poussé à se jeter ainsi dans le brasier ? Savait-il seulement dans quels feux il se lançait ? Était-ce par seul souci de vérité historique et scientifique ? A-t-il été emporté par un élan dont l'impulsion initiale lui a été donnée en toute innocence et en toute ignorance de l'abîme vers lequel il se dirigeait, par l'étude sincère de plans et de photos ? A-t-il été interpellé par des détails que ceux qui n'ont pas vu ne peuvent comprendre l'importance ? Je ne sais... Y a-t-il dans sa démarche une force obscure qui le pousse ? Une haine dont j'ignore les causes qui justifierait sa hargne au péril de sa vie ? Encore une fois, je ne sais...


Et toi qui me lis, toi mon amie qui pense bien, le sais-tu ? Vous tous qui me lisez, le savez-vous ? Je vous entends pour les plus honnêtes faire l'apologie de la liberté d'expression, citer Voltaire et paraphraser Saint-Just, je vous entends surtout, vite, vite vous prémunir, Faurisson, propos nauséabonds, le ventre fécond, la bête immonde... Nier la Shoah telle qu'on nous la raconte ou en réduire l'importance, contester la manière dont les morts sont morts, est-ce appeler à la haine des victimes ? Est-ce se réjouir de ce qu'elles ont subi en pensant dans le même temps que ce n'était pas assez ? Ni en nombre ni en férocité ? Est-ce appeler à « finir le travail » ? Soyons sérieux, ce n'est rien de tout cela et vous le savez bien. Alors quoi ? Quelle est la nature de cet outrage ? Minimiser la Shoah enlève-t-elle aux juifs une part de leur humanité ? Au petit-fils de déporté mort en camp, que change le fait que son grand-père soit mort accompagné de cinq cent mille ou de six millions d'autres ? Que change le fait que son aïeul soit mort gazé ou fusillé ? D'épuisement ou de maladie ? Si j'étais ce petite-fils là j'aurais envie de savoir, mais que ce soit de cette manière ou de cette autre, cela ne changerait rien à ma tristesse... Personne ne conteste chaque mort individuellement, personne ne dit à ce petit-fils « non, ton grand-père n'est pas mort, le numerus clausus est atteint, et s'il n'est pas revenu c'est qu'il a préféré ne pas revenir, en profiter pour refaire sa vie ailleurs... ». Alors quelle est cette souffrance si terrible qu'elle doive interdire toute recherche, toute tentative de discussion du nombre ou de la manière dont les juifs sont morts pendant la deuxième guerre mondiale ? Et pourquoi celui qui tente de le faire devient-il un criminel ?


Il y a de par le monde nombre de gens qui par leur comportement font souffrir leurs congénères de mille manières. Tortures psychologiques, manipulations, mensonges qui font parfois mourir à petit feu, sans bruit, les victimes de leur perversité. Au travail, en famille, ces gens là, même dévoilés, ont droit aux politesses d'usage. Et rarement ils seront condamnés à la moindre peine. Peut-être seront-ils mutés, leur femme voudra divorcer, mais jamais ils ne seront crucifiés. Pourtant de combien de nuits sans sommeil, de jours de larmes, de dépressions auront-ils été responsables ?

Qui a connu des pleurs et des nuits blanches, des envies de mourir à cause de Faurisson ?


Il y a des pédophiles qui ont brisé la vie de leurs victimes, qui les ont tuées parfois. Il y a ceux dont on parle, et combien dont on ne parle pas. Toutes ces mères assassinées à travers leurs enfants... Il y a des prisonniers torturés à l'ombre de murs épais... Il y a des villages affamés par des maîtres qu'ils ne se sont pas donnés, des riverains empoisonnés par la cupidité de quelqu'uns, des bébés malformés et des peuples irradiés... Pour la puissance des uns et l'argent des autres... Il y a des luttes intestines, des soifs de pouvoir qui écrasent des populations entières dans l'indifférence du monde, atrocités inaudibles parce qu'on ne veut pas les entendre, toute cette humanité qui crie pourtant... Mais Faurisson... Ah, Faurisson ! même s'il murmurait on l'entendrait... D'où vient donc ce sang que les aveugles voient couler sur sa main pour refuser de la prendre ?


