Samedi 28 avril 2012 6 28 /04 /Avr /2012 20:11

miss-black-france.jpgCe samedi soir se tient la première édition de "Miss Black France". Il s’agit, nous dit-on, de mettre la «beauté black» à l’honneur. Mais Frédéric Royer, organisateur de l’événement, nous rassure immédiatement : «On n'a jamais dit que les candidates blanches étaient exclues. Si une femme blanche se présente l'année prochaine, on ne pourra pas la refuser.» Mais Frédéric Royer ne nous dit pas, dans le cas où une femme blanche aurait l’idée saugrenue de s’inscrire à un concours si explicitement communautariste, si elle aura une chance de gagner... Puisqu’il s’agit de «mettre la beauté black à l’honneur», on peut en douter. Monsieur Royer, en affirmant ceci ne veut que se mettre à l’abri d’éventuelles attaques pour discrimination. C’est qu’à force de refuser toute distinction, toute différenciation, de vouloir interdire toute séparation dans les statistiques, les castings ou les offres d’emploi, ceux-là mêmes qui veulent ainsi lutter contre le racisme sont pris à leur propre piège. Mais s’agit-il même de racisme ? Non, le croire serait se tromper de catégorie. Ce serait simplifier la chose. Pourtant, a priori, elle est simple. Il s’agit juste de choisir qui, parmi une vingtaine de jeunes filles noires, est la plus belle. Pourquoi pas ? Après tout, pour toutes sortes de concours, on fait des catégories : les poids lourds combattent avec les poids lourds, les filles se mesurent à la course avec d’autres filles, les handicapés jouent contre d’autres echelle.jpghandicapés, et personne n’y trouve matière à s’offusquer. Mais, me direz-vous, ces catégories sont là pour regrouper ensemble des prétendants selon une échelle hiérarchique afin, justement, de les rendre homogènes à l’intérieur de ces catégories : les poids plumes, qui seraient défavorisés s’ils devaient lutter avec des poids lourds, sont mis ensemble, les filles qui courent moins vite que les garçons se mesurent entre elles, et les handicapés qui n’auraient aucune chance face à des valides sont eux-aussi mis à part.

On pourrait donc penser que regrouper des phénotypes similaires pour mesurer leurs beautés respectives participerait à une hiérarchisation de la beauté : il y aurait les blanches, les jaunes peut-être, et dessus, ou dessous, les noires. Mais on me rétorquera sans doute que non, qu’on fait bien des concours à l’intérieur de groupes se trouvant sur le même échelon, que les concours nationaux en sont le plus bel exemple. Effectivement, on organise des championnats français, espagnols ou sénégalais, sans pour autant présumer d’une quelconque supériorité entre Français, Espagnols ou Sénégalais. Mais un Français ne crie pas à la discrimination parce qu’on le désigne en tant que Français et qu’il joue dans une équipe de France et non dans celle qui représente la Chine. À l’inverse, peut-il sans doute ressentir une certaine fierté d’être français, mais sans pour autant ressentir nécessairement une supériorité de l’être. Là est toute la la_courte_chelle.png subtilité : être fier de ce que l’on est sans se penser supérieur. Mais cette subtilité est difficilement compatible avec l’esprit d’un concours ; un concours, c’est justement désigner celui qui sera le meilleur, le plus fort, le plus rapide ou le plus beau. C’est la hiérarchisation par excellence. Participer à un concours, vouloir le gagner, c’est vouloir la défaite des autres, c’est vouloir leur discrimination. Le gagnant aura la coupe, l’argent et les honneurs et le perdant n’aura rien. Comment donc, dans cet esprit, prétendre qu’on rejette toute discrimination ? Et pourquoi la discrimination évidente de la laide, qui ne pourra pas non plus participer au concours, serait-elle moins grave que la discrimination de la blanche ou de la noire ? Parce qu’il n’y a pas d’association revendiquant la fierté d’être laide ? Et pourquoi n’y enlaide.jpg a-t-il pas ? Parce que les laides ne se montrent pas en tant que telles. Parce qu’elles n’ont justement pas cette fierté d’elles-mêmes pour cette qualité-là, si on ose l’exprimer ainsi. On peut donc dire que l’existence d’associations ou de groupes organisant des marches, effectuant des pressions ou mettant sur pied des concours, enfin toutes choses qui mettent en avant le groupe en tant que porteur d’une différence, est la manifestation du fait que cette différence n’est pas vécue en tant que souffrance intrinsèque. Elle peut être vécue comme souffrance par rapport à l’autre, comme objet discriminant envers celui qui ne porte pas cette différence, mais pas en tant que telle. En tant que telle, elle est déjà une fierté. Et c’est donc à ce moment précis que leshierarchie.jpg représentants de cette différence ne devraient pas en faire l’objet d’une hiérarchisation, d’une mise en concours entre soi, comme si, à peine était-on sortis d’un sentiment de hiérarchie par rapport à un groupe extérieur, fallait-il le recréer un à l’intérieur du groupe lui-même.


