Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 23:30

concept-visage-fils-de-Dieu.jpgIl y avait eu la pièce de théâtre «Sur le concept du visage du fils de Dieu», dans laquelle, geste de révolte ou de mépris, je ne sais, cette face s’efface sous des jets de matière brune... Quelques mois auparavant, un «artiste» avait plongé un crucifix dans un flacon d’urine... Charlie Hebdo, après avoir relayé les caricatures de Mahomet, en remet une couche, avec son numéro spécial «Charia Hebdo». Aujourd’hui, voici Golgotha Pic-Nic qui nous emmène au pied d’un Christ en croix ridiculisé, dont la blessure au côté droit dégorge de billets de banque, au sommet d’un Golgotha jonché de hamburgers...

 

touchez-pas-Jesus.jpgLes croyants, depuis quelques décennies, tout à tour méprisés comme ringards ou gentiment moqués comme naïfs, dans une société qui ne croit qu’à ses propres valeurs - je veux dire par là, à des lois qu’elle met en place puis érige en valeurs pour les rendre universelles - se voient aujourd’hui attaqués bien plus violemment, et plus seulement sur le thème«les religions ont été la cause de centaines de guerres et de massacres», mais au coeur même dchretien-musulman.jpge leur foi. Alors ils disent leur colère, et l’on a vu défiler catholiques et musulmans unis dans un même front, demander le respect, non pas d’eux-mêmes, mais de ce qui pour eux, et pour une bonne moitié de l’humanité, est au-dessus d’eux.

 

Alors, au nom de la liberté de l’artiste, de la liberté de caricature, de la liberté de rire, on les traite d’intégristes catholiques, d’islamistes, et immédiatement on les imagine féroces, violents, bornés, en un mot extrémistes. Un pas de plus, et les voilà terroristes.

 

Dieudo-colonD’un autre côté, nous avons vu Dieudonné caricaturer un colon israélien à la télévision. Puis Siné tacler le fils Sarkozy en mettant en lien la judaïté de sa femme et son avenir. Plus récemment, Eric Mazet a posé la question aux auditeurs, dans une émission de Sud-Radio, de savoir si DSK serait soutenu par un éventuel lobby juif. Parce qu’il a laissé parler ses auditeurs, que ceux-ci peut-être n’ont pas été suffisamment filtrés, il a perdu son travail. Siné a dû quitter son journal. Dieudonné, lui, est auréolé de soufre et les salles se ferment à son passage. Liberté d’expression ? de caricature ? de rire ? Non, nous voilà dans un tout autre registre, celui de la répression contre un supposé racisme bien spécifique, l’antisémitisme. 

 

Alors, on peut se poser la question : comment se fait-il que nous donnions plus de valeur à ce que nous sommes, ou même à ce que nous sommes supposés être - car il faut quand même avoir beaucoup de bonne volonté pour voir dans la communauté juive une race distincte, ou même une ethnie tant elle est hétérogène et physiquement indiscernable - qu’à ce que nous mettons au-dessus de nous, à ce qui nous transcende. On peut bien sûr croire qu’au-dessus ame.jpgde nous il n’y a rien, et il n’y a alors, au sens strict, rien à respecter, mais l’idée même, reposant sur une forme d’humilité, de n’être pas au sommet de la création, et de n’avoir pas pour seul raison d’être que notre propre évolution humaine se déroulant jusqu’à on ne sait quel sommet, dans une auto-justification qui ne trouve sa raison quneant.jpge dans un miroir, devrait forcer le respect de tous - ne serait-ce que par ce que ces questionnements sous-tendent comme tentative d’élévation de la conscience - et même de la part de ceux qui pensent que le néant encadre nos vies.

 

Et pourtant non. Le sacré n’est plus dans les choses de l’esprit, mais dans celles de la chair. Et c’est pourquoi la seule religion dont on ne peut se moquer est celle qui a inscrit - à rebours de toutes les religions universalistes qui voudraient voir l’humanité entière se rassembler dans un même espoir et une même foi - qui a inscrit donc ce qui devrait genes.jpgpourtant rester du domaine de l’esprit, dans les corps, dans chacune de leurs cellules, au plus psang.jpgrofond de leur chair, dans ce qui biologiquement les identifie, dans leurs gènes. Alors, là encore, je me pose la question : pour que les chrétiens, les musulmans, soient respectés, devraient-ils eux aussi - se mettant ainsi dans l’impossibilité d’obéir aux paroles du Christ ou de Mohammed qui envoyèrent leurs disciples prêcher et convertir - inscrire leur foi dans leur sang ? Est-ce là le prix du respect aujourd’hui ? On le dirait. Il est alors trop cher payé, puisque ce prix serait celui du renoncement.