Il y a encore des dirigeants devant lesquels on déroule le tapis rouge, rouge de ce sang pourtant qui coule sur la main de Faurisson, et à qui on serre plus que la main : on leur donne l'accolade, on les regarde avec déférence, ils sont les maîtres du monde... Leurs crimes sont réels mais on les en excuse. Au nom de la raison d'État, fût-ce-t-elle enrobée dans un gros mensonge. Combien d'enfants morts en Irak pendant le blocus ? Cinq cent mille ? Est-ce un crime ? Non. Contester ce crime, et même le justifier en est encore moins un. « Je crois que c'est un choix très difficile, mais le prix... nous croyons que le prix en vaut la peine » nous dit Madeleine Albright sans que nous songions une seule seconde à lui refuser notre main. Enfin... je parle d'eux, parce que moi, vois-tu...


Il y a eu Menahem Begin, commissaire au Betar, président de l'Irgoun, responsable de l'attentat du King David, du massacre de Deir Yassin, qui a reçu le prix Nobel de la Paix. Ah ! Cette poignée de main entre lui et Sadate, elle a fait le tour du monde... Mais le sang en était lavé par un peu d'encre, une signature au bas d'un document dont une partie pourtant est tombée dans l'oubli... Dans l'oubli, comme le sang sur les mains de Begin...

 

«Il y a des circonstances dans l’histoire qui justifient le nettoyage ethnique». Qui a dit cela ? Faurisson ? Continuons pour y voir plus clair : «Je sais que ce terme est complètement négatif dans le discours du XXIe siècle, mais, quand le choix est entre le nettoyage ethnique et le génocide - l’annihilation de votre population - je préfère le nettoyage ethnique (...) C’était la situation. » Ah, voilà, ce n'était pas un génocide, c'était un nettoyage ethnique. Il y a eu pourtant beaucoup de morts. Où cela déjà ? « C’était ce que le sionisme affrontait. Un État Juif n’aurait pas pu être créé sans déraciner 700'000 Palestiniens. Par conséquent il était nécessaire de les déraciner». On les a juste déracinés. Les arbres aussi parfois quand on les déracine ils en crèvent... Qui refuse de serrer la main de Benny Morris pour avoir dit cela ?


Des personnes qui ont du sang sur les mains et du sang sur la langue il y en a mille auxquelles on serre la main : parce qu'ils sont du côté de ce que l'on considère comme le Bien sur cette rive-ci du Styx, leurs crimes ne leur seront pas comptés. Mais à celui qui traverse, à celui-là même qui se tient hésitant au milieu du fleuve, il ne sera rien pardonné, pas même de chercher la vérité : il n'aura pas atteint l'autre rive que déjà il aura franchi le Rubicon.


Galilée a dû se renier pour se sauver, et pourtant il avait raison. Si l'interdiction de recherche avait subsisté, croirait-on encore que la terre est au centre de tout ? D'autres ont été eux aussi emprisonnés pour leurs idées, mais ils se sont trompés et on les a oubliés. Ils ne sont pas condamnables pour autant : si on veut ne jamais être dans l'erreur il ne faut rien chercher. Laissons donc le temps faire le tri de ceux qui ont tort et de ceux qui ont raison, mais laissons-lui les outils pour le faire. Refuser cela c'est faire du doute une hérésie.

Pour justifier l'Inquisition, je lis : « L'hérésie n'est pas seulement affaire de doctrine : elle est un crime global contre Dieu, les princes, la société — ce qui alors revient au même. Étant une rupture du lien social, la lutte contre l'hérésie est une question d'ordre public. » Faurisson menace-t-il vraiment l'ordre public ? Si la réponse est oui, alors le lien social est bien fragile...


Il y a deux mille ans est né celui qui allait être considéré par les siens comme un hérétique. « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » a-t-il dit. Mais il n'a pas ajouté « maudits soient ceux qui doutent »... Jésus, lorsqu'il est ressuscité est apparu devant Saint Thomas qui n'en a pas crû ses yeux : il voulait toucher les preuves du doigt. Qu'a fait le Christ ? L'a-t-il injurié ? L'a-t-il mis au ban des humains ? S'il l'eut fait peut-être qu'aujourd'hui le monde chrétien ne serait pas ce qu'il est. Il lui a pris la main et lui a fait toucher ses plaies. Oui, c'était bien Jésus qui avait été cloué sur la croix. Et Thomas qui aurait pu devenir un négationniste de la résurrection est devenu un apôtre.