Par nouvelle_lune - Publié dans : Anti-racisme
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Mardi 3 avril 2012 2 03 /04 /Avr /2012 09:46

le-baiser-de-la-lune.jpgOn aurait aimé que ce soit aujourd’hui le premier avril. Pour croire que ce pourrait être une mauvaise blague. Mais non, ce sont bien deux poissons, Félix, Léon et leurs amours, que nos têtes blondes devront avaler. On nous dit qu'en 2010, notre ministre de l’Éducation nationale avait «plié», comme une faiblesse qui l’aurait amené à refuser cet indispensable instrument de la «lutte contre l’homophobie» qu’est le dessin animé Le baiser de la lune. Il faut croire que - peur de se faire sodomiser dans cette posture inconfortable ? - il se serait redressé, puisque Libération, le journal de la gauche Rothschild, nous exprime ce matin son soulagement à l’annonce que ce conte à déniaiser les enfants qui croient encore que les princesse tombent amoureuses des princes et vice-versa, pourra enfin leur être voile-vapeur.jpgprojeté dès leur entrée au Cours Moyen. Ce soulagement, on le perçoit aussi dans le témoignage de cette institutrice qui nous apprend que sans cet "outil pédagogique" elle n’aurait pas pu aborder le thème de l’homophobie dans sa classe. La belle affaire ! Faut-il vraiment que nos enfants de moins en moins innocents, nos petites filles qui à huit ans peuvent trouver à leur taille string et soutien-gorge rembourré, nos petits garçons qui ont accès au porno avant même de savoir que leur zizi ne leur servira pas qu’à pisser, faut-il vraiment qu’à pas même dix ans, ils sachent «qu’ils ont le choix», qu’il leur faudra tout essayer pour se déterminer... ou ne jamais se déterminer et voguer libérés, à voile et à vapeur sur l’océanserpent tentation des plaisirs ? Faut-il vraiment les soumettre ainsi à la tentation de ce qui ne les aurait peut-être jamais tenté ? Faut-il vraiment que nos enfants ne puissent plus être des enfants, et qu’à l’insu de leurs parents - car ne doutons pas que la projection de ce «conte pédagogique» ne sera pas annoncée à leurs géniteurs, de crainte qu’ils ne fassent leur devoir d’éducateurs en gardant leurs enfants à la maison - on les fasse pleurer sur les amours contrariées de deux alevins  du même sexe ? Amours contrariées par une vieille grand-mère, pas méchante mais rétrograde, image indispensable aujourd'hui afin ne pas risquer de freiner les avancées libératoires d'une société, qui à force de se libérer perd tout repère et toute boussole ; il ne faut ainsi accorder à nos Anciens aucune sagesse et les représenter bien au contraire, entre mépris et commisération, comme des attardés qui n’ayant pas pu suivre the move ! ne sont plus bons qu’à radoter... Jusqu'à ce qu'ils soient, peut-être, touchés eux-aussi par la grâce de la modernité et de ses "valeurs", au premier rang desquelles se trouve ce nouveau concept de la "non-discrimination". Exit donc le bon sens et la raison. poisson-triste.jpgPlace à l’émotion ! Ah l’émotion ! quel magnifique vecteur pour modeler l’âme et atteindre les consciences... Et qu’il sera difficile ensuite pour les parents réfractaires qui voudront remettre de l’ordre - horresco referens ! - dans la tête de leurs chérubins, lorsqu’ils auront en face d’eux leur enfant bouleversé par le triste regard de l’amoureux incompris. Voilà pourquoi il faut que ce genre de film soit projeté à des enfants jeunes : ils sont encore à cet âge touchés par la larme de la biche, et la peine du poisson gay sera si fortement inscrite dans leur inconscient que la raison ne pourra plus imposer dans leurs esprits que la nature n’avait pas prévu les choses ainsi, et qu’il n’y a là aucune discrimination.

