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30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 17:48

                    Ma chémariage.jpegrie, il faut que je te dise... En ces temps de suspicion, et avant que tu fasses ta vie, que tu te maries et que tu sois fidèle, il faut que tu te protèges... Non, je ne te parle pas de capuchon mais bien debouclier.jpeg bouclier. Car vois-tu il arrivera forcément un jour, où parodiant sans le vouloir Zemmour, Dieudonné ou même Frêche, tu auras prêté le flanc à la vindicte, et tes ennemis – puisqu'on en a toujours - décocheront leur unique flèche - dont la pointe pourtant devrait être bien émoussée à force d'avoir servi, mais qui sans cesse est retrempée dans le fiel diabolique de la Discrimination - en s'écriant : « Raciste ! discrimination2.jpegAntisémite ! Homophobe ! ». Alors tu pourras prendre dans la panoplie de tes souvenirs le petit papier le mieux adapté, et leur dire d'une petite voix pointue : «vous vous trompez : je suis déjà sortie avec un noir...». Mais attention, l'exercice est difficile ! Si tu parles de coucherie, tu aggraveras ton cas, tu seras une raciste doublée d'une perverse. Non ! Il te faut l'avoir aimpanier.jpegé, ou tout au moins le faire penser; il ne faudrait pas, pour se prémunir d'une insulte, en subir une autre... Allez, va ma chérie, prends ton petit panier et mets-y : un noir, un blanc, un jaune, un juif et un arabe, ça devrait suffire, pas besoin de faire plus dans le détail, le maghrébidiscrimination.jpegn vaudra pour le moyen-oriental et l'africain couvrira tout l'espace de Rio à Bombay, puis ajoute-y encore, de la couleur que tu préfères - que dis-je ? tu n'en préfères aucune bien sûr ! -, un handicapé, une fille, un vieux et un homo.

- Mais Maman, je fais comment pour sortir avec un homo ?

- Comment le saurais-je ? À moi on me disait juste d'être sage avant le mariage et de choisir quelqu'un qui me ressemble.

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17 janvier 2010 7 17 /01 /janvier /2010 19:55

 

 

doigt.jpgUne fois n'est pas coutume, je vais me confesser... Avec mon doigt, j'ai fait bien des choses et des choalphabet.jpegses pas bien... Ah, je vois votre œil frétiller ! Mmmh... Que croyez-vous ? Que je vais vous parler de ces choses que l'on disait osées et qui ne le sont plus ? Que j'allais dérouler l'alphabet, l'ABC des amuseurs qui vous enjoignent d'aller musarder ailleurs ? Vous parler de Q et de point G ? Allons !... aujourd'hui on en parle dans les salons, on les trouve en couverture de magazines...« Panem et circensem » c'est le pain d'aujourd'hui, votre pain quotidien... Vous ne mangez pas de ce pain là ? Vous le mangerez quand même... et jusqu'à la nausée... Vos pain-enfant.jpgenfants aussi. Ma fille de huit ans peut avec MSN se demander :  « Existe-t-il ? » et venir me poser la question « Maman, c'est quoi ? Maman, c'est vrai ? » Aaargh ! C'était de ces choses dont on ne devait parler... aujourd'hui les sujets interdits ne sont plus de ceux là...  De quoi parles-tu ? Il faut répondre vite, trouver quelque chose... En physique, ma fille, G c'est la constante gravitationnelle, un peu compliqué pour toi, tu verras ça plus tard...Oui, ça doit bien être cela, un point, c'est de la fantome-liberte.jpegphysique, point gravitationnel, on gravite autour, on l'évoque sans le dire... Quoi donc ? Le point G ? Non, non, je m'égare, ça on en parle tout court et tout crû, nul besoin de circonvolutions, d'approches discrètes, de tâtonnements inquiets, non, je parle... De quoi donc déjà ? On n'a pas le droit... ? Ah oui, voilà je me souviens, ma mémoire elle-même fait barrage, sentinelle involontaire, le gardien est en nous... Avez-vous vu le fantôme de la liberté ? Autour de la table ovale, en verre WC.jpegfumé, moderne... Les invités, robe de soirée, soieries et smoking, tous autour assis sur des trônes blancs, ils bavardent, se soucient du monde, de son trop-plein d'âmes et des déjections de leurs corps sur leurs sièges de porcelaine. L'un d'eux se lève, « excusez-moi... ». Il file au petit coin, ferme la porte, s'assied sur une chaise cannée. Devant lui une tablette, un passe-plat. Il ouvre, ramène un plateau, et vite, dans son petit coin, se jette sur une cuisse de poulet... Voilà, on y est donc... le point G, on en parle dans les salons, en page d'accueil de portails banals, il est entré dans notre vie avec tant d'autres mots alors que d'autres en sortaient... Alors existe-t-il ? Je vous vois impatients... « De quoi parle-t-elle enfin !? » Mais de Dieu pardi ! Et je vous entends déjà déçus... « C'est tout ? ». Ce n'est pas un sujet palpitant ça ? Ah si, quand même... Encore un peu, encore parfois, et pas encore interdit... C'est que, voyez-vous, ce n'est pas à cela que je pensais lorsque j'ai fait ce petit geste pas bien... Et c'est même pour cela que ce n'était pas bien... Parce que je savais... Melting pot... Fusion, et confusion... C'était écrit... « Mgr Williamson », alors j'aurais dû crotte.jpegfermer, zapper, penser à autre chose... On me met une crotte sous le nez, je devrais passer mon chemin, le nez en l'air et l'air dédaigneux, mais que voulez-vous, c'est plus fort que moi, cette crotte, je la regarde, je la hume, je la retourne, je voudrais l'ouvrir, la disséquer..., je pose mon doigt dessus, je veux savoir si c'est chaud, si ça pique, si ça va me sauter à la figure... Alors, avec ce doigt qui fait des choses pas bien, avec ce doigt qui gratouille et qui farfouille... j'ai cliqué, puis avec mes oreilles j'ai écouté, et... aaargh... comment vous dire, il n'a pas beaucoup parlé de ce dont vous ne savez pas, enfin pas vraiment... il a surtout parlé de Dieu, d'espérance et de transcendance, de foi et de raison, d'un grand homme-d-eglise.jpegF et d'un petit R, d'intelligence, de repentance et de pardon, et j'en étais comme étonnée, parce qu'à force d'entendre « révisionniste ! » on oublie qu'il est d'abord un homme d'église, même s'il n'est plus un homme de l'Église, parce qu'il est décidément sacrément rebelle, il veut tout réviser et ne rien reconnaître, la mort des juifs et la mort des chrétiens, l'Holocauste et Vatican II, mort physique et mort spirituelle, le début d'une religion et la fin d'une autre... Et de celle là qu'il se refuse à laisser mourir, il en parle sacrément bien, le Monseigneur qu'on ne devrait pas écouter... Mais compot pourriment faire puisqu'il parle si bien... Alors cette petite crotte, elle sent..., oserai-je le dire ? Je ne sais pas, je ne sais plus... Table ovale ou petit coin ? Quelle est sa place? Quelle est la mienne lorsque je vous dis ça ? Que cette petite crotte, ce pot pourri... il sentait très bon.