Faurisson est un Saint Thomas de l'ère moderne. Il a posé des questions et pour toute réponse on lui a cloué le bec, on l'a crucifié sur la place publique. Non, non, mon amie, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit : Faurisson n'est pas le nouveau Christ mais ses bourreaux viennent des mêmes, de ceux qui ont peur du vacillement des dogmes sur lesquels reposent leur vision du monde. La bienveillance du Christ envers celui qui n'avait pas la foi a permis l'essor d'une religion qui permet le doute. A l'opposé de celle-ci et à l'opposé du paradigme sur laquelle elle repose, l'interdiction actuelle sera le fossoyeur d'une nouvelle religion dont le sacrifice fondateur n'était pas l'expression d'une volonté divine. Voilà donc deux raisons pour que la Shoah vienne rejoindre dans l'histoire et au même degré qu'eux les crimes hélas nombreux et banals de l'humanité contre elle-même.


Et une bonne raison de ne pas refuser de serrer la main de Faurisson.


 

  ****************************

 

 

PS : puisque certains lecteurs ont jugé bon de me "dénoncer" pour thèses négationnistes et antisémitisme, je précise :



Je ne suis pas révisionniste, je ne suis pas non plus "exterminationniste", je ne suis rien du tout puisque je ne suis pas historienne.

Je suis une scientifique ; on ne peut pas tout faire et tout connaître, et je veux pouvoir avoir confiance en ce que font et disent les "spécialistes" chacun dans leur spécialité. Non que je pense qu'ils puissent tous avoir raison lorsqu'ils ne sont pas d'accord, mais que ce n'est que d'une loyale confrontation que peut émerger une vérité, même mouvante et imparfaite... Lorsque celle-ci devient rigide et obligatoire la porte s'ouvre sur le totalitarisme et celui que l'on voit émerger aujourd'hui est d'autant plus dangereux qu'il est insidieux, usant et abusant des moyens de propagande que la technologie met à sa disposition, permettant cette dictature soft et indolore dans laquelle nous nous trouvons.

Indolore sauf pour ceux qu'on anesthésie difficilement. Faurisson en fait partie, et qu'il ait raison ou tort n'est à ce jour pas mon propos : je ne connais pas assez ni ses thèses ni les thèses officielles pour en juger. Mais je ne supporte pas que pour toute réponse et pour tout argument il se fasse clouer le bec avec tous les moyens et toute la violence que le Pouvoir a à sa disposition.


Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Liberté d'expression
commenter cet article
24 mai 2009 7 24 /05 /mai /2009 17:21

 

Je suis née blanche, européenne et de culture chrétienne. Dans la liste de mes ancêtres, on trouve certainement des révolutionnaires coupeurs de têtes, des massacreurs de Saint-Barthélémy, des pirates écumeurs de mer, des négriers vendeurs d'esclaves et des croisés pilleurs de Constantinople. Mais on trouve aussi tout aussi certainement des paysans chouans, des huguenots fuyant, d'humbles servantes abusées par leurs maîtres, des chrétiens réfugiés dans des catacombes, des résistants fusillés. Je ne crois pas qu'on y trouve de collabo nazi, ni de colon d'Algérie. Je ne crois pas non plus qu'on y trouve de déporté ou de harki. Je crois, je ne crois pas... Mes ancêtres pourraient ne pas être ceux que je crois et je serais quand même moi.

 

Plus les faits sont lointains et plus j'ai, plus vous avez vous aussi qui me lisez, de probabilités d'avoir dans votre sang des gouttes de tous bords, résurgence d'ennemis qui se côtoient dans vos veines. Sans ce sang, je ne serais pas moi. D'autres ancêtres auraient donné un autre individu. Ils les ont donné d'ailleurs : c'est vous tous, qui que vous soyez et d'où que vous veniez, vous qui comme moi êtes faits de ce sang mêlé de notre histoire commune.

Nos enfants portent pour moitié une autre hérédité que nous, et leurs enfants seront les dépositaires d'autres histoires que je ne soupçonne peut-être pas encore. Et de loin en loin ainsi tous seront un jour les descendants de ceux qui nous semblent aujourd'hui les monstres les plus grands. Et déjà ils sont lourds de ce péché qu'ils n'ont pas connu. Et déjà nous sommes lourds de ces péchés que nous n'avons pas commis.