 

Par nouvelle_lune - Publié dans : Société
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 23:30

concept-visage-fils-de-Dieu.jpgIl y avait eu la pièce de théâtre «Sur le concept du visage du fils de Dieu», dans laquelle, geste de révolte ou de mépris, je ne sais, cette face s’efface sous des jets de matière brune... Quelques mois auparavant, un «artiste» avait plongé un crucifix dans un flacon d’urine... Charlie Hebdo, après avoir relayé les caricatures de Mahomet, en remet une couche, avec son numéro spécial «Charia Hebdo». Aujourd’hui, voici Golgotha Pic-Nic qui nous emmène au pied d’un Christ en croix ridiculisé, dont la blessure au côté droit dégorge de billets de banque, au sommet d’un Golgotha jonché de hamburgers...

 

touchez-pas-Jesus.jpgLes croyants, depuis quelques décennies, tout à tour méprisés comme ringards ou gentiment moqués comme naïfs, dans une société qui ne croit qu’à ses propres valeurs - je veux dire par là, à des lois qu’elle met en place puis érige en valeurs pour les rendre universelles - se voient aujourd’hui attaqués bien plus violemment, et plus seulement sur le thème«les religions ont été la cause de centaines de guerres et de massacres», mais au coeur même dchretien-musulman.jpge leur foi. Alors ils disent leur colère, et l’on a vu défiler catholiques et musulmans unis dans un même front, demander le respect, non pas d’eux-mêmes, mais de ce qui pour eux, et pour une bonne moitié de l’humanité, est au-dessus d’eux.

 

Alors, au nom de la liberté de l’artiste, de la liberté de caricature, de la liberté de rire, on les traite d’intégristes catholiques, d’islamistes, et immédiatement on les imagine féroces, violents, bornés, en un mot extrémistes. Un pas de plus, et les voilà terroristes.

 

Dieudo-colonD’un autre côté, nous avons vu Dieudonné caricaturer un colon israélien à la télévision. Puis Siné tacler le fils Sarkozy en mettant en lien la judaïté de sa femme et son avenir. Plus récemment, Eric Mazet a posé la question aux auditeurs, dans une émission de Sud-Radio, de savoir si DSK serait soutenu par un éventuel lobby juif. Parce qu’il a laissé parler ses auditeurs, que ceux-ci peut-être n’ont pas été suffisamment filtrés, il a perdu son travail. Siné a dû quitter son journal. Dieudonné, lui, est auréolé de soufre et les salles se ferment à son passage. Liberté d’expression ? de caricature ? de rire ? Non, nous voilà dans un tout autre registre, celui de la répression contre un supposé racisme bien spécifique, l’antisémitisme. 