 

Et Dieu.jpgc’est bien là toute la tristesse de celui qui constate que la chair seule obtient aujourd’hui le respect de ceux qui ont renoncé à leur âme. Signe ultime du triomphe de la matière.

 


Par nouvelle_lune - Publié dans : Le monde à l'envers
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Mardi 7 juin 2011 2 07 /06 /Juin /2011 22:50

Cher Monsieur Collon,

 

Attaqué sur la forme que prend votre antisionisme par Alain Soral, vous y avez répondu brièvement - dans un premier temps - par un article publié sur votre site.

Nous devrions nous battre du même côté, et sur certains sujets, comme celui de la défense d’Hugo Chavez, nous le sommes. Déjà, lorsque je vous ai rencontré lors d’une tournée de conférences que vous faisiez avec Tariq Ramadan, je vous ai posé la question du nationalisme vénézuélien. Et déjà vous me répondiez que le nationalisme du sud est un nationalisme de résistance contrairement au nationalisme d’un pays comme la France, ou de la Belgique, qui serait un nationalisme agressif et à visée colonialiste.

Monsieur Collon, ne voyez-vous pas que ce nationalisme là, outre de mal porter son nom, a vécu depuis longtemps ? Que vous réfléchissez avec des catégories qui ont plus d’un demi-siècle d’obsolescence ? Un nationalisme conquérant n’est pas un nationalisme mais un impérialisme. Il faut redonner aux mots leurs sens, faute de quoi nous ne pouvons réfléchir sérieusement, et on pourrait d’ailleurs se demander s’il n’y pas dans la déformation du langage une forme de tromperie volontaire qui en tordant les mots rend impossible, et leur réfutation, et leur appropriation. Mais là n’est pas le sujet de ma lettre.

Un petit aparté encore avant d’aborder la suite : épargnez-nous s’il vous plaît les attaques faciles pour ne pas aborder le fond du sujet, en vous faisant l’écho de rumeurs d’un Le Pen qui pendant la guerre d’Algérie aurait été un tortionnaire... Je n’y étais pas, vous n’y étiez pas, c’était la guerre, il y a eu des saloperies des deux côtés, et même si cela s’avérait en partie vrai, il y a peu entre la torture et un interrogatoire musclé lorsqu’il s’agit de savoir où un attentat sur des civils innocents est peut-être en train de se préparer.

Sans compter les inventions a posteriori pour discréditer celui qui devait exister sans jamais pouvoir être fréquenté. Vous connaissez l’histoire du Front national, Monsieur Collon, et vous connaissez le dessous des cartes en politique : tout peut se dire et tout peut s’inventer lorsque c’est pour « la bonne cause », c’est à dire celle que l’on défend (1). Alors restons sur le terrain de l’analyse, le sol y est bien plus solide.

La France aujourd’hui est, tout autant que le Vénézuela - bien que de manière plus insidieuse parce que les forces de domination et d’asservissement, que l’on peut appeler l’Empire, s’y trouvent très efficacement relayées de l’intérieur - en position de devoir se défendre. Et contre cet Empire sans véritable figure qui veut faire du monde un vaste marché dominé par les multinationales, qui pour se déployer ne veut plus ni États ni frontières, quoi d’autre que retrouver l’idée de Nations, libres, indépendantes, protectrices et souveraines décidant en fonction de l’intérêt de leurs peuples et d’eux seuls quels accords, traités, alliances elles font entre elles ? Rien dans ce nationalisme là - le nôtre - n’implique que la défense des intérêts d’une nation irait de pair avec le non-respect de la souveraineté et de la liberté des autres nations.

Le sous-entendre comme vous le faites en assimilant nationalisme et impérialisme est une imposture. Le nationalisme bien compris, celui qui lutte contre le mondialisme, ne peut être que respectueux de toutes les nations. « Chavez, le Che, Lumumba, Nasser et Le Pen, même combat donc ? » dites-vous. Oui, chacun selon sa sensibilité, sa culture, son époque, l’histoire de son pays et sa réalité géopolitique se sont battus ou se battent pour la même chose : l’indépendance politique et économique de leur pays. En vous rappelant que lorsqu’il s’est agi de se coaliser pour amener la démocratie en Libye, le seul grand parti en France qui a dénoncé cette ingérence dans les affaires internes d’une nation souveraine – comme il l’a fait pour l’Irak, l’Afghanistan et peut-être demain l’Iran - c’est bien le Front National...