 

Seront-ils responsables ? Sommes-nous responsables ? Avons-nous d'autres obligations morales que de ne pas profiter des conséquences de ces crimes ? D'en corriger les méfaits qui pèseraient encore sur les victimes ? Avons-nous d'autres droits que d'en demander les rectifications si nous sommes encore lésés ? Notre part d'oppresseur doit-elle payer ? Doit-elle réparer ? Notre part d'oppressé peut-elle réclamer ? Peut-elle exiger ? Ma vie actuelle de moult fois arrière petite-fille de profiteur ou de dictateur bénéficie-t-elle encore des miettes de cet ancêtre que je devrais rendre aux descendants de ceux sur qui la spoliation rejaillit encore aujourd'hui ? Et ma vie de moult fois arrière petite-fille d'opprimé souffre-t-elle encore des pleurs de ceux qui imploraient vainement la pitié des tortionnaires et bénéficiaires de crimes dont profitent peut-être encore aujourd'hui les descendants éparpillés sur terre ? Comment faire le compte de ce que je devrais et de ce que l'on me devrait ?

 

Je suis le fruit de cette histoire, sans cette histoire je ne serais pas. Je veux bien l'accepter et l'accepter toute entière, je veux surtout la comprendre, mais je refuse d'en porter le poids indéfinissable et indéfiniment ; le poids de la souffrance est aussi lourd que celui de l'offense et la souffrance du fils de paria aussi étouffante que celle du fils de bourreau. Je demande donc le baptême. Celui que dans sa grande sagesse Jésus a donné au monde, le baptême qui libère du péché originel, qui en inaugurant une nouvelle alliance avec Dieu permet la réconciliation des hommes.

 

 

Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Société
commenter cet article
12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 23:35

Madame,

 

J'ai suivi avec attention vos deux interviews avec des membres de la liste antisioniste qui se présente aux élections européennes. Avec Alain Soral d'abord, avec Dieudonné ensuite.

 

Permettez-moi d'abord de vous féliciter pour le choix que vous faites de reconnaître que l'autre a droit à la parole, fut-ce-t-elle contraire à la vôtre, et qu'il vaut mieux débattre pour combattre que d'interdire.

 

 

Vous vous dîtes déçue à l'issue de votre discussion avec Dieudonné : il est vrai que vous n'avez pas le même langage, vos registres d'expressions sont si dissemblables que vos paroles se croisent.

Je ne suis pas Alain Soral, je ne suis pas Dieudonné, je ne suis pas même dans la liste qui vous chatouille, mais je fais partie d'Egalité et Réconciliation et je la soutiens. Vous avez dit vous adresser au public de Dieudonné, vous vous adressiez donc à moi aussi et je vous réponds. Et moi aussi je suis déçue : parce que vous clamez à plusieurs reprises que peu vous importe que l'antisionisme soit ou non le faux-nez de l'antisémitisme puisque pour vous tous les deux sont également illégitimes et condamnables. Pourtant, autant il est inutile d'expliquer en quoi l'antisémitisme est condamnable, autant j'aurais aimé entendre vos arguments pour taxer l'antisionisme d'illégitime. Or, vous n'en avez pas donnés qui me convainquent.

 

Tout ce que j'ai entendu c'est qu'il faut vouloir les conséquences de ce que l'on veut, et que pour l'antisionisme ces conséquences sont de deux sortes : ne pas vouloir d'un État juif, ou être « pour qu'il n'y ait aucune présence juive sur la Palestine mandataire ». Quel manichéisme ! N'y a-t-il aucune voie entre un État juif et aucune présence juive en Palestine ? Faut-il que ce soit tout ou rien ? Que faites-vous de l'histoire ? Les juifs ne vivaient-ils pas en paix avec leurs voisins arabes, musulmans ou chrétiens, dans la Palestine mandataire, et surtout dans la Palestine d'avant le projet sioniste ? N'êtes-vous pas là en train d'avouer que vous ne pouvez vivre avec autrui ? Si l'opinion de votre adversaire ne vous accorde pas le droit de revendiquer ne vivre qu'entre vous, faut-il que comme un enfant boudeur qui jette son paquet de bonbons au prétexte qu'il n'est pas aussi rempli qu'il le voudrait, vous ne puissiez imaginer d'autre alternative qu' « aucune présence juive » ? Je ne vous comprends pas Madame Lévy : vous vivez en France, entourée de chrétiens et même de quelques musulmans, est-ce donc si terrible de pas vivre qu'entre soi ? Vous ne voulez pas d'un État multi-confessionnel, c'est donc que vous êtes pour un État purement juif, ou vous ai-je mal comprise ? Alain Soral vous dit qu'il est contre un État purement juif et vous lui rappelez qu'Israël n'est pas un État purement juif. Est-il donc multi-confessionnel ? Est-il donc ce que vous voulez justement qu'il ne soit pas ? Ou y a-t-il une question de degré ? Voudriez-vous des quotas ? Alors combien ? 20% d'arabes, comme aujourd'hui, c'est trop ou ça pourrait être plus ? A partir de combien de non-juifs Israël ne serait plus l'État juif de vos vœux ?