 

Alors, on peut se poser la question : comment se fait-il que nous donnions plus de valeur à ce que nous sommes, ou même à ce que nous sommes supposés être - car il faut quand même avoir beaucoup de bonne volonté pour voir dans la communauté juive une race distincte, ou même une ethnie tant elle est hétérogène et physiquement indiscernable - qu’à ce que nous mettons au-dessus de nous, à ce qui nous transcende. On peut bien sûr croire qu’au-dessus ame.jpgde nous il n’y a rien, et il n’y a alors, au sens strict, rien à respecter, mais l’idée même, reposant sur une forme d’humilité, de n’être pas au sommet de la création, et de n’avoir pas pour seul raison d’être que notre propre évolution humaine se déroulant jusqu’à on ne sait quel sommet, dans une auto-justification qui ne trouve sa raison quneant.jpge dans un miroir, devrait forcer le respect de tous - ne serait-ce que par ce que ces questionnements sous-tendent comme tentative d’élévation de la conscience - et même de la part de ceux qui pensent que le néant encadre nos vies.

 

Et pourtant non. Le sacré n’est plus dans les choses de l’esprit, mais dans celles de la chair. Et c’est pourquoi la seule religion dont on ne peut se moquer est celle qui a inscrit - à rebours de toutes les religions universalistes qui voudraient voir l’humanité entière se rassembler dans un même espoir et une même foi - qui a inscrit donc ce qui devrait genes.jpgpourtant rester du domaine de l’esprit, dans les corps, dans chacune de leurs cellules, au plus psang.jpgrofond de leur chair, dans ce qui biologiquement les identifie, dans leurs gènes. Alors, là encore, je me pose la question : pour que les chrétiens, les musulmans, soient respectés, devraient-ils eux aussi - se mettant ainsi dans l’impossibilité d’obéir aux paroles du Christ ou de Mohammed qui envoyèrent leurs disciples prêcher et convertir - inscrire leur foi dans leur sang ? Est-ce là le prix du respect aujourd’hui ? On le dirait. Il est alors trop cher payé, puisque ce prix serait celui du renoncement.


 

Et Dieu.jpgc’est bien là toute la tristesse de celui qui constate que la chair seule obtient aujourd’hui le respect de ceux qui ont renoncé à leur âme. Signe ultime du triomphe de la matière.

 


Par nouvelle_lune - Publié dans : Le monde à l'envers
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 22:50

Cher Monsieur Collon,

 

Attaqué sur la forme que prend votre antisionisme par Alain Soral, vous y avez répondu brièvement - dans un premier temps - par un article publié sur votre site.

Nous devrions nous battre du même côté, et sur certains sujets, comme celui de la défense d’Hugo Chavez, nous le sommes. Déjà, lorsque je vous ai rencontré lors d’une tournée de conférences que vous faisiez avec Tariq Ramadan, je vous ai posé la question du nationalisme vénézuélien. Et déjà vous me répondiez que le nationalisme du sud est un nationalisme de résistance contrairement au nationalisme d’un pays comme la France, ou de la Belgique, qui serait un nationalisme agressif et à visée colonialiste.

Monsieur Collon, ne voyez-vous pas que ce nationalisme là, outre de mal porter son nom, a vécu depuis longtemps ? Que vous réfléchissez avec des catégories qui ont plus d’un demi-siècle d’obsolescence ? Un nationalisme conquérant n’est pas un nationalisme mais un impérialisme. Il faut redonner aux mots leurs sens, faute de quoi nous ne pouvons réfléchir sérieusement, et on pourrait d’ailleurs se demander s’il n’y pas dans la déformation du langage une forme de tromperie volontaire qui en tordant les mots rend impossible, et leur réfutation, et leur appropriation. Mais là n’est pas le sujet de ma lettre.

Un petit aparté encore avant d’aborder la suite : épargnez-nous s’il vous plaît les attaques faciles pour ne pas aborder le fond du sujet, en vous faisant l’écho de rumeurs d’un Le Pen qui pendant la guerre d’Algérie aurait été un tortionnaire... Je n’y étais pas, vous n’y étiez pas, c’était la guerre, il y a eu des saloperies des deux côtés, et même si cela s’avérait en partie vrai, il y a peu entre la torture et un interrogatoire musclé lorsqu’il s’agit de savoir où un attentat sur des civils innocents est peut-être en train de se préparer.