 

 

 

Et pour ceux dont le doigt...

 


Pierre Panet / mgr williamson

 

 

Le renversement des mœurs selon Bunuel :

 

 

 

 

 

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15 janvier 2010 5 15 /01 /janvier /2010 10:40

A l'heure calme où les bébés dorment et les vieux aussi, je rencontrai une amie. Elle avait le visage las :

 

coquetier-poule.jpeg- Ce matin, me dit-elle, j'étais à Gifi, le magasin était rempli d'humains et je les regardais. Ils étaient tous là, à baver devant le BEL OBJET PAS CHER, tous là en grands troupeaux bruyants : les mecs en survêt' de nylon qui traînent un peu derrière, la grand-mère qui hoche la tête en calculant, les mômeslampe-verroterie.jpeg qui courent partout et veulent tout, et les femmes, mi-sport mi-toc, jacassantes et excitées, qui prennent, retournent, jaugent et comparent; tous ils cherchaient l'objet pas cher, le bel objet, coquetier à carreaux rouges et blancs en forme de poule, incarnation sublimée et nostalgique de la maison de famille, dessous de plat en bambou, rêve paradoxal dans ce fouillis d'un intérieur minimaliste, repos de l'âme et de la vue, zen ou feng-shui, feng-shui.jpegqu'importe, ce qui compte c'est l'image d'un ailleurs épuré, petite lampe en verroterie colorée de Bohème qui illuminera de son clinquant le T3 devenu caverne d'Ali Baba, tabouret tam-tam tacheté façon guépard, et on se voit là-bas dansant dans la chaleur encorecaverne-ali-baba.jpeg touffue de la nuit, ravivée par le feu qui éloigne les peurs et unit les hommes, on s'asseyera dessus pour regarder tous ensemble la télé et on s'y croira presque... La télé ! Tu parles d'un feu pour éloigner les peurs et unir les hommes... Ah non, ils n'auront pas perdu leur temps ce samedi là : le temps était maussade et ils auront tam-tam-copie-1voyagé ainsi aux quatre coins du monde, ramenant chez eux des miettes disparates de ces lieux qu'ils ne connaîtront jamais. Tam-tam africain fait en Chine et coquetier provençal au Maroc, qu'importe le vrai pourvu qu'on united-colors.jpegait l'ivresse ! Ils étaient tous là... Et des quatre coins du monde, ils en venaient pourtant : des noirs, des arabes, des métis, des pâlots, des jaunes et des rougeauds, mais ils étaient tous PAREILS... Tous pareils avec leurs grands yeux qui cherchaient le BEL OBJET PAS CHER...

 

Elle marqua une pause pour mieux raviver le sentiment éprouvé qui l'avait conduit à cette vision étonnante et dont elle mesurait alors l'effet, avant d'avouer comme l'enfant qui a vu que le roi était nu :

 

gris-en-volutes.jpeg

- ... Ils étaient tous GRIS !


Et ce disant, elle eu ce geste si symptomatique chez elle, de la main qui partant du menton décrit un arc de cercle pour finir tendue, paume en avant en forme de supplique, le menton accompagnant le mouvement vers l'avant du corps qui tout entier se tend pour finir immobile, comme pour mieux marquer l'arrêt de la pensée qui elle aussi ne trouve pas d'issue...

 

- Gris ?

- Oui, vas-y voir, vas-y demain, demain ou n'importe quand, ils seront encore là, ce ne seront pas les mêmes mais ils seront toujours pareils...