 

Alors quel est donc cet antisionisme illégitime et condamnable ? Voyons cela, mais éliminons d'emblée votre deuxième proposition, à savoir l'antisionisme qui refuserait toute présence juive en Palestine. Comme vous l'a dit Alain Soral ce n'est la position de personne. Passons donc et revenons sur votre première option : l'antisionisme qui refuserait un État purement juif. Que dîtes-vous, vous qui n'aimez pas beaucoup le site F.Desouche, des nostalgiques d'une « France blanche, largement fantasmée » ? Que leur propagande est indigeste, qu'elle flirte avec le racisme... Vous n'avez pas complètement tort, pourtant la France blanche n'est pas si lointaine et beaucoup moins fantasmée qu'une terre palestinienne entièrement juive... Ce projet pourtant ne vous semble ni indigeste ni raciste. Peut-être me répondrez-vous qu'être juif n'est pas une race mais une religion et que cela ne se compare pas. Que diriez-vous donc à ceux qui voudraient une France purement chrétienne ? Que vous les comprenez et que vous allez de ce pas faire vos bagages, prendre le premier avion pour ce pays qui vous met à l'abri des autres, Israël ? Non, vous crierez à l'antisémitisme, à la judéophobie, à l'islamophobie peut-être même... ? Et sans doute aurez-vous raison. Vous direz qu'ici est votre terre et que vous êtes aussi française qu'un chrétien, et vous aurez encore raison.

 

Mais alors ne voyez-vous pas que les arabes sur la terre de Palestine sont autant chez eux, tout musulmans ou chrétiens qu'ils soient, que vous l'êtes ? Et encore, peut-être le sont-ils plus... Je ne vous connais pas assez, Madame Lévy, venez-vous de Palestine ? Vos ancêtres y vivaient-ils ? Les droits que vous pensez avoir sur cette terre sont-ils autres que ceux que votre Dieu vous a donné ? Dans ce cas, pourquoi imposer aux autres les promesses de votre Dieu ? Pourquoi voudriez-vous que d'autres que vous le reconnaisse ? S'ils le reconnaissaient, ils le feront leur et ils deviendraient juifs tout comme vous et bénéficiaires comme vous de cette terre promise ... Est-ce cela que vous voudriez ? Non, bien sûr. D'autant plus que comme vous le dîtes, « on peut être juif en en ayant rien à foutre de la religion... ». Alors pourquoi la Palestine et pas ailleurs ? Pourquoi cette terre déjà peuplée ? Puisque le sionisme est laïc, puisque les juifs d'Europe n'y avaient pas d'ancêtres, puisque les juifs de Palestine y vivaient bien avec leurs frères arabes, leurs frères sémites, pourquoi ? Pourquoi la Palestine, les armes à la main contre vos frères sémites, vous qui aviez été chassés... Vos frères sémites... J'ai un doute Madame Lévy, la tête me tourne ...