Mais venons-en à l’essentiel : l’antisionisme. Vous reprochez à Alain Soral de donner à la question religieuse une place trop importante. Et en même temps vous lui reprochez de faire le jeu de nos "philosophes" sionistes trop heureux de pouvoir taxer d’antisémitisme tout antisioniste qui émet une critique du judaïsme. D’abord sur la forme : faut-il donc accepter les catégories de nos ennemis – ici les sionistes qui en revendiquant l’existence d’un État juif font du racisme "anti-goy" une institution - pour ne pas « tendre le bâton pour se faire battre » ? Non, il faut les réfuter et jeter au loin ce bâton qui n’a pas lieu d’être. Ensuite sur le fond : le sionisme est un projet juif, même s’il a pu, au cours du temps, être supporté par des non-juifs.

Et un juif, qu’est-ce donc si ce n’est l’adepte d’une religion ? Mais peut-être – sûrement - qu’en homme de gauche vous refusez d’imaginer que le monde puisse être, aujourd’hui encore, dirigé par des pensées dont les racines puiseraient aux sources des textes sacrés. Pourtant la légitimation sioniste de la présence juive en Palestine - et pas ailleurs - s’y trouve bien. La Terre Promise est un concept religieux et la reconstruction du Troisième Temple un projet bien réel qui tire sa motivation de textes prophétiques. Même Georges Bush, en son temps, légitimait in petto, sa croisade contre l’Irak par la guerre de Gog et Magog (2) !

Mais peut-être me direz-vous encore qu’un juif ce n’est pas seulement l’adepte d’une religion, qu’il y a d’ailleurs beaucoup de juifs athées, qu’Herzl lui-même l’était, etc.... Mais accepter cela c’est accepter qu’il y ait un peuple juif en-dehors de la religion juive. Un peuple qui, parti de Ur, aurait erré dans le désert, puis après moult pérégrinations se serait installé enfin en Palestine, avant de se disséminer aux quatre coins de la Terre. Un peuple qui ne pouvait se fondre dans les autres – où sont les Celtes ou les Tartares aujourd’hui, si ce n’est fondus dans de nouveaux peuples ? - parce qu’il aurait une particularité qui le rendrait différent, non-miscible, quelque chose d’unique comme un gène, mieux qu’un gène, puisque le caractère qui y serait lié se transmettrait ou ne se transmettrait pas, sans jamais se métisser.

Vous êtes juif ou goy, jamais à demi-juif. Vous connaissez pourtant les thèses de Shlomo Sand (3), et avant lui d’Arthur Koestler (4) ? Et certainement que vous y souscrivez. Alors ? Qu’est-ce qui vous fait ainsi lever le bras pour vous défendre du bâton ? Vous voilà citant Tariq Ramadan qui, comme des milliers d’autres, la Licra et le Mrap en tête, lient l’antisémitisme à une forme de racisme. Nous y voilà ! Si l’antisémitisme est une forme de racisme - comme le désire une certaine élite sioniste en place pour empêcher toute critique du judaïsme et du sionisme qui en est issu - alors le « sémite » est le représentant d’une race, ou disons - puisque je suppose encore une fois qu’en homme de gauche vous réfutez le mot même de race – d’une ethnie particulière. Mais quelle ethnie peut trouver en son sein aussi bien des blonds aux yeux bleus, des roux, des peaux mates aux regards foncés que des noirs de peau ? Aucune. Alors d’où vient le ciment de ce "peuple" ? D’où vient-il si ce n’est d’une religion commune ?

On tourne en rond, vous le voyez bien. Ce peuple n’est peuple que par la désignation divine - selon ce peuple lui-même - qui a fait de lui le Peuple Élu. Et de la Palestine la Terre qui lui aurait été promise par leur Dieu. Vous ne pouvez pas sortir de là. Faire de ce peuple une entité anthropologique unique c’est non seulement accepter l’idée génétique de la judaïté, mais c’est en plus accepter que cette idée génétique bouleverse toutes les notions de la génétique en ne se transmettant que par la mère ( je n’ignore pas l’ADN mitochondrial mais vous savez aussi bien que moi que la recherche de ce côté là n’est qu’une tentative de justification désespérée) et qui porterait sur un caractère qu’on ne retrouverait ni dans le phénotype ni dans une particularité du métabolisme de celui qui en aurait hérité. C’est absurde.