 

Son regard était triste soudain, mais j'eus pourtant envie de la taquiner :

 

- Et toi, que faisais-tu à Gifi ?

- Moi ?

 

Son corps s'amollit alors, et elle... rougit :

united-colors2-gris.jpeg

 

- Eh bien, je cherchais...

- Un bel objet pas cher ? lui demandai-je avec un petit sourire. 

 

Sa peau grisailla, un peu, très peu, et soudain elle éclata de rire :

 

- Que veux-tu... je fais moi aussi partie des United colors !

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26 novembre 2009 4 26 /11 /novembre /2009 19:00

Il y a quelques jours on apprenait que selon l’enquête annuelle du cabinet Price Waterhouse Coopers la France, sur le plan de la pression fiscale des entreprises, restait en queue de peloton, occupant le 165ème rang sur 183. Selon cette étude qui a été réalisée pour le compte de la Banque mondiale (je croyais que le but de la BM c'était « d'œuvrer pour un monde sans pauvreté » - c'est pas moi qui le dis c'est sur la bannière de leur site – et pas d'organiser la course au libéralisme), les impôts, les taxes et les cotisations sociales patronales absorbent 65,8% du bénéfice avant prélèvements. Alors je vais chercher le document sur le net et je regarde le « score » d'un pays que je connais bien, la Suisse : 37ème ! Ah oui, belle place que doit envier la France ! Pourtant, en Suisse, le coût global du travail n'est pas inférieur à celui de la France car les salaires sont plus élevés et heureusement, parce qu'il n'y pas de Sécurité Sociale et que les assurances maladies sont privées et chères. Le coût pour l'entreprise n'est donc pas moindre.  Quelle malhonnêteté ! Parce que mettre dans le même paquet appelé « prélèvements » les impôts et les cotisations sociales sans parler ni des salaires ni de l'utilisation de l'argent prélevé, c'est comme dire qu'un chewing-gum sans sucre c'est mieux qu'un bol de riz parce que ça fait moins grossir, sans jamais parler des apports nutritifs de l'un et de l'autre... et on s'étonnera ensuite, quand le pauvre gosse, nourri au chewing-gum par une mère naïve et trop confiante, aura crevé !


Alors, pourquoi faire ces classements ? Pour stigmatiser les États qui jouent encore un peu leur rôle - à savoir protéger les plus faibles de la guerre du tous contre tous - ceux qui n'ont pas encore adopté suffisamment le credo de la Banque mondiale et du FMI, véritables torpilles du libéralisme qui veulent l'imposer au monde de gré ou de force. De force par le chantage au prêt dans les pays pauvres, et de gré dans les pays riches et « démocrates » par la propagande !

 

À côté de cela on apprenait que le gonflement de la dette des États est tel que ça pourrait bien être la prochaine bulle. Selon l'OCDE, les 30 pays les plus avancés du globe verront leur dette grimper jusqu'à 100% de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans. Le Japon verra sa dette publique flirter avec les 200% de son PIB, suivi par l'Italie (127,3%). Dubaï est déjà en cessation de payement. Au niveau mondial, la dette publique a gonflé de près de 45% entre 2007 et 2010, soit une hausse de 15.300 milliards de dollars qui représente plus de 100 fois le coût du Plan Marshall lancé après-guerre par les États-Unis pour aider à la reconstruction de l'Europe !

 

Malgré la méthode Coué, méthode favorite de Madame Lagarde, plus personne n'ose vraiment croire à un retour suffisant de la croissance pour combler les trous. Laisser filer – doucement - l'inflation qui permet de résorber les dettes est une politique que ne peuvent évidemment pas accepter ceux qui détiennent le capital - en gros les banques - ni ceux qui nous gouvernent puisque ce sont les mêmes.

 

Écoutons donc leurs porte-voix : « si les marchés venaient à douter de la capacité de remboursement des États développés, ils pourraient se détourner de leurs titres publics et assécher leur circuit d'approvisionnement en argent frais" nous dit l'un et "si la dette continue à grimper, on peut très bien imaginer qu'un pays ait du mal à se financer", nous dit l'autre. "Un cercle vicieux pourrait s'enclencher, contraints de relever les intérêts qu'ils payent à leurs créanciers, les États verraient la charge de la dette s'alourdir et pourraient s'endetter de nouveau pour y faire face, c'est cela qui rend la dette explosive" nous met en garde un troisième... Un quatrième nous montre la voie : "l'heure est aujourd'hui à rassurer les marchés en indiquant à l'avance les réductions de dépenses publiques et augmentations d'impôts que les États envisagent à l'avenir".

Réductions de dépenses et augmentations d'impôts pour payer quoi ? La dette ? Même pas... Les intérêts de la dette !

Et rassurer les marchés !

Tout est dit. Pour ceux qui n'auraient pas encore vu clair, disons-le donc plus clairement encore : les États sont entre les mains du Marché.

Ce même Marché qui via la Banque Mondiale distribue les bons points aux États qui taxent peu les entreprises. Alors, qui va subir les « augmentations d'impôts que les États envisagent à l'avenir », en plus de subir les réductions des dépenses publiques ? Qui à votre avis ? Vous et moi. J'ai beau me retourner, regarder à gauche, regarder à droite, je ne vois personne d'autre. Il ne reste que vous et moi. Et pour être sûr que ni vous ni moi ne pourrons y échapper en se délocalisant (des fois qu'il nous prendrait l'idée de faire comme eux !), la taxe sera mondiale. Et verte.