 

Donc, vous dîtes : « le sionisme, excusez-moi, c'est un mouvement national qui pense que les juifs sont un peuple et pas seulement une appartenance religieuse – on peut être juif en en ayant rien à foutre de la religion... le sionisme c'est une idéologie effectivement qui pense que les juifs ont le droit d'avoir un état. »

 

Fort bien. Moi, ça ne me dérange pas que tel ou tel peuple qui se définit ainsi lui-même veuille vivre avec lui-même. Je laisse à chacun la liberté de se concevoir, et si les juifs, Séfarades, Ashkénazes ou Falashas se vivent comme un seul peuple, libre à eux. Mais cette liberté en retour ne doit s'imposer à personne. Si l'histoire vous avait donné une terre et que vous luttiez contre un envahisseur je serais solidaire avec vous. Si une immigration intensive et incontrôlable menaçait votre culture et vos paysages, je vous comprendrais. Si vous étiez la proie d'un impérialisme quelconque je lutterais avec vous. Mais vous n'êtes rien de cela. Vous n'aviez pas de terre propre, les immigrés en Palestine c'est vous, et pour asseoir votre projet vous vous appuyez sur l'impérialisme américain ou s'appuie-t-il sur vous, je ne sais... Alors comment vous défendre ? Comment défendre ce projet sioniste que vous défendez pourtant ? Peut-être pourrais-je mieux comprendre vos positions en lisant tous vos articles ; je n'en ai lu que quelques-uns et je n'ai pas trouvé d'explication plus satisfaisante que celle qu'il me semble deviner dans ces deux entretiens : le projet sioniste est défendable - et même indispensable au point qu'on ne peut plus même défendre l'idée contraire - à cause de l'antisémitisme. C'est une spirale infernale : l'antisémitisme a conduit au sionisme et le sionisme attise l'antisémitisme qui en retour permet au sionisme de perdurer et de s'alimenter, d'une part en poussant les juifs à faire leur alyah, d'autre part en culpabilisant toute personne et tout État qui s'y opposerait. Merveilleuse construction qui se régénère d'elle-même sous les attaques ! C'est beau et fascinant comme une vis sans fin qui remonte sans cesse le grain vers le moulin...

 

Vous criez, vous hurlez presque : « non mais attendez soyez raisonnable, vous avez vu, des milliers de gens ont manifesté... » et plus loin : « ... il n'y a aucun antisémitisme dans le monde arabe, il n'y a personne dans les manifs...! ». Ne voyez-vous pas que cet antisémitisme que vous craignez n'est encore que la critique d'Israël, critique que vous acceptez pourtant, mais qui un jour s'en détachera si vous n'y prenez garde ? Ne voyez-vous pas, alors que vous-même donnez le droit à Alain Soral de ne pas être d'accord avec l'idéologie sioniste de l'État juif, que d'assimiler toute critique du sionisme à la « haine du juif » ne pourra que précipiter cette haine ? Ne voyez-vous pas les dangers arriver ? Écoutez-vous : « simplement vous avez un petit problème, que, quand vous attaquez le lobby sioniste il se trouve que beaucoup de gens – et je veux bien vous faire crédit de votre bonne foi – mais beaucoup de gens et beaucoup de gamins dans nos banlieues, ils n'entendent pas 'le lobby sioniste', ils entendent 'les feujs'' ». Donc, une fois de plus, vous le voyez bien, ce ne sont pas que les gamins de banlieue qui font l'amalgame sionistes = juifs : c'est vous en premier Madame Lévy qui englobez dans la même condamnation l'antisionisme et l'antisémitisme. Vous devancez votre crainte, par peur du loup vous criez au loup avant qu'il n'arrive... alors il ne faudra pas s'étonner lorsqu'il viendra. Parce que les gamins de banlieue en auront un jour assez de servir de bouclier à la critique du sionisme. Surtout quand ces gamins de banlieue voient leurs frères prisonniers à Gaza mourir sous les bombes dans l'indifférence de la France.

 

Ce n'est pas l'antisionisme Madame qui est illégitime et condamnable, c'est de ne pas condamner ce sionisme là.

 

 

 

Une dernière chose encore : vous reprochez à Soral et à Dieudonné d'importer le conflit israélo-palestinien en France. Permettez-moi de vous faire deux remarques à ce sujet.

 

Lorsque le Crif s'immisce dans la politique française, est-ce pour demander qu'il y ait plus de synagogues en France ? Qu'il n'y ait pas d'école le samedi matin pour respecter le jour de shabbat ? Comunautarisme que nous dénoncerions comme tous les autres, mais communautarisme interne à la France. Non, le Crif fait essentiellement pression sur la politique extérieure de la France afin d'en faire l'alliée d'Israël qui pour gagner la bataille du sionisme a autant besoin de chars que du silence de l'occident. Même lorsqu'il prétend lutter contre l'antisémitisme en France, c'est encore pour protéger Israël.  Qui importe donc le conflit ?