Sans compter les inventions a posteriori pour discréditer celui qui devait exister sans jamais pouvoir être fréquenté. Vous connaissez l’histoire du Front national, Monsieur Collon, et vous connaissez le dessous des cartes en politique : tout peut se dire et tout peut s’inventer lorsque c’est pour « la bonne cause », c’est à dire celle que l’on défend (1). Alors restons sur le terrain de l’analyse, le sol y est bien plus solide.

La France aujourd’hui est, tout autant que le Vénézuela - bien que de manière plus insidieuse parce que les forces de domination et d’asservissement, que l’on peut appeler l’Empire, s’y trouvent très efficacement relayées de l’intérieur - en position de devoir se défendre. Et contre cet Empire sans véritable figure qui veut faire du monde un vaste marché dominé par les multinationales, qui pour se déployer ne veut plus ni États ni frontières, quoi d’autre que retrouver l’idée de Nations, libres, indépendantes, protectrices et souveraines décidant en fonction de l’intérêt de leurs peuples et d’eux seuls quels accords, traités, alliances elles font entre elles ? Rien dans ce nationalisme là - le nôtre - n’implique que la défense des intérêts d’une nation irait de pair avec le non-respect de la souveraineté et de la liberté des autres nations.

Le sous-entendre comme vous le faites en assimilant nationalisme et impérialisme est une imposture. Le nationalisme bien compris, celui qui lutte contre le mondialisme, ne peut être que respectueux de toutes les nations. « Chavez, le Che, Lumumba, Nasser et Le Pen, même combat donc ? » dites-vous. Oui, chacun selon sa sensibilité, sa culture, son époque, l’histoire de son pays et sa réalité géopolitique se sont battus ou se battent pour la même chose : l’indépendance politique et économique de leur pays. En vous rappelant que lorsqu’il s’est agi de se coaliser pour amener la démocratie en Libye, le seul grand parti en France qui a dénoncé cette ingérence dans les affaires internes d’une nation souveraine – comme il l’a fait pour l’Irak, l’Afghanistan et peut-être demain l’Iran - c’est bien le Front National...

Mais venons-en à l’essentiel : l’antisionisme. Vous reprochez à Alain Soral de donner à la question religieuse une place trop importante. Et en même temps vous lui reprochez de faire le jeu de nos "philosophes" sionistes trop heureux de pouvoir taxer d’antisémitisme tout antisioniste qui émet une critique du judaïsme. D’abord sur la forme : faut-il donc accepter les catégories de nos ennemis – ici les sionistes qui en revendiquant l’existence d’un État juif font du racisme "anti-goy" une institution - pour ne pas « tendre le bâton pour se faire battre » ? Non, il faut les réfuter et jeter au loin ce bâton qui n’a pas lieu d’être. Ensuite sur le fond : le sionisme est un projet juif, même s’il a pu, au cours du temps, être supporté par des non-juifs.

Et un juif, qu’est-ce donc si ce n’est l’adepte d’une religion ? Mais peut-être – sûrement - qu’en homme de gauche vous refusez d’imaginer que le monde puisse être, aujourd’hui encore, dirigé par des pensées dont les racines puiseraient aux sources des textes sacrés. Pourtant la légitimation sioniste de la présence juive en Palestine - et pas ailleurs - s’y trouve bien. La Terre Promise est un concept religieux et la reconstruction du Troisième Temple un projet bien réel qui tire sa motivation de textes prophétiques. Même Georges Bush, en son temps, légitimait in petto, sa croisade contre l’Irak par la guerre de Gog et Magog (2) !

Mais peut-être me direz-vous encore qu’un juif ce n’est pas seulement l’adepte d’une religion, qu’il y a d’ailleurs beaucoup de juifs athées, qu’Herzl lui-même l’était, etc.... Mais accepter cela c’est accepter qu’il y ait un peuple juif en-dehors de la religion juive. Un peuple qui, parti de Ur, aurait erré dans le désert, puis après moult pérégrinations se serait installé enfin en Palestine, avant de se disséminer aux quatre coins de la Terre. Un peuple qui ne pouvait se fondre dans les autres – où sont les Celtes ou les Tartares aujourd’hui, si ce n’est fondus dans de nouveaux peuples ? - parce qu’il aurait une particularité qui le rendrait différent, non-miscible, quelque chose d’unique comme un gène, mieux qu’un gène, puisque le caractère qui y serait lié se transmettrait ou ne se transmettrait pas, sans jamais se métisser.