Un dernier mot : il n’y a pas de « politique coloniale israélienne », Monsieur Collon ; l’existence d’Israël est une politique coloniale à elle toute seule, mais une politique coloniale qui n’est pas celle d’une nation, comme l’a été la politique coloniale de la France ou de la Belgique. Elle est le fruit d’un concept religieux qui est le fondement du judaïsme (5), et qui fait des Juifs des hommes différents de tous les autres hommes - un peuple à part de tous les autres peuples - et qui auraient sur une terre sur laquelle ils n’ont pas majoritairement vécu depuis deux mille ans, des droits imprescriptibles.

Or, vous n’acceptez pas cela, et vous avez raison. Mais alors comment, si vous pensez qu’être juif ce n’est pas faire partie d’une race à part, ni par élection divine, ni par l’existence d’un génome spécifique, justifiez-vous que cet antisémitisme qu’on nous jette à la figure soit un racisme ? Vous ne le pouvez pas, et c’est pour cela que, comme tous les autres qui manient ce bâton, vous prenez soin d’en faire un racisme "à part", une « forme de racisme »... afin d’embrouiller suffisamment les concepts pour que la raison , tétanisée, ne puisse répondre.

Notes :

1-À ce petit jeu là, les détracteurs de Chavez vous proposeront ce lien :http://totalitarianimages.blogspot....

2-http://www3.unil.ch/wpmu/allezsavoi...

3-Comment le peuple juif fut inventé, 2008

4-La treizième tribu,1976

5-Voir le livre d’André Gaillard, Le sionisme en Palestine / Israël, fruit amer du judaïsme, 2004

Par nouvelle_lune - Publié dans : Sionisme
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Mardi 3 mai 2011 2 03 /05 /Mai /2011 22:47

Qu’il semble triste notre ami Finkielkraut, répondant en phrases lentes entrecoupées de longs silences, triturant ses lunettes et frottant de ses doigts enlacés son front plissé... On le sent si accablé par la question qu’on lui pose qu’il nous ferait presque pitié. Nous l’avons aimé pourtant dans sa jeunesse et dans la nôtre, quand il nous parlait d’amour, refusant la fatalité de la modernité... Et le voilà aujourd’hui, écrasé sous le poids de la bête aux entrailles toujours fécondes...

Il ne veut pas parler de haine, le sentiment qui l’habite est au-delà des mots, alors il cherche comment dire ce qui ne devrait pas être et qui pourtant est : oui, les trompettes de la renommée résonnent pour Dieudonné et Soral, pourtant boycottés par les medias, l’un pour son spectacle Mahmoud relatant sa rencontre avec Ahmadinejad, l’autre pour son livre donnant les clés pour Comprendre l’Empire, et ces trompettes, telles celles des anges annonçant la destruction de Babylone, sonnent pour lui comme un glas.

Il appelle à son secours la Civilisation, rappelle qu’elle permet de distinguer la vérité du mensonge... En ce jour qui nous remet en mémoire le 11 septembre et le grande farce des armes de destruction massive de Saddam, on ne peut s’empêcher de sourire... Il fait des aller-retours sur sa chaise, frotte ses mains l’une contre l’autre, cite Dieudonné sur l’Holocauste, les Juifs et l’esclavage, le sionisme dominant le monde, crescendo jusqu’à rappeler l’antisémitisme du siècle passé, avant de constater, comme vaincu : ça existe ? Oui.

Mais immédiatement, le voilà qui reprend du poil de la bête si l’on peut dire, pour affirmer avec le ton de celui qui se sait du côté de la Vérité : est-ce que ça a le droit d’exister ? Non. Et le voilà censeur se justifiant : l’antisémite se nourrit de l’antiracisme, il ose retourner l’argument contre les Juifs en les accusant de racisme ! Sacrilège ! Alors notre Finkie rappelle la Loi condamnant l’appel à la haine raciale, oublie que si l’antisémitisme est un racisme c’est que les Juifs eux-mêmes ont résolu d’être un peuple à part, s’enferme dans son paradigme et avoue : oui, cette loi permet à des Dieudonné, à des Soral, de se poser en persécutés. Tant pis ! Il ne le dit pas mais on l’entend : en matière de persécution nous avons une telle longueur d’avance que nous ne craignons point la concurrence... Que la Loi demeure.