Alors que la seule solution est d'ôter aux banques le pouvoir illégitime que des traîtres d'État leur ont donné, à savoir celui de créer la monnaie et d'en tirer profit par l'usure, 392458 moutons ont déjà signé l'Ultimatum Climatique pour sauver la planète...

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 21:04
Dans mon souvenir, la RDA était un pays en noir et blanc...  Déjà les images qu'on nous montrait nous imprégnaient fortement... et la RFA avait fait entrer la couleur et la lumière dans la grisaille d'une prison...

Vingt ans après ils sont tous là pour le grand show : Merkel, Brown, Sarkozy bien sûr qui, ému, revient sur ses propres pas et vibre au souvenir de sa jeunesse (quoi de plus émouvant pour Narcisse ?), Obama sur un écran et même Medvedev... Que fêtent-ils réellement ? Officiellement, la réunification de l'Allemagne. Ré-unification. Unification. Rendre Un. Union. Dans une union, il y a A et il y a B qui en se fondant l'un dans l'autre donnent un AB.

Cet AB quel est-il ?





- Il peut être une émulsion : A et B se mélangent imparfaitement, ils se combinent grossièrement pour donner un AB à la texture nouvelle.
- Il peut être une solution : B s'étant solubilisé en A semble avoir disparu et pourtant va donner à A une partie de son caractère, en modifier la couleur, le goût ou diverses propriétés.
- Il peut aussi être un C, c'est à dire le résultat d'une réaction si intime qu'il n'y a plus ni A ni B mais une nouvelle entité.


Alors de quelle union, ré-union, fêtent-ils tous l'avènement ? Aucune de toutes celles-là : ils fêtent l'absorption de B par A. Ce n'est pas tout à fait la même chose, et s'ils étaient honnêtes ils diraient les choses comme elles sont, au lieu de donner l'illusion que tout le monde a gagné parce que le Bien a vaincu le Mal, parce que l'Amitié et la Fraternité ont vaincu la Division. S'ils étaient honnêtes, ils fêteraient la fin d'une guerre qui, même froide, s'est terminée comme chaque guerre par la victoire de l'un et la défaite de l'autre : ici victoire, pas même de l'Ouest sur l'Est, mais victoire du libéralisme sur le socialisme. Et ce n'est pas parce que Mme Merkel vient de la RDA que mes propos sont démentis, au contraire, au moment où celle-ci s'allie avec les libéraux, c'est le signe que c'est bien une victoire non pas d'un lieu géographique sur un autre mais d'une idéologie sur une autre.



Alors que la crise fait gronder les peuples qui pourraient recommencer à rêver d'équité et de justice sociale, il importait de rappeler à grands flonflons de quel côté étaient la Liberté, la Démocratie et les Droits de l'Homme, tous ces grands mots qui mieux qu'un mur enferment au plus profond de la tête de chaque citoyen-téléspectateur toute velléité de révolte.
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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 16:53

 

Je suis tombée par hasard sur un reportage consacré à la vie de souffre-douleur d'un enfant surdoué de treize ans. Diplômé de Microsoft, G. suit des études normales dans un collège où il subit plus que de simples moqueries : on l'immobilise sous une chaise pendant qu'on dessine une croix gammée dans son dos, on le coince dans une poubelle, on maintient sa tête dans la cuvette des WC pendant qu'on tire la chasse d'eau, et il recevra même un jour un coup de cutter dans le dos qui déchirera sa veste... Sa veste : voilà, outre son intelligence supérieure, le corps du délit ! C'est que G. n'a pas le look des jeunes de son quartier qu'on devine populaire : il porte costume, chemise et cravate...

Je passerai outre le titre stupide donné à cette vidéo par celui qui l'a postée sur Dailymotion pour m'arrêter sur la réaction de la directrice du collège que notre ami a finalement quitté.

 

 

Extrait du reportage :

 


Pourquoi un tel acharnement ? Nous avons posé la question à la directrice du collège. Pour elle G. est en partie responsable, à cause de son look :


"Il a souffert de sa différence mais il n'a rien fait pour... heu... attendez... si vous connaissez des adolescents de treize, quatorze ans, chez moi ils arrivent en tennis, en basket, en sweat, hein, et je veux dire que... lui aussi il n'a pas fait d'efforts..."