Vous êtes juif ou goy, jamais à demi-juif. Vous connaissez pourtant les thèses de Shlomo Sand (3), et avant lui d’Arthur Koestler (4) ? Et certainement que vous y souscrivez. Alors ? Qu’est-ce qui vous fait ainsi lever le bras pour vous défendre du bâton ? Vous voilà citant Tariq Ramadan qui, comme des milliers d’autres, la Licra et le Mrap en tête, lient l’antisémitisme à une forme de racisme. Nous y voilà ! Si l’antisémitisme est une forme de racisme - comme le désire une certaine élite sioniste en place pour empêcher toute critique du judaïsme et du sionisme qui en est issu - alors le « sémite » est le représentant d’une race, ou disons - puisque je suppose encore une fois qu’en homme de gauche vous réfutez le mot même de race – d’une ethnie particulière. Mais quelle ethnie peut trouver en son sein aussi bien des blonds aux yeux bleus, des roux, des peaux mates aux regards foncés que des noirs de peau ? Aucune. Alors d’où vient le ciment de ce "peuple" ? D’où vient-il si ce n’est d’une religion commune ?

On tourne en rond, vous le voyez bien. Ce peuple n’est peuple que par la désignation divine - selon ce peuple lui-même - qui a fait de lui le Peuple Élu. Et de la Palestine la Terre qui lui aurait été promise par leur Dieu. Vous ne pouvez pas sortir de là. Faire de ce peuple une entité anthropologique unique c’est non seulement accepter l’idée génétique de la judaïté, mais c’est en plus accepter que cette idée génétique bouleverse toutes les notions de la génétique en ne se transmettant que par la mère ( je n’ignore pas l’ADN mitochondrial mais vous savez aussi bien que moi que la recherche de ce côté là n’est qu’une tentative de justification désespérée) et qui porterait sur un caractère qu’on ne retrouverait ni dans le phénotype ni dans une particularité du métabolisme de celui qui en aurait hérité. C’est absurde.

Un dernier mot : il n’y a pas de « politique coloniale israélienne », Monsieur Collon ; l’existence d’Israël est une politique coloniale à elle toute seule, mais une politique coloniale qui n’est pas celle d’une nation, comme l’a été la politique coloniale de la France ou de la Belgique. Elle est le fruit d’un concept religieux qui est le fondement du judaïsme (5), et qui fait des Juifs des hommes différents de tous les autres hommes - un peuple à part de tous les autres peuples - et qui auraient sur une terre sur laquelle ils n’ont pas majoritairement vécu depuis deux mille ans, des droits imprescriptibles.

Or, vous n’acceptez pas cela, et vous avez raison. Mais alors comment, si vous pensez qu’être juif ce n’est pas faire partie d’une race à part, ni par élection divine, ni par l’existence d’un génome spécifique, justifiez-vous que cet antisémitisme qu’on nous jette à la figure soit un racisme ? Vous ne le pouvez pas, et c’est pour cela que, comme tous les autres qui manient ce bâton, vous prenez soin d’en faire un racisme "à part", une « forme de racisme »... afin d’embrouiller suffisamment les concepts pour que la raison , tétanisée, ne puisse répondre.

Notes :

1-À ce petit jeu là, les détracteurs de Chavez vous proposeront ce lien :http://totalitarianimages.blogspot....

2-http://www3.unil.ch/wpmu/allezsavoi...