 

Lorsque vous et vos amis mettez en garde contre toute critique du sionisme – sionisme qui est la racine du conflit israélo-palestinien - par crainte de voir les banlieues s'enflammer contre les juifs, qui importe ce conflit ?

 

Pour interdire toute recherche historique sur la Shoah on a fait une loi. Lorsque la LDJ ratonne, l'affaire est enterrée. Si un journaliste critique un peu trop Israël il est limogé. Parce que le sionisme a besoin de la bienveillance, fut ce-t-elle aveugle, de la France dont la politique étrangère était trop « équilibrée » à son goût, il est entré au cœur même de nos institutions. Cette pression est devenue insupportable; essayez de le comprendre...

 

Pour survivre le sionisme a besoin d'agiter le spectre de l'antisémitisme, et rien ne ravive autant cet antisémitisme que de voir nos représentants politiques faire des courbettes devant M. Prasquier quelques semaines après Gaza. Quand on voit ce même M. Prasquier à Genève lors que la conférence Durban II claquer des mains en appelant nos diplomates à sortir lors du discours du président iranien, on se demande qui tient la barre de notre diplomatie.

 

 

 

Politique intérieure, nous voulons la réconciliation des communautés françaises pour que vive la République. Politique extérieure, nous voulons incarner la troisième voie, être surtout une voix indépendante et libre, pour éviter, dehors comme dedans, le choc des civilisations.

 

Alors ne nous reprochez pas de nous battre contre le sionisme en France. Nous le faisons pour la France.

Et pour les juifs aussi.

 

 

Avec mes respects, Madame.

 

nouvelle_lune

 

 

 

L'entretien avec Soral

 

L'entretien avec Dieudonné

 

 

 

PS : Vous terminez votre débat avec Alain Soral en lui donnant un conseil amical : « intéressez-vous à autre chose, il y a des tas de turpitudes, il y a des tas d'injustices dans le monde, il y a des tas d'horreur, y compris dans notre pays, arrêtez d'être obsédé, arrêtez, arrêtez... »

C'est vrai, il y a des tas de turpitudes, d'injustices et d'horreurs à travers le monde, mais ce qui se passe en Palestine nous touche plus encore, parce que cela dure depuis soixante ans, parce qu'à travers nos gouvernements nous nous sentons complices malgré nous et surtout, surtout, parce que dans nos têtes s'entrechoquent les images des rescapés émaciés de Dachau et des soldats de Tsahal arborant les T-shirts que vous connaissez sans doute, d'Anne Frank et des petites israéliennes qui embrassent les obus, des miradors d'Auschwitz et de la « barrière de sécurité », du juif errant et des bulldozers détruisant les maisons palestiniennes... Ces images s'entrechoquent, et je vous jure, Madame, que ça fait mal.

Alors non, nous ne pouvons pas arrêter tant que ces images seront là.

 

 

Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Sionisme
commenter cet article
5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 19:06

 


 

Lors la conférence de présentation de la liste Dieudonné-Gouasmi-Soral aux élections européennes du 7 juin prochain, en développant sa réponse à la question d'un journaliste, Mr Gouasmi a eu cette phrase à priori mystérieuse : « ...derrière chaque divorce il y a un sionisme... ». Voulait-il dire qu'un des moyen des sionistes pour asservir les nations et les soumettre à leur projet est de les affaiblir, et que cet affaiblissement passe aussi par un avachissement moral des peuples, de ses mœurs, de ses valeurs, de ses traditions, et qu'un des piliers à scier pour effondrer l'édifice est le couple, et son extension la famillle, qu'il faut rendre éphémère pour mieux répondre à la volonté de nomadisme d'un Jacques Attali ?

Peut-être et ce ne serait pas entièrement faux, mais je pense que l'idée de Mr Gouasmi était toute autre.