 

Or donc nous y voilà ! Cette brave dame de l'Éducation Nationale, qui certainement comme la plupart de ses collègues encourage la diversité, la tolérance et le droit à la différence, arrête sa réflexion sur le Droit d'être Soi dès que celui-ci n'est plus le fait d'un phénotype ou d'une religion, mais provient d'un choix, de l'expression d'une identité qui n'est portée par aucun groupe en particulier, d'un individualisme qui doit lui paraître forcené. Et là, que nous dit-elle ? Elle nous dit que cet individu n'a rien fait pour gommer sa différence, qu'il aurait dû venir en basket et en sweat, qu'il n'a pas fait l'effort de se fondre dans la masse, de mélanger son moi à celui des autres en adoptant leurs tenues et leurs codes. En ne se dépouillant pas de ce qui est lui pour revêtir les guenilles des autres, il n'a pas opéré la mue salvatrice qui lui aurait permis, en se recouvrant des habits de l'in-différence, de passer inaperçu et ne pas être une victime. Il n'a, littéralement, pas voulu se défroquer. Elle nous dit que cet in-dividu qui a refusé de se diviser, telle la cellule qui perd une partie de son code génétique pendant la méiose pour pouvoir fusionner avec celui d'une autre, porte sa faute et mérite sa peine pour avoir voulu rester entièrement lui-même. En conservant cette enveloppe extérieure qui est plus qu'un simple apparat mais bien l'image de son moi, son moi tel qu'il est et tel qu'il voudrait être accepté, il a transgressé la loi du groupe. Ce moi, il n'a pas voulu le travestir, le recouvrir, le mélanger à du non-moi : en conservant son look, il a voulu imposer sa différence. Alors, en fin de compte et sans s'en rendre compte, que lui reproche donc cette brave directrice ? En un mot, de ne pas s'être métissé.

Un jour, cet antiracisme qui finalement n'aime pas la diversité atteindra le bout de sa logique et l'on entendra les bien-pensants fustiger les parents des trop blancs ou des trop noirs qui n'ont pas pensé pour le bien de leur progéniture à mêler dans le sang de leurs enfants un peu de l'Autre, afin qu'ils ne soient pas si ostensiblement le reflet d'eux-mêmes et si ostensiblement différents.

 

 

Le reportage :

 

 

 

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 09:46

 

Attentats en Irak, au Pakistan ou ailleurs, les nouvelles égrènent leur lot d'horreurs face auxquelles nous sommes à la longue presque anesthésiés. Et d'un œil blasé, je lis... « A Islamabad, Hillary Clinton a aussitôt condamné les "attentats cruels et brutaux", tout en soulignant que "le Pakistan n'est pas seul face au terrorisme", puis que « Hillary Clinton commence ainsi sous de sanglants auspices une visite de trois jours au Pakistan, affichant l'espoir de "renforcer" les relations de Washington avec cet allié crucial contre l'extrémisme islamiste », plus loin encore, que « le Pakistan, dont les zones tribales servent de refuge aux talibans afghans alliés d'al-Qaïda, est essentiel dans la stratégie de l'administration Obama pour tenter de protéger les États-Unis de l'extrémisme islamiste.». Et là mon œil s'ouvre, ma conscience se ravive, et je relis : « protéger les États-Unis contre l'extrémisme islamiste » Ai-je bien lu ??? Où et comment les États-Unis sont-ils menacés par l'extrémisme islamiste ? Est-ce que je vois des cavaliers du Jihad déferler sur les terres de l'oncle Sam ? Non, je ne vois que des GI's débouler sur les terres d'Islam... Est-ce que je vois des minarets s'élever dans le ciel de la Ruée vers l'Ouest ? Non, je ne vois que des canons américains pointer à l'Est d'Eden... Est-ce que je vois une invasion de femmes en burqa s'abattant dans les Mall comme les sauterelles sur l'Égypte antique ? Non, je ne vois que Mickey s'invitant au pays de l'Or Noir... Alors, alors ? Où et comment les États-Unis sont-ils menacés par l'extrémisme islamique ? Aaaahhh... Bien sûr, j'oubliais, et je vous vois venir me traitant d'amnésique avec un œil courroucé : le 11 septembre ! Bien sûr, le 11 septembre avec ses terribles islamistes mettant à genoux l'Amérique, sa Défense aérienne, ses Services de Renseignements, et même tout son système de vidéo-radar-surveillance autour du Pentagone ... Qu'ils sont forts effectivement ! Peu nombreux - 19 tout de même et autant de cutters - mais redoutables... Diantre ! Huit ans après on s'en souvient encore, et Hillary, femme du président qui vendit l'Amérique aux banques, a bien raison de craindre l'Islam et de battre le sable de la planète du bout de ses semelles pour aller porter son message : « Haro sur les barbus, sus au halal, sa finance et sa croyance ! » Mais Madame Clinton, la meilleure façon de protéger l'Amérique c'est de rappeler vos chiens, vos troupes, vos troupeaux et les moutons qui les suivent, de rentrer chez vous, en Amérique, et de vous occuper de vos finances, de vos croyances et de votre peuple qui en a bien besoin.

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 10:32

L'histoire a-t-elle un sens ? C'était la question posée hier au café-philo auquel je participais. L'intervenant nous faisait remarquer que toutes les grandes idéologies ont pensé l'accomplissement de l'humanité, et les porteurs de ces idéologies, mus par la grandeur de leur finalité, pensant que la fin justifiait les moyens, ont ensemencé les totalitarismes qui ont suivi, dévoyant ainsi la finalité même qui les avait justifié et permettant l'avènement d'une classe prédatrice. Comment dès lors imaginer qu'il soit possible d'arriver à une société idéale sans ce dévoiement ? Il cherchait la solution vers une forme de démocratie améliorée... Le temps manquait et les débats furent courts. Je continuais donc seule la réflexion...