3-Comment le peuple juif fut inventé, 2008

4-La treizième tribu,1976

5-Voir le livre d’André Gaillard, Le sionisme en Palestine / Israël, fruit amer du judaïsme, 2004

Par nouvelle_lune - Publié dans : Sionisme
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 22:47

Qu’il semble triste notre ami Finkielkraut, répondant en phrases lentes entrecoupées de longs silences, triturant ses lunettes et frottant de ses doigts enlacés son front plissé... On le sent si accablé par la question qu’on lui pose qu’il nous ferait presque pitié. Nous l’avons aimé pourtant dans sa jeunesse et dans la nôtre, quand il nous parlait d’amour, refusant la fatalité de la modernité... Et le voilà aujourd’hui, écrasé sous le poids de la bête aux entrailles toujours fécondes...

Il ne veut pas parler de haine, le sentiment qui l’habite est au-delà des mots, alors il cherche comment dire ce qui ne devrait pas être et qui pourtant est : oui, les trompettes de la renommée résonnent pour Dieudonné et Soral, pourtant boycottés par les medias, l’un pour son spectacle Mahmoud relatant sa rencontre avec Ahmadinejad, l’autre pour son livre donnant les clés pour Comprendre l’Empire, et ces trompettes, telles celles des anges annonçant la destruction de Babylone, sonnent pour lui comme un glas.

Il appelle à son secours la Civilisation, rappelle qu’elle permet de distinguer la vérité du mensonge... En ce jour qui nous remet en mémoire le 11 septembre et le grande farce des armes de destruction massive de Saddam, on ne peut s’empêcher de sourire... Il fait des aller-retours sur sa chaise, frotte ses mains l’une contre l’autre, cite Dieudonné sur l’Holocauste, les Juifs et l’esclavage, le sionisme dominant le monde, crescendo jusqu’à rappeler l’antisémitisme du siècle passé, avant de constater, comme vaincu : ça existe ? Oui.

Mais immédiatement, le voilà qui reprend du poil de la bête si l’on peut dire, pour affirmer avec le ton de celui qui se sait du côté de la Vérité : est-ce que ça a le droit d’exister ? Non. Et le voilà censeur se justifiant : l’antisémite se nourrit de l’antiracisme, il ose retourner l’argument contre les Juifs en les accusant de racisme ! Sacrilège ! Alors notre Finkie rappelle la Loi condamnant l’appel à la haine raciale, oublie que si l’antisémitisme est un racisme c’est que les Juifs eux-mêmes ont résolu d’être un peuple à part, s’enferme dans son paradigme et avoue : oui, cette loi permet à des Dieudonné, à des Soral, de se poser en persécutés. Tant pis ! Il ne le dit pas mais on l’entend : en matière de persécution nous avons une telle longueur d’avance que nous ne craignons point la concurrence... Que la Loi demeure.

Notre philosophe, comme apaisé, semblait avoir posé le point final à sa diatribe, mais le voilà qui revient à son propos, et après avoir extirpé du ventre de la Bête un troisième rejeton, jeune blonde qui a pris suffisamment de distance avec les propos de son père pour avoir le droit de causer dans les micros, il s’enflamme : elle n’a lâché la main de son père que pour mieux prendre celle de Soral !

Et nous, fermant les yeux, au rythme maintenant rapide des mots de notre penseur dont la pensée s’est comme annihilée au fil du temps et de sa fixation sur l’annihilation des Juifs, nous voyons se dérouler la liaison dangereuse de Marine avec l’homme aux "propos terrifiants", qui pourtant, de l’aveu même de notre narrateur, possède cette qualité si rare qui, si elle était plus répandue, changerait la face du monde : "il n’a jamais rusé, ce n’est pas un tricheur, il joue cartes sur table..." Que Dieu l’entende !

Et que Finkielkraut se souvienne de ses propres mots : la civilisation permet de distinguer la vérité du mensonge. Dans ces temps que nous vivons, où le mensonge permet tous les retournements et toutes les compromissions, au point que certains y voient comme un signe de la Révélation qui vient, retenons ceci comme un hommage : Alain Soral n’est pas un menteur.

 

Par nouvelle_lune - Publié dans : Anti-racisme
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