Notre philosophe, comme apaisé, semblait avoir posé le point final à sa diatribe, mais le voilà qui revient à son propos, et après avoir extirpé du ventre de la Bête un troisième rejeton, jeune blonde qui a pris suffisamment de distance avec les propos de son père pour avoir le droit de causer dans les micros, il s’enflamme : elle n’a lâché la main de son père que pour mieux prendre celle de Soral !

Et nous, fermant les yeux, au rythme maintenant rapide des mots de notre penseur dont la pensée s’est comme annihilée au fil du temps et de sa fixation sur l’annihilation des Juifs, nous voyons se dérouler la liaison dangereuse de Marine avec l’homme aux "propos terrifiants", qui pourtant, de l’aveu même de notre narrateur, possède cette qualité si rare qui, si elle était plus répandue, changerait la face du monde : "il n’a jamais rusé, ce n’est pas un tricheur, il joue cartes sur table..." Que Dieu l’entende !

Et que Finkielkraut se souvienne de ses propres mots : la civilisation permet de distinguer la vérité du mensonge. Dans ces temps que nous vivons, où le mensonge permet tous les retournements et toutes les compromissions, au point que certains y voient comme un signe de la Révélation qui vient, retenons ceci comme un hommage : Alain Soral n’est pas un menteur.

 

Par nouvelle_lune - Publié dans : Anti-racisme
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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 22:38

En liberté surveillée, Stéphane Guillon se rachète une vertu. Il a compris l’Empire et sait quelle position prendre pour rester sur le ring : celle de la carpette. Surtout il a compris la manière : la mauvaise foi et le coup bas. Pour assurer sa légitimité, le serpent commence par se mordre la queue : « on en a parlé dans les medias », donc c’est grave et il peut en parler, dans un media encore une fois, l’air grave lui aussi et détachant les mots : « un à droite et un à gauche ». Fichtre ! Et en plus, « elle est très souriante », la Marine, bien trop au goût du sieur Guillon et de ses compères journaleux : elle aurait dû faire la gueule lorsque le petit oiseau est sorti. La Marine qui ne peut bien évidemment pas connaître les figures néo-nazies locales, surtout lorsque celles-ci sortent à peine du berceau, et malgré un dessin sur un T-shirt qui ressemble à s’y méprendre à celui d’une marque de vêtements de boxe ! Du coup, association subliminale sans doute, voilà notre débarqué de France Inter qui décoche un direct à Soral, le prenant en (seul !) exemple parmi les « lieutenants de Marine Le Pen » et des « gens très dangereux au Front National ». Deux mensonges et une vérité : Alain Soral n’est ni au Front National ni un lieutenant de Marine. Mais oui, il est dangereux. Dangereux pour les Bouffons du Roi qui comme le petit Guillon délestent l’ire du peuple en égratignant les puissants sans jamais les toucher au cœur. Tel un chiot mordillant les bas de pantalons pour jouer, il sait ne jamais mordre la main qui le nourrit, et puisqu’il a reçu une petite tape sur la queue, il amène un os à son maître :

 


Par nouvelle_lune - Publié dans : Liberté d'expression
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Mardi 8 mars 2011 2 08 /03 /Mars /2011 23:23

 tas pierresDans le cadre de l' « affaire Sakineh », montée de toute pièces par le meneur de la Règle du Jeu, Infrarouge, une émission de la Télévision Suisse Romande, mettait en présence Marek Halter, écrivain français, juif, co-fondateur de SOS-Racisme, Saïda Keller-Messahli, suissesse d'origine tunisienne, présidente du Forum pour un islam progressiste, et Hani Ramadan, suisse d'origine égyptienne, directeur du Centre islamique de Genève. Il s'agissait donc de discuter de la lapidation, et Hani Ramadan ne l'ayant pas franchement condamnée puisqu'il voit en ellvilain.jpge une mesure dissuasive difficilement applicable en vertu des lois coraniques qui l'entourent, tenait là le rôle du Vilain : celui qui ne prenait pas la défense de Sakineh. Il n'avait d'ailleurs pas signé la pétition contre la lapidation initiée par BHL, ce qui, dans la vision toujours manichéenne que l'on nous offre, signifiait bien évidemment son adhésion à cette pratique moyenâgeuse. Il fallait donc mettre tout de suite le téléspectateur du bon côté - celui des pratiques non moyenâgeuses - et la présentatrice de l'émission, ayant fouillé dans un livre publié en 1991 par Hani Ramadan, « La femme en Islam », y mere-enfants2.jpgavait trouvé ce qui lui avait semblé être une Perle : parlant de la femme il évoquait « sa fonction primordiale qui consiste à élever ses enfants ». Diable !