 

L'histoire a-t-elle un sens ? Les trois religions monothéistes l'affirment. Nous allons vers un âge d'or, quel qu'il soit et quel que soit le chemin chaotique qui y mène, Apocalypse, venue de Mahdi, du Messie, Royaume de Dieu. Nous y allons individuellement, pour ceux qui le méritent et au travers de la mort, et nous y allons collectivement en suivant bon gré, mal gré, la Révélation du Livre. Les grandes idéologies du XXème siècle ont imaginé des formes de société qui se voulaient, dans l'esprit de leurs concepteurs, parfaites. On touchait donc à la fin de l'Histoire et le Royaume de Dieu serait sur terre.

 

Aujourd'hui, les différents fascismes ont été combattus, le communisme soviétique est tombé avec le mur, le communisme chinois est grignoté par le capitalisme. Que reste-t-il ? Les philosophies orientales n'ont pas cette prétention à l'universalité d'une direction, et l'islamisme n'est que la réaffirmation de la prépondérance du religieux par une des religion du Livre. Rien de nouveau. Quelle est donc la nouvelle idéologie qui pense aller dans le sens inéluctable de l'Histoire ? Car là est bien la question et le problème, celle du sens inéluctable qui porte ainsi, dans l'affirmation que ce sens existe, un totalitarisme. Et la réponse est évidente : le mondialisme.

 

Au tournant du XVIIIème siècle les hommes ont crû au Progrès. Cette foi allait remplacer celle de Dieu : c'est le Progrès qui allait permettre l'établissement d'un monde parfait. Mais deux siècles plus tard, le doute s'installe : on a vu la bombe, les pollutions chimiques, certains parlent de réchauffement climatique, on se demande si le Progrès amène véritablement au bonheur... Les hippies ont voulu retourner à la nature, les écologistes parlent de décroissance, tous ou presque craignent la démographie galopante et l'inversion de la pyramide des âges permise par l'amélioration des conditions de vie... Et pourtant c'est bien encore par le Progrès que s'impose le mondialisme. Progrès technologiques qui ont rapproché les hommes, fait du monde un village, donné le sentiment d'une humanité perdue seule sur son petit vaisseau spatial qui a pour nom Terre. Cette humanité doit donc se serrer les coudes et ne faire qu'une pour perdurer. C'est la mondialisation créée par les différents moyens de transports, physiques ou informatiques, qui ont permis que s'impose comme inéluctable le mondialisme, qui l'a imposé comme étant LE sens de l'Histoire. Et comme on ne peut aller ailleurs que dans le sens de l'Histoire, cette nouvelle idéologie, comme les autres, porte en elle son totalitarisme. Ça doit se faire. Et pour la faire on utilisera tous les moyens mis à sa disposition par le Progrès, ce qui en fait la plus redoutable des idéologies que l'humanité a connues. Perversion de la démocratie par la propagande, utilisation de l'informatique, des puces au besoin, manipulation des masses facilitée par les médias, surveillances de toutes sortes, à l'insu même des surveillés, transferts rapides des capitaux, complexité telle du système financier qu'il en devient obscur, traçabilité des biens mais aussi des gens... Cacher ce que l'on veut cacher, dévoiler, voire éclairer au projecteur ce que l'on veut utiliser pour éblouir et aveugler les peuples, déformer et embrigader, tout devient possible, et tout le devient à grande échelle.

 

Idéologie du mondialisme légitimé par la mondialisation permise elle-même par le Progrès et idéologie du mondialisme utilisant les instruments issus de ce Progrès pour sa réalisation. La boucle est bouclée, et si bien bouclée qu'elle peut faire maintenant le tour du monde et l'enserrer sans laisser d'échappatoire...

 

Sans laisser d'échappatoire. C'est là ce qui en fait la plus terrible des idéologies. Un dissident de l'Est pouvait, au risque de sa peau il est vrai, passer à l'Ouest. Des juifs, des communistes ont pu fuir l'Allemagne nazie. Les chiliens sous Pinochet sont arrivés en masse en Europe, les anticastristes se sont réfugiés aux USA qui leur ont ouvert les bras, et le « monde libre » n'attend que d'ouvrir les siens aux iraniens fuyant les mollahs. Le Dalaï Lama a établi un gouvernement en exil en Inde, Victor Hugo s'est installé à Guernesey, ceux qui voient leur compte fermé sur Dailymotion peuvent aller sur Rutube et Thierry Meyssan vit au Liban. Mais lorsque le totalitarisme en germe dans l'idéologie mondialiste se sera imposé, où iront les dissidents, d'où pourront-ils parler ? Ce n'est pas la mondialisation technologique qui réduit le monde, c'est l'idéologie mondialiste qui en le faisant Un au nom du Sens de l'Histoire fait disparaître tous les ailleurs et tous les autrement.

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23 juin 2009 2 23 /06 /juin /2009 12:26

 

 

 

 

Le récente initiative visant à l'interdiction du port de la burqa dans l'espace publique pose une fois de plus la question de la frontière entre liberté individuelle et communautarisme. Les uns voyant dans cette interdiction une ingérence de l'État dans la sphère privée, les autres un rempart contre le communautarisme.