 

Écoutons d'abord ce qu'il disait au début de sa réponse au journaliste : «  Le sionisme n'est pas humain, il vous enlève votre humanité. ». Puis plus loin, en remettant sa phrase dans son contexte : « Le sionisme, il divise le foyer, il divorce le foyer. A chaque divorce, moi je vous dis, il y a un sionisme derrière, à chaque chose qui divise une nature humaine il y a derrière un sionisme. »

 

Qu'est-ce que le sionisme ? Au-delà de son histoire, et au-delà même de son projet politique, il est d'abord une idée. Et cette idée repose sur une séparation. D'un côté il y a les juifs. De l'autre il y a... le reste du monde. Et ce reste du monde étant hostile il faut un État juif et seulement juif. Peu importe que le judaïsme en premier ait coupé le monde en deux : le peuple élu et les goys. Peu importe que ce qui pouvait être vu comme une mission, la mission d'un peuple éclairé par Dieu à guider les autres peuples vers la Vérité - mission qui implique en premier lieu une droiture exemplaire - ait été dévoyé pour n'en garder que la notion de peuple supérieur : les juifs sont victimes et ne doivent pour bien vivre ne vivre qu'entre eux. Soit. Si c'est ainsi que certains d'entre eux désirent vivre, ce n'est pas à moi de juger. Mais encore aurait-il fallu trouver un lieu sans habitants. L'idée a maintenant plus d'un siècle, et la volonté que cet État prenne naissance en Palestine n'était pas immédiatement évidente. Le premier sionisme était laïc et le Foyer juif aurait pu s'établir n'importe où. Sur une terre sans peuple par exemple. Mais dans la première décennie du XXème siècle, l'idée s'est imposée : parce que Yahvé avait placé la Terre promise en Palestine ce devait être là que serait fondé l'État juif, et tant pis si des populations arabes y vivaient depuis des siècles. A partir de ce moment, dans l'idée sioniste la terre palestinienne est devenue une terre sans peuple : il fallait donc que les arabes qui y étaient deviennent... Rien ! Rien dans l'idée, puis Rien dans la réalité. C'est ce Rien dans l'idée, cette déshumanisation des palestiniens, à proprement parler cette désintégration, qui a rendu plus facile la réalisation de ce Rien dans la réalité. Et le sionisme est ainsi devenu cette idéologie inhumaine qui dénie à celui qui la gêne le simple droit à être.

 

« Derrière chaque divorce il y a un sionisme », nous dit Mr. Gouasmi. Il y a un sionisme. Pas le sionisme. La clé de cette phrase est dans cette distinction : il y a un sionisme, c'est à dire une attitude, une direction de la pensée qui nie l'autre, qui lui ôte son humanité. Derrière chaque divorce il y a une personne, parfois deux même, qui refuse de voir en l'autre quelqu'un dont les sentiments, les valeurs, les besoins ont autant d'importance que les siennes propres. Derrière chaque division il y a quelqu'un dont les actes dérivent d'un « pousse-toi de là que je m'y mette », qui veut soumettre ou écraser l'autre, ou qui l'ignore, autre forme d'écrasement. Dans l'idéologie sioniste la seule valeur sacrée c'est le sionisme lui-même : tous les moyens sont donc bons pour arriver à sa propre fin. Le sionisme ne recherche ni la justice ni la paix; il ne recherche pas la bonne intelligence entre les peuples, le respect de la différence, le dialogue. Il ne se met jamais à la place de l'autre. Il ne le peut pas, car s'y mettre conduirait à se nier lui-même. Il ne cherche même pas à mettre l'autre à sa place, à le phagocyter, ce qui se traduirait par une volonté d'assimiler les arabes par des conversions et des mariages mixtes. Non, cela encore serait contraire à ses fondements. Le peuple juif et lui seul, sans apport extérieur, sans métissage qui ternirait sa pureté. Il ne recherche que la réalisation de lui-même, au mépris de la souffrance et du droit des autres, et en cela il est profondément égoïste. Derrière chaque divorce, chaque division, il y a bien un mépris de l'autre, un refus de l'entendre, une négation de sa souffrance, une incapacité à se mettre à sa place ou même à lui faire une place. Il y a un un égoïsme, pour ne pas dire un égotisme. Et c'est ainsi qu'on peut dire qu'il y a un sionisme. Un sionisme comme métaphore de l'indifférence à l'autre.

 

nouvelle_lune

 

 

Sur l'inexistence du peuple palestinien : link

Repost 0
Published by nouvelle_lune - dans Sionisme
commenter cet article
5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 15:51
A venir ...
Repost 0
Published by nouvelle_lune
commenter cet article

Présentation

  • : Le blog de nouvelle_lune
  • : Réagir à l'actualité et mettre sur le papier toutes les petites pensées pas forcément politiquement correctes qui me trottent dans la tête...
  • Contact

Recherche

Liens