Par un raccourci improbable et pourtant efficace, l'animatrice télévisuelle mettait ainsi dans le même lot obscurantiste l'adhésion aux vertus dissuasives de la lapidation et l'adhésion aux vertus de l'éducation des enfants par leurs mères. Raccourci improbable si on le met à l'épreuve de notre raison - mais justement efficace parce que passant par la partie reptilienne de notre cerveau - il est surtout très éclairant de la manière dont on veut faire passer dans l'esprit des femmes que vouloir élever elles-mêmes leurs enfants avant toute autre préoccupation est d'un autre âge. Parce qu'ici, ce qui nous importe, c'est tout autant l'utilisation de la phrase supposée ringarde du livre de Hani Ramadan pour le diaboliser avant qu'il s'exprime sur la lapidation, que l'inverse, à savoir la relation que l'on impose dans la tête des téléspectateurs : penser que l'éducation de ses enfants pourrait, et même devrait, imposer aux femmes de mettre au second plan d'autres aspects de leurs vies est aussi contraire aux Droits de l'Homme – entendons là, par extension, aux Droits de la Femme – que la lapidation.

mere-enfants.jpgRevenons donc à la Perle : « la fonction primordiale d'une femme consiste à élever ses enfants. ». Et posons-nous la question : quelle est la fonction primordiale de l'Humain ? Nul ne le sait, et depuis que l'Homme pense, c'est à dire depuis qu'il est Homme, il se pose la question. Devant cet abîme, et imprégnés de l'humilité qui ne peut que nous conduire à ne pas pouvoir donner une réponse définitive à ce qui reste la première et la dernière question d'une vie honnête, on ne peut que penser que devant notre incapacité à y répondre et quelle que soit cette réponse – destinée évolutive et historique commencée dans un amas de matière ou dessein divin – notre seul devoir, qu'il s'inscrive donc dans l'Histoire ou dans la réalisation d'une volonté qui nous dépasse, est bien de nous reproduire. Mais pas n'importe comment : nous reproduire en implémentant à chaque génération un petit plus, une plus-value pourrait-on presque dire, qui serait le fruit de l'expérience de chacun qu'il aura transmis à sa descendance. Entendons-nous bien : non pas l'expérience puisque celle-ci meurt avec nous, mais son fruit, son essence, le pas de plus qu'elle nous a permis de faire. Voilà donc la fonction primordiale de l'humain ! Pierre par pierre continuer l'œuvre commencée : s'améliorer tas-pierres2.jpglui-même, se reproduire puisqu'il est mortel, et donner les clés. Voilà ce qui, sur son lit de mort, devrait apaiser celui qui s'en va : le sentiment d'avoir, son devoir accompli par ses propres réalisations, passé le flambeau à d'autres qui pourront le mener plus loin encore. Il faut Faire et Transmettre. Chacun doit Faire, en fonction de ce qui lui a été transmis - c'est le sens de la parabole des talents – et la femme n'est pas exempte de ce devoir-là. Elle participe de l'avancée du monde, et les luttes des premières féministes qui réclamaient que leur soit donnés les outils pour leur permettre cette participation étaient légitimes, aussi bien au regard d'une vision matérialiste que spirituelle de l'humanité. Et chacun doit Transmettre - au risque de n'avoir fait que pour le néant - et l'homme n'est pas exempt de ce devoir-là. Mais avant de transmettre il faut modeler l'adulte en devenir, préparer le réceptacle du savoir, le rendre capable de cette réception. Un enfant non éduqué ne pourra ni avancer ni transmettre à son tour. Il ne pourra réaliser sa fonction fondamentale d'Humain et fera régresser l'humanité toute entière. Élever un enfant c'est permettre à l'humain qu'il est de devenir mere-enfants3.jpglui-même dans toutes ses potentialités. N'est-ce donc pas bien une fonction fondamentale de toute société ? Celui qui l'endosse n'est pas relégué dans l'obscurité d'un monde révolu. Il est au contraire l'éclaireur, celui qui éclaire ceux qui un jour seront devant. Ce rôle-là, Hani Ramadan, à la suite de nombreuses civilisations, le donne aux femmes. Nous devrions en être honorées.

Par nouvelle_lune - Publié dans : Femmes
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