 

Si je décide de me promener avec un entonnoir sur la tête, 98% des personnes croisées penseront que je suis folle, 1% que j'ai fait un pari ou écopé d'un gage à la suite d'une quelconque fête étudiante, et 1% encore - les anciens lecteurs de Charlie Hebdo du temps où il était encore drôle et subversif - que je marque ainsi mon attachement à la secte des nostalgiques de Michel Debré. De même si un homme déambule avec la Google jacket, une grande majorité de passants vont se retourner se demandant si les martiens n'ont pas débarqué, quelques uns auront peur du mauvais coup que forcément prépare un homme qui se cache ainsi, et une petite poignée sauront qu'ils viennent de croiser là un adepte de la marque britannique Carter. L'habit ne fait pas le moine et pourtant chacun va analyser selon son propre schéma et ses propres connaissances l'accoutrement de celui qui sort de l'ordinaire. Certains y verront un choix personnel qui n'affirme rien d'autre que le désir de se montrer sous cette forme là, d'autres y verront la revendication à une appartenance identitaire, voire une provocation contre la république : leur apparence sera chargée de sens alors que d'autres ne le seront pas.

 

Alors, on peut se poser la question : être républicain est-ce forcer chacun à se fondre dans la foule ? Est-ce exiger une uniformisation qui gomme les différences par la crainte que telle ou telle particularité ne soit pas un choix individuel mais le signe d'une appartenance à un groupe ? Ce signe est-il incompatible avec l'idéal républicain, faisant ainsi de la Chine du costume Mao la meilleure des républiques ? Ou la diversité est-elle acceptable, mais à la seule condition d'être tellement multiple que chacun n'est plus qu'un pixel qui se fond et se confond dans la nuance résultante ? Est-elle acceptable qu'à la condition qu'elle ne représente rien, et dans le nombre et dans le sens ?

 

En cette époque de mise en avant de l'hédonisme, du culte du soi, des coaching en tous genres pour l'épanouissement personnel, où la nécessité la plus grande semble être sa propre réalisation, il est étonnant de voir ressurgir périodiquement ces soubresauts craintifs à destination de ceux-ci mais pas de ceux-là, comme s'il fallait soudain se prémunir d'on ne sait quelle fronde : soyez vous-mêmes, mais ne soyez que vous-mêmes, petits individus isolés et donc inoffensifs. Toute représentation d'appartenance à certains groupes devient dangereux : l'union fait la force, restez donc seuls. L'on sait bien pourtant que les membres des groupes les plus puissants ne s'affichent pas en tant que tels : avez-vous déjà vu les adeptes de certaines sociétés secrètes influentes sortir avec leur burqa ?

 

Il y a donc les communautés dont le pouvoir réside justement dans leur discrétion et dans la difficulté qu'il y a à y entrer. Et il y a les communautés dont on craint l'expansion par une trop grande visibilité qui ferait tache d'huile. Le problème n'est donc pas d'appartenir à une communauté, mais de le montrer : certains ne le veulent pas alors qu'il serait pourtant souhaitable au nom même de la république qu'ils le fassent, d'autres le veulent et en ont le droit, d'autres ne l'auront pas. Nous sommes dans le règne de la République hypocrite : on peut être mais il ne faut point paraître si ce paraître là ne sied pas à l'humeur ambiante. Montrer son appartenance à la communauté homosexuelle ce n'est pas du communautarisme et je suis d'accord avec cela. Pourtant voir des hommes qui s'embrassent dans la rue ça ne fait pas partie de nos traditions – voir un couple hétéro faire de même l'est à peine plus ! On nous a demandé de nous adapter, d'habituer nos yeux et nos esprits. Alors pourquoi ne nous demande-t-on pas la même chose pour la burqa ? Parce que le problème en vérité ce n'est pas le communautarisme. Le problème c'est qu'on veut nous faire accepter certaines orientations de notre société et nous en faire refuser d'autres. C'est qu'on veut bien malmener nos traditions à condition que ce soit pour aller dans un sens et pas dans un autre. Et ce sens ce n'est pas celui du respect de notre tradition « européenne, blanche et de tradition judéo-helleno-chrétienne ». C'est celle du grand mouvement vers l'accomplissement d'un monde libéral-libertaire qui ne sera régi que par la loi du marché, lui-même piloté par la publicité.

 

La République c'est la soumission de tous à une même loi. Encore faut-il que chacun y soit soumis de la même manière et qu'on ne fasse pas de lois particulières visant tel ou tel groupe parce qu'il dérange ceux qui ont le pouvoir de rédiger ces lois. Lutter contre le communautarisme ce n'est pas lutter contre les communautés : c'est refuser que des communautés soumettent les autres à leurs lois ou qu'elles s'extraient de la loi commune. Demander des horaires de non-mixité aux piscines municipales c'est imposer aux hommes de ne pouvoir s'y rendre alors que ces piscines sont publiques et donc par essence au service de tous. Mais porter une burqa ne contrevient à aucune loi commune, et il serait quand même bien loin de l'esprit républicain de créer une loi particulière pour certains au prétexte de lutter contre les communautarismes, c'est à dire de lutter contre ceux qui voudraient imposer aux autres des lois particulières !

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 16:36

 

 

Ainsi donc Monsieur Gérin, député-maire PCF de Vénissieux, n'a pas eu de meilleure idée en ces temps de crise, d'augmentation du chômage et de la précarité que de trouver urgent la formation d'une commission d'enquête sur le port de la burqa. Il est vrai que depuis Gayssot et sa fameuse loi, les communistes ne semblent plus vraiment inspirés par la défense des travailleurs et des couches les plus défavorisées de la société et qu'ils semblent plus soucieux de régimenter nos opinions et leurs expressions. Parce que porter la burqa c'est aussi exprimer publiquement ses valeurs, ses croyances et son mode de pensée. De tout ce qui faisait le côté respectable du communisme, la volonté d'un meilleur partage des richesses, il ne reste rien. N'a survécu que l'esprit policier – inhérent hélas à tout système économique qui veut brider la liberté de chacun d'exercer sa loi lorsque celle-ci est celle du plus fort – qui a rendu si détestable pour certains l'expérience soviétique. Le fond s'est vidé de sa substance et il ne reste que la forme : contrôler et règlementer.

 

Donc je disais, Monsieur Gérin, suivi avec enthousiasme par nos politiciens de tous bords, songe à faire interdire le port de la burqa. Au motif que une serait une injure envers les femmes et une « une atteinte aux libertés individuelles ». Ah, ah ! Que voilà un bel et bon argument ! C'est quand même mieux que de dire que cela choque le sentiment de notre identité nationale. Il ne voudrait pas paraître raciste le sieur Gérin, ne plus aimer la « diversité » lorsqu'elle revendique d'autres valeurs que celles de notre société libertaire. Alors pour que la diversité ne paraisse pas trop diverse, il aurait fallu qu'on veuille l'assimiler au lieu de faire l'éloge de la différence. Maintenant il est trop tard. Vous vouliez la tolérance ? Le respect des cultures allogènes ? Eh bien vous les avez : prenez-les entièrement et sans trier.

 

Moi, je préférais le temps de l'assimilation républicaine. Pas que je pense que les valeurs et le mode de vie français soient intrinsèquement mieux que les autres, mais parce qu'on ne peut bien vivre ensemble que sur un minimum de bases communes. Mais comme dans le même temps que pour répondre aux souhaits de Bouygues et de ses confrères on laissait entrer massivement une immigration venue des quatre horizons qui avec le regroupement familial ne cherchait plus à se fondre dans la communauté nationale mais bien plutôt à se regrouper autour de leur identité propre, dans le même temps disais-je donc, et toujours pour plaire à ces mêmes qui vivent de la société marchande, on abandonnait nos propre traditions et nos valeurs issues pour la plupart de la chrétienté afin de faire de chacun d'entre nous un bon consommateur obnubilé par son moi-je, les valeurs communes se réduisant à la valeur individuelle du « je le vaux bien », il ne faut pas se lamenter de ce que les nouveaux arrivants ne troquent plus leur spiritualité contre le vide de la nôtre. Et ne pas s'étonner non plus que sous la burqa se cachent même des françaises « de souche » qui ont choisi l'assimilation inversée.

 

Monsieur Gérin juge donc cette tenue dégradante. Eh bien moi, voyez-vous c'est bien plutôt certains défilés dont je trouve les accoutrements dégradants, certaines couvertures de magazines à la portée des yeux de tous, y compris des plus jeunes, et bien des images qui envahissent nos écrans. Mais un long voile noir je ne trouve pas cela dégradant. Tout au plus je regrette de ne pas voir le visage de celle que je croise, mais c'est si rare que lorsque cela arrive je me retourne encore... Gageons qu'avec sa commission, Monsieur Gérin va les faire pousser comme fleurissent les crocus qui dormaient sous la neige et se réveillent tout excités par les rayons du soleil. Mais n'est-ce pas justement cela que veulent nos démocrates outrés ? Que fleurissent les voiles noirs pour réveiller par contre-coup nos identités endormies ? Non, non, rassurez-vous, pas nos identités enracinées, freins à l'homme nomade rêvé par Attali, juste un sentiment de surface suffisant pour provoquer le rejet. Des voiles noirs pour nous faire peur. Des voiles noirs comme des épouvantails. Pauvres pigeons que nous sommes qui allons nous laisser prendre en toute bonne foi à cette mascarade, la laïcité dans une main et la féminisme dans l'autre pour repousser cet Islam diabolisé depuis qu'on nous promet – ou que l'on promeut ? - le choc des civilisations. Au moment où l'Iran a réélu celui que plein d'espoir l'Occident avait crû fini – la présidente de Ni putes ni soumises, Sihem Habchi, ne s'est d'ailleurs pas trompée, elle a bien joué son rôle de bon petit soldat de l'Empire, lorsqu'elle a immédiatement réagi en disant que «  la France a une responsabilité face aux femmes qui sont en train de se battre en Iran pour leurs droits" - , au moment où Obama tente la politique de la main tendue pour attirer les iraniens dans le « camp du Bien » en prenant appui sur les opposants, voire en favorisant leur agitation, il est difficile de croire que cette soudaine stigmatisation pour un voile qui ne faisait pas de bruit ne soit pas une pièce du grand puzzle en train de se mettre en place, au nom des Droits de l'Homme, au nom du Droit des femmes, pour nous faire avaler l'impérieuse nécessité qu'il y aurait à exercer notre auto-proclamé Droit d'ingérence en Iran.

 

 

 

Cachons la burqa qui cache le nez des musulmanes ?

Certainement pas ! Montrons-le ! Agitons-le ! Faisons en un emblème !

Mais ne nous voilons pas la face : le combat contre la burqa est le cache-nez pudique et bien-pensant des va-t-en-guerre qui nous gouvernent.

 

 

